Syndications pour Poezibao

samedi 01 avril 2006

Gare maritime 2006 vient de paraître

 

01_gare_maritime_1Gare maritime est une revue écrite et sonore de poésie contemporaine. Elle se présente comme une revue annuelle, mais c'est aussi l'anthologie des lectures-rencontres qui ont eu lieu au cours de l'année écoulée dans le cadre du programme de la Maison de la Poésie de Nantes.
Pour chaque auteur : une présentation rédigée par un poète, un éditeur ou un traducteur, des poèmes, inédits ou déjà publiés, une bibliographie détaillée, des repères biographiques et une photo. La revue est accompagnée d'un CD, court extrait de la lecture de chaque poète.
Gare Maritime s'étoffe chaque année et se présente donc comme une anthologie vivante, en cours, très attentive à ce qui se fait dans le domaine de la poésie, en France mais aussi à l'étranger.
Au sommaire de Gare Maritime 2006 :
Jean-Baptiste Para, Michel Butor, Gil Jouanard, Michel Dugué, Christian Hubin, Liliane Giraudon, Christian Prigent, Jacques Demarcq, Delphine Brétesché, Valérie Rouzeau, Laurence Vielle, Anne Belin, Christophe Lamiot Enos, Hélène Lanscotte, Céline Minard, John Burnside, Rosemary Waldrop, Keith Waldrop, John Giorno, Aharon Shabtaï, Alain Freixe, Daniel de Bruycker, Hubert Lucot
avec des présentations signées par Raphaël Monticelli, Bernard Bretonnière, Henri Deluy, Guénaël Boutouillet, Louis Dubost, Daniel Biga, Jean-Pascal Dubost, Jean-Baptiste Para, Paol Keineg, Jean Princivalle, Franck Pruja

Gare maritime 2006
Revue publiée par la Maison de la Poésie de Nantes
avec le concours du Centre National du Livre
un n° (84 pages + un CD) : 15 € + frais de port (2,65 €)
Voir les autres numéros : www.maisondelapoesie-nantes.com

Contact : T. 02 40 69 22 32 / F. 02 40 71 99 92 / 2, rue des Carmes 44000 Nantes

mercredi 29 mars 2006

Renaissance de L'année poétique

29_annee_poetiqueSuperbe initiative : l'Année poétique reparaît ! Sous la houlette de Patrice Delbourg et Jean-Luc Maxence.
C'était jadis, au temps du grand Pierre Seghers, événement quasi annuel, de 1955 à 1977, une traversée au travers de la poésie de langue française, pour rendre compte de toute la richesse d'une année poétique. Dernier voyage en 1977 et depuis rien.
Or il se trouve que 2006, c'est aussi le centenaire de la naissance de Pierre Seghers. Donc voici Cent vingt poètes pour un centenaire, une large vue en coupe dans toute une année de parution, édition et revues comprises. "Choisis avec impartialité parmi plusieurs centaines de revues, de journaux, de recueils, d'anthologies de langue française" (textes publiés entre novembre 2004 et fin 2005)
Je mets juste le petit bémol habituel, pourquoi seulement 21 femmes poètes sur 120, soit 17, 5 % de femmes ? Est-ce le juste reflet de ce qui s'est publié en 2005 ? Je n' en suis pas tout à fait sûre. Il me semble par exemple qu'une Florence Pazzottu a publié un livre important, une Geneviève Pastre aussi, ou encore Armelle Leclercq, Sophie Loizeau, Marie-Claire Bancquart. Sans parler du deuxième tome des œuvres complètes de Danielle Collobert.
Longue vie on l'espère à l'Année poétique avec une attention accrue au travail des poètes françaises.

L'Année poétique
2005
présentée par Patrice Delbourg et Jean-Luc Maxence
Seghers, 2006,
isbn : 2-232-12277-8, 17 €

samedi 18 mars 2006

Antonio Gamoneda, lauréat du Prix Européen de Littérature 2006 et parution de Clarté sans repos, chez Arfuyen

18_gamonedaAu point où en sont les choses, de quelle clarté perdue
venons-nous ? Qui peut se souvenir de l'inexistence ?
Il serait sans doute plus doux de revenir, mais

nous entrons indécis dans une forêt d'aubépines. Il n'y a rien
au-delà de l'ultime prophétie. Nous avons rêvé qu'un dieu
nous léchait les mains : nul ne verra son masque divin.

