A signaler, un excellent répertoire de termes littéraires. On
y trouve notamment maintes définitions concernant la poésie. Par exemple,
sonnet, blason, césure, dizain, etc.
http://www.lettres.net/lexique/
A signaler, un excellent répertoire de termes littéraires. On
y trouve notamment maintes définitions concernant la poésie. Par exemple,
sonnet, blason, césure, dizain, etc.
http://www.lettres.net/lexique/
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 16 juin 2006 à 09h12 dans Internet poétique (sites, blogs, etc.), Poétique | Lien permanent | Commentaires (0)
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Le ghazal est une forme poétique fixe
Origine du mot
C’est un terme arabe qui signifie "conversation avec
une femme"
Histoire du ghazal
Le ghazal est une forme persane ancienne (souvent à
connotation érotique) apparue vers le dixième siècle et elle-même issue d’une
forme arabe appelée qasida. Le ghazal a été introduit en Inde par
l’invasion mongole au douzième siècle. Il se pratique aujourd’hui non seulement
en Iran (farsi), au Pakistan (ourdou) et en Inde (ourdou et hindi)
En Europe, le ghazal persan a d’abord été connu par des traductions en latin, en allemand, en anglais et en français à la fin du XVIIe. Goethe fut le premier à employer le ghazal dans son Divan occidental-oriental (1819), inspiré de la traduction par Joseph Von Hammer du Divan de Hāfiz (le célèbre poète persan du XIVe siècle). Friedrich Rückert (1788-1866) a aussi donné des ghazals tant dans sa traduction de Hāfiz que dans sa propre poésie. Roses d’Orient (1822) est ainsi une libre adaptation de la poésie de Hāfiz, qui démontre la maîtrise que le poète allemand avait de cette forme.
L’influence des ghazals d’Hāfiz sur la littérature anglaise a été moins spectaculaire peut-être que sur la poésie allemande mais attestée dès le XIXe chez des poètes comme Shelley (1792-1822), Byron (1788-1824), ou Thomas Moore (1779-1852).
A l’époque moderne et contemporaine, le ghazal a été repris
par plusieurs poètes occidentaux, notamment anglo-saxons, parmi lesquels on
peut citer les américains Robert Bly, Adrienne Rich, W.S. Merwin, Jim Harrison,
Galway Kinnell (notamment quand la poésie de Mirza Ghalib ((1797?-1869)) a été traduite et a rencontré un grand
succès aux États-Unis), ainsi que chez Marilyn Hacker (qui est une des rares à
suivre vraiment la règle du ghazal dans les deux ghazals qu’elle a donnés dans
son dernier livre Desesperanto) ; le canadien John Thompson a
également écrit des ghazals.
Toutefois l’un des poètes qui a le plus contribué à la
renaissance du ghazal sur la "scène" anglophone fut Agha Shahid Ali,
originaire de Cachemire (et de langue maternelle ourdou), décédé longtemps avant l'heure d'un cancer
du cerveau à l’âge de 52 ans en 2002. Il en a écrit de très beaux notamment dans son recueil paru en 2003 A
book of ghazals et dans cet autre recueil composé uniquement de ghazals
Call me Ishmael tonight (W.W. Norton, 2003) ; il a également édité une
anthologie de 107 poètes ayant utilisé cette forme : Ravishing
disunities: the real Ghazal in english (2000). Sans oublier le travail
de la poète anglo-iranienne Mimi Khalvati
Il faut noter enfin que dans les cultures indiennes et pakistanaises le ghazal est aussi une forme musicale utilisée dans des chansons et dans des films.
Les règles du ghazal
1. Le ghazal comporte en général de 5 à 15 couplets de deux vers chacun (ces distiques sont appelés sher). Chacun de ces couplets est considéré comme une entité indépendante au point de vue du sens. Il n’y pas d’enjambements entre les couplets. Le ghazal est donc une collection de shers et chaque couplet doit être un poème en lui-même. Il arrive qu’on les compare aux perles d’un même collier.
2. Le premier couplet ou sher est appelé matla. Chaque ligne se termine par le même refrain ou radif qui peut être un mot ou un court segment de phrase. Ce refrain apparaît ensuite à la deuxième ligne de chacun des couplets suivants (c’est la règle dite du radif). Le schéma est donc 1/1, 2/1, 3/1, 4/1, 5/1 et ainsi de suite.