Au point où en sont les choses,

la folie est parfaite.
(Antonio Gamoneda, Clarté sans repos, traduction Jacques Ancet, Arfuyen, 2006, p. 109)

Le Prix Européen de Littérature 2006 a été attribué
à Antonio Gamoneda (Espagne)
et
La Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature à
Jacques Ancet

Le 4 mars 2006, dans les Salons de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, a eu lieu la remise officielle du Prix Européen de Littérature par M. Robert Grossmann, Président de la Communauté Urbaine et Maire délégué de Strasbourg.
Le Prix Européen de Littérature, parrainé par la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg, distingue, pour l’ensemble de son œuvre, un écrivain européen de stature internationale, afin de témoigner, en ce lieu hautement symbolique, de la dimension culturelle de l’Europe ainsi que de l’urgence d’une meilleure connaissance mutuelle de nos pays à travers les grandes figures littéraires qui en sont les symboles. Ce Prix distingue également un Traducteur qui contribue à la rencontre entre les grandes œuvres littéraires contemporaines.

L’œuvre d’Antonio Gamoneda est l’une des plus marquantes de l’Espagne d’aujourd’hui La quasi-totalité de ses livres a aujourd’hui été traduite, en particulier par Jacques Ancet, Jean-Yves Bériou, Martine Joulia et Amelia Gamoneda. Parmi les traductions les plus récentes, on citera : Froid des limites (Lettres Vives, 1999), Blues castillan (Corti, 2004), Description du mensonge (Corti, 2004), Passion du regard (Lettres Vives, 2004) et Clarté sans repos (Arfuyen, 2006).

Antonio Gamoneda est né à Oviedo (Galice) en 1931. Après la mort de son père, sa mère s’installe à León, en 1934. Au milieu de difficultés matérielles de toutes sortes, ils sont témoins de la sanglante répression de la guerre civile et de l’après-guerre. Sans avoir pu terminer ses études, Gamoneda entre, en 1945, comme coursier dans une banque où il va travailler pendant vingt-quatre ans. Pendant les années 50 et 60 il partage sa vie entre formation d’autodidacte et travail d’écriture, d’une part, et, de l’autre, un actif militantisme anti-franquiste. En 1969, il commence à travailler aux services culturels de la province de León : il crée et dirige la collection «Provincia » et anime un prestigieux centre d’expositions. Le prix Castilla et León des Lettres lui a été décerné pour l’ensemble de son œuvre et il a reçu le Prix National de Poésie pour Edad en 1988.

Jacques Ancet, né à Lyon en 1942, vit et travaille près d’Annecy. Il n’a jamais séparé ses activités d’écrivain et de traducteur qui représentent pour lui les deux faces d’un même travail d’écriture. Il a traduit Jean de la Croix, Ramón Gómez de la Serna, Vicente Aleixandre, Luis Cernuda, Xavier Villaurrutia, María Zambrano, José Ángel Valente, Roberto Juarroz, Antonio Gamoneda ou Juan Gelman. Il a reçu le Prix Nelly Sachs 1992 et le Prix Rhône-Alpes du Livre 1994.
Jacques Ancet est présent sur Poezibao :
Fiche bio-bibliographique,
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4 (Diptyque avec une ombre),
un texte de JA sur La dernière phrase,
fiche lecture de la Dernière Phrase, voir aussi les Cartes blanches

18_gamoneda_1Antonio Gamoneda
Clarté sans repos, Prix Européen de Littérature 2006
traduit de l'espagnol par Jacques Ancet
Arfuyen, 2006
isbn : 2084590 087 2
18 €

lundi 13 mars 2006

Butor, Oeuvres Complètes

Poezibao est en mesure d'apporter des informations complémentaires sur l'édition des œuvres complètes de Michel Butor aux Éditions de la Différence.
Je rappelle que cet important travail éditorial est mené sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

13_butor_1"Éditer les Oeuvres complètes de Michel Butor, c’est relever un singulier défi : celui d’une oeuvre en expansion, d’une écriture inclassable, régie par le principe de la transgression des genres, les lois de l’hospitalité littéraire, les mouvements de transits textuels et artistiques aux effets incalculables.
La portée de l’entreprise Butor, qui s’efforce d’embrasser tout sans faire un ensemble, ou plutôt qui multiplie ensembles et assemblages, a atteint aujourd’hui une telle force qu’elle exige la réunion aussi souple qu’incontournable de ses composantes.
Dix volumes sont pour l’instant prévus, dont les titres, pour la plupart pris au lexique de Butor, constituent des mots de passe : Romans, Répertoires, Le Génie du lieu (1), Matière de rêves,
Improvisations, Poésie (1), Le Génie du lieu (2), Poésie (2), Essais, Entretiens.
Chaque livre formera une constellation nouvelle. Chaque assemblage répondra à son titre et le débordera, présentant des scansions inédites. Chaque recueil sera chronologique et ne le sera pas tout à fait ; il sera sériel mais interrompu par d’autres formes.


Michel Butor
Oeuvres complètes I – Romans, coll. Oeuvres complètes,
1200 p., 49 e.
ISBN : 2-7291-1605-2
mise en vente du 23 mars 2006
comprenant :
Passage de Milan (1954) ; L’Emploi du temps (1956) ; La Modification . (1957) ; Degrés (1960) ; Portrait de l’artiste en jeune singe (1967) ; Intervalle (1973).
http://www.ladifference.fr

13_butor_2Michel Butor
Oeuvres complètes II – Répertoire 1, coll. Oeuvres complètes, 1080 p., 49 e.
ISBN : 2-7291-1606-0

comprenant :
Répertoire I (1960); Histoire extraordinaire (1961); Répertoire II (1962); Essais sur les Essais (1968); Répertoire III (1968)
Les mondes de l’écrivain ainsi recomposés offrent une cartographie sans précédent du patrimoine culturel et artistique de notre planète. Au fur et à mesure des trajectoires où il est entraîné, le lecteur, suivant les déménagements de la littérature, voit émerger le portrait de Michel Butor Voyageur et Hospitalier.

Oeuvres complètes III – Répertoire 2 comprenant :
La Rose des vents
(1970)
Répertoire IV
(1974)
Dialogue avec 33 variations...
(1971)
Le Château du sourd
(2002)
Répertoire V

paraîtra en septembre 2006

mercredi 01 mars 2006

Parution : Un cinquième Frénaud en Poésie/Gallimard

 

1_frenaudFrénaud, cinquième ! Avec la publication de ce cinquième volume d'André Frénaud, la collection Poésie/Gallimard propose désormais l'ensemble de son œuvre poétique.
Avec Nul ne s'égare, recueil composite, Frénaud souligne de manière presque testamentaire ce qui a guidé son chemin d'écriture «Ni plus ni moins que dans l'accomplissement du poème ou dans la construction d'un livre, à travers les plusieurs livres qu'il aura dans sa vie constitués, il s'agit toujours pour le poète de laisser percer quelque chose de l'universelle dissonance instigatrice»

A signaler, cette édition est précédée d'une très substantielle (près de 40 pages) préface de Yves Bonnefoy

André Frénaud dans Poezibao :
Bio-bibliographie,
extrait 1
, extrait 2, extrait 3

vendredi 10 février 2006

Anthologie permanente : Danielle Collobert

100206_collobertPour célébrer la parution d'une très belle anthologie, x poètes au féminin, chez l'Arachnoïde. Très bien édité, ce livre donne à lire huit poètes : Leonora Carrington (née en 1917), Danielle Collobert (1949-1978), Marie-Françoise Prager, Friederike Mayröcker (née en 1924), Gilberte H. Dallas (1918-1960), Alejandra Pizarnik (1936-1972), Nelly Sachs ( 1891-1970) et Laure Bataille (1903-1938). Beau parti de ce livre qui plutôt que de consacrer un chapitre à chaque auteur emmêle leurs textes.
Sur x poètes au féminin, admirablement préfacé par Muriel Richard-Dufourquet (court extrait ci-dessous), lire une très belle note de Jean-Claude Bourdais qui revient plus en détail sur tous les poètes, notamment la très mystérieuse Marie-Françoise Prager
Les éditions L'arachnoïde font partie d'une association dirigée par Olivier Cabière de Montpellier. X poètes au féminin a été tiré 500 exemplaires, dont les 50 premiers sont numérotés et signés par Muriel Richard-Dufourquet. On peut les commander en allant sur le site de l'arachnoïde ou (car il ne semble pas actualisé) en envoyant un mail directement à contact@arachno.org

"On est au cœur de la nuit avec ces femmes….mortes presque toutes….Suicidées pour la plupart….on est au cœur d'un voyage d'ailleurs…Alors parler de voyage évidemment c'est un peu indiscret….On est dans l'indiscrétion avec ces femmes parce qu'on est au cœur noir de la fleur noire de l'âme…Tout ce qui transfigure et tout ce qui est beau et naturellement tout ce qui est l'horreur absolue de ce temps [...]… Elle meurt aussi la beauté elle meurt avec toi petite Laure avec toi petite Alejandra et toi petite Collobert et petite Nelly au fond du trou…Et toi aussi petite Dallas couchée sous une éternité volante peut-être…. en compagnie de cette femme à l'humour grinçant : Leonora Carrington…"
Muriel Richard-Dufourquet, préface de x poètes au féminin, l'Arahnoïde, 2005, p. 10 et 12.


je partant voix sans réponse articuler parfois les mots
que silence réponse à autre oreille jamais
si à muet le monde pas de bruit
fonce dans le bleu cosmos
plus question que voyage vertical
je partant glissure à l'horizon
tout pareil tout mortel à partir du je
à toutes jambes fuyant l'horizon
enfin n'entendre que musique dans les cris
assez assez
exit
entrer né sur débris à peine reconnu le terrain
émergé de vase salée le fœtus sorti d'égout
plexus solaire rongé angoisse diffusant poumons
souffle haletant

Danielle Collobert, extrait de œuvres I, P.O.L., 2004, p. 415, publié in x poètes au féminin, l'Arachnoïde, 2005, p. 41.

bio-bibliographie de Danielle Collobert

dimanche 05 février 2006

Parution : Suppôts et Suppliciations d'Antonin Artaud en Poésie/Gallimard

050206_artaudCet appel est celui d'un poète qui veut aimer les cœurs qui ont bien voulu lui faire l'honneur de l'écouter et de l'entendre, et qui veut par toutes les projections de son souffle leur donner lieu de respirer dans ce monde d'asphyxiés
Antonin Artaud, lettre à Henri Thomas, le 13 mars 1946


Dernier recueil de textes composé par Antonin Artaud peu avant sa mort,
Suppôts et suppliciations rassemble des éléments apparemment disparates : des poètes, des récits de rêves, un essai sur Lautréamont, un commentaire de dessin et des lettres. Mais il faut renoncer à chercher dans ce recueil une unité, il est plutôt un drame, la dramaturgie d'un cri de douleur et de révolte qu'Artaud met une dernière fois en scène dans ces pages.
Suppôts et Suppliciations est paru pour la première fois en 1978 dans les œuvres complètes d'Artaud (tome XIV), chez Gallimard. Le texte a été révisé en 2004 dans Quarto et l'est à nouveau pour ce Poésie/Gallimard qui paraît aujourd'hui, dans une édition présentée, établie et annotée par Evelyne Grossman. C'est le n° 416 de la collection Poésie/Gallimard.
(extrait du communiqué de presse des Éditions Gallimard)

Extrait :
"Ce livre est composé de trois parties :
Fragmentations,
Lettres,
Interjections
.
La première constitue une espèce de révision haletante de la culture, une abracadabrante chevauchée du corps à travers tous les totems d'une culture ruinée avant d'avoir pris corps.
Dans la seconde, le corps souffrant qui entreprit cette chevauchée se découvre :
et on voit bien qu'il s'agit d'un homme qui est un homme et non un esprit.
Dans la troisième, il n'est plus question :
de culture
ni de vie,
mais de cette espèce d'enfer incréé où le corps de l'homme suffoque avant de commencer à respirer
et qui se tient aussi bien à la lisière du sentiment que de la pensée
Et j'ai fini par y apprendre qu'il n'y a ni conscience ni pensée"
Antonin Artaud,
Suppôts et Suppliciations, Poésie/Gallimard n° 416, 2006, p. 25

mardi 24 janvier 2006

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris

240106_baudelaireVient de paraître, tout juste reçu :

Charles Baudelaire
Le Spleen de Paris
petits poèmes en prose

Nouvelle édition entièrement revue de Robert Kopp, préface de Georges Blin, Poésie/Gallimard n° 415, 5, 80 €

"Ô nuit ! ô rafraîchissantes ténèbres ! vous êtes pour moi le signal d'une fête intérieure, vous êtes la délivrance d'une angoisse ! Dans la solitude des plaines, dans les labyrinthes pierreux d'une capitale, scintillement des étoiles, explosion des lanternes, vous êtes le feu d'artifice de la déesse Liberté !
Crépuscule, comme vous êtes doux et tendre ! Les lueurs roses qui traînent encore à l'horizon comme l'agonie du jour sous l'oppression victorieuse de sa nuit, les feux des candélabres qui font des taches d'un rouge opaque sur les dernières gloires du couchant, les lourdes draperies qu'une main invisible attirent des profondeur de l'Orient, imitent tous les sentiments compliqués qui luttent dans le cœur de l'homme aux heures solennelles de la vie. "
Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, petits poèmes en prose, Poésie/Gallimard n°415, 2006, p. 155.

Communiqué de presse :
Cette réédition des
Petits poèmes en prose, sous le titre plus évocateur de Le Spleen de Paris, a été entièrement revue, annotée et présentée par Robert Kopp. Elle est désormais précédée d'une préface de Georges Blin qui donne la mesure de la nouveauté formelle forgée par l'auteur des Fleurs du mal : "Autant que le permettent les lois de la création littéraire, Les Petits poèmes en prose marquent un commencement absolu. Ils soutiennent tout un système généalogique dont on dessine les branches maîtresses quand on cite le premier livre des Divagations, les Illuminations et les Moralités légendaires : le foisonnement ultérieur est infin. Il semble que Baudelaire ait eu lui-me^me conscience d'avoir ouvert par cette extrême expérience une route que l'on dût après lui, nécessairement emprunter"
Cette édition est destinée à remplacer celle qui est parue en 1973 sous le titre de Petits poèmes en prose.

vendredi 09 décembre 2005

Ecoutez si on allume les étoiles

091205_maiakovskyA la suite de la publication d'un premier poème de Maïakovski dans Poezibao , l'éditeur Le Temps des Cerises a porté à ma connaissance une publication qui m'avait échappé et que je vais ajouter bien entendu à la bibliographie. Et mieux encore, cet éditeur a eu la gentillesse de m'envoyer le livre que voici, Écoutez si on allume les étoiles, poésies choisies et traduites du russe par Simone Pirez et Francis Combes.

Ce livre est intéressant à double titre, par ses traductions bien sûr d'un choix de textes qui portent sur l'ensemble de la vie et de l'œuvre de Vladimir Maïakovski (1893-1930) mais aussi par son iconographie : nombreux portraits du poète, aussi bien en beau ténébreux qu'en dandy ou en mauvais garçon mais aussi des reproductions de magnifiques collages de Rodtchenko.

Un extrait de Verlaine et Cézanne

C'est alors
            que de nous
                        s'approche
                                        Paul Cézanne :
"Je vais vous peindre
                            -comme ça
                                                Verlaine".
Et il peint.
                Je regarde
                        comme la peinture est fraîche.
- Monsieur
                    excusez-moi,
chez nous
                    pour les vieux
                                            votre nom
était
      comme un coup de bride sous la queue.
Tantôt
            une saison
                            notre dieu d'était Van Gogh
et une autre fois
                                c'était Cézanne.
Maintenant
                on a laissé
                            tomber l'art.
On n'aime plus les couleurs
                                            mais les grades.
Des oisillons
                      encore du lait
                                           aux lèvres
mais déjà prêts
                        au garde-à-vous.
Ont adopté un nom énorme :
                                        A.A.R*.
Mais ne font
                            que passer la main
                                        sur l'épaule des dirigeants.
Ne feraient pas
                    par exemple
                                        mon portrait.
Ils n'useraient pas
                            leurs pinceaux
                                                pour rien.
En matière de tête
                            ils préfèrent
un peu plus près
                    du Comité central.
Cézanne
        a suspendu son trait
et, touché,
        s'est répandu en remerciements.
Paris
        violet
                Paris d'aniline
se levait
            derrière les vitres
                                            de la Rotonde.

Vladimir Maïakovski, Écoutez si on allume les étoiles, Le Temps des Cerises, 2005, p. 126

Lire aussi sur les problèmes de traduction, le commentaire d'Alain Marc

*Association des Artistes Révolutionnaires

mercredi 09 novembre 2005

Pasolini, par Bertrand Levergeois, un livre, une rencontre à Paris le 21 novembre

Le Lundi 21 novembre à 19h
au centre de Langue et de Culture italienne
Bertrand Levergeois
présente son livre

Pasolini, l’alphabet du refus
Editions Le Félin, collection Les Marches du temps, 2005.


A l’occasion du trentième anniversaire de l’assassinat du grand poète et cinéaste Pier Paolo Pasolini, Bertrand Levergeois choisit de le faire vivre puisque "la mort n¹est pas de ne pas pouvoir communiquer, mais de ne plus pouvoir être compris". Poésie, critique, cinéma, politique : pédagogue de la subversion, Pier Paolo Pasolini est un alphabet de refus. Épelons-le : telle est l’invitation de Bertrand Levergeois qui présentera son livre aux côtés de Nicola Guarino, critique de cinéma. Lectures, chansons, débat et projection d’extraits d¹un film rare de Pasolini de 1963, à mi-chemin entre l’essai et le poème : La Rage.

Bertrand Levergeois est connu pour ses biographies de figures hors norme comme le philosophe Giordano Bruno, mort sur le bûcher de l’Inquisition (Giordano Bruno, Fayard, 1995, 2000) ou encore le Fléau des Princes de la Renaissance (L’Arétin ou l’insolence du plaisir, Fayard, 1999). Il est aussi l’auteur de deux ouvrages sur Federico Fellini, dont une biographie.

Entrée Libre.
La rencontre-signature sera suivie d¹une bicchierata amicale.

Le Centre de Langue et Culture Italienne
4, rue des Prêtres Saint-Séverin
75005 Paris
Métro Saint-Michel ou Cluny la Sorbonne
RER B & C Saint-Michel Notre-Dame

Le 2 novembre 1975, Pier Paolo Pasolini est retrouvé mort à Ostie, près de Rome. Crime sexuel, politique ou crapuleux ? on s’est interrogé malgré les aveux du jeune Pelosi dit la Grenouille, qui s’est borné à endosser cet assassinat perpétré dans des circonstances encore mystérieuses.
Bernard Levergeois dans son livre passe de l’abjuration à la zone, sans oublier tous les fascismes et la cause gay. D’Accattone à Salò toute le cinéma de Pasolini est traversé par la poésie, le théâtre, la peinture et inversement. Dante affronte Pétrarque et la nouvelle avant-garde, le Christ s’appuie sur Gramsci, et le Tiers Monde, lui attend son heure. L’essentiel des citations présentées dans le livre (déclarations, poèmes, extraits de critiques, etc.) est inédit en langue française, ce qui fait de l’ouvrage de Bertrand Levergeois une véritable anthologie.