3. Deux autres règles s’appliquent à la forme stricte du
ghazal. Les vers doivent être de longueur équivalente (règle du beher ou
mètre). Le ghazal est donc une collection de shers de même mètre.
L’autre règle enfin est plus difficile à expliquer, elle a
le nom de kaafiyaa et consiste à introduire une rime intérieure qui doit
se retrouver avant chaque radif ou refrain !
4. Enfin le ghazal se termine par un couplet appelé maqta et qui inclut souvent sous une forme ou une autre la signature du poète (ce peut-être son pseudonyme ou quelque chose qui le symbolise).
Résumé : le ghazal est une collection de shers de métrique identique se terminant par le(s) même(s) mot(s) refrain précédé du même motif rimé.
Exemples
Et bien comme toujours, difficulté à trouver un ghazal exemplaire
surtout en français.
Je propose cet
exemple qui est en fait une chanson populaire afghane et qui ne suit pas,
loin de là, toutes les règles énoncées ci-dessus
Je propose ici également, toujours à titre de démonstration, un ghazal que j’ai composé en tentant de suivre les règles
GHAZAL
DU SILENCE
longue en mémoire une blessure
celle du silence
lente comme absence une morsure
celle du silence
absence et oubli comme à la jointure
du silence
mémoire cicatrice lancinante rengaine flux et reflux
souvenir du désir désir de rupture
du silence
regard perdu suis ce papillon jaune qui volète
dans le cœur qui papillonne une fêlure
celle du silence
butine et abandonne prends et chasse recueille et étouffe
sur la peau dans la paume la froidure
celle du silence
réminiscences absence boutures du silence
®florence trocmé
GHAZAL
She took
what wasn’t hers to take : the desire
for all
that’s not her, for what might awake desire.
With it,
the day’s a quest, a question, answered where-
ever eye,
mind lights. Desire seeks, but one can’t seek
desire.
A frayed
wire, a proof, a flame, a drop of globed hot wax,
a riddle
solved or not by William Blake : desire.
re-reel the
story, will all that unmake desire ?
For peace
or cash, lovers and whores feign lust or climaxes.
A solitar
can evoke, but cannot fake desire.
Crave
nothing, accept the morning’s washed and proffered air
brushing
blued eyelids with an oblique desire.
There was
an other, an answer, there was a Thou
or there
were mutilations suffered for your sake, desire.
Without
you, there is no poet, only some nameless hack*
lacking a
voice without your voice to speak desire.
Marilyn
Hacker, Desesperanto, W.W. Norton & Cie, 2003, p. 98.
*signature cachée du nom de MH
© Florence Trocmé
Cet article a été revu et considérablement enrichi pour
la partie anglo-saxonne par Marilyn Hacker
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 17 mai 2005 à 11h28 dans Poétique | Lien permanent | Commentaires (7)
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Marilyn
Hacker qui pratique avec une immense virtuosité un certain nombre de formes
fixes a bien voulu me confier quelques précisions sur la sextine. Je donne aussi, à titre d’exemple, la
sextine d’Elizabeth
Bishop dont elle parle. Je disposerai sous peu de la traduction française
que je publierai dès qu’elle sera en ma possession.
FT
La forme de la sextine
donnée par Angèle est bien celle que je connais moi-même - les six repetons* reviennent dans chaque strophe dans un ordre
qui est peut-être plus clair si on l'indique avec des chiffres: 123456 / 615243/ 364125 et ainsi de suite,
jusqu'à l'envoi de 3 vers chacun comportant 2 des mots-clés. J'ai l'impression
que cette forme est aujourd'hui beaucoup plus répandue en anglais (surtout chez les Américains) qu'en
français, peut-être à cause de l'intérêt manifesté par le grand poète
moderniste américain Ezra Pound pour la poésie provençale : son "Sestina:
Altaforte" - dont la voix est
celle du poète-guerrier en Bertrans de Born - en est un bel exemple (écrit vers
1912). W.H. Auden et Elizabeth Bishop en ont chacun écrit plusieurs. Une très
belle sextine de Bishop, avec comme seul titre "Sestina," existe en
traduction française de Claire Malroux. Chez les contemporains (anglophones)
qui ont écrit des sextines, je pourrais citer John Ashbery, Marie Ponsot, Julia
Alvarez, Patience Agbabe (une jeune Anglaise d'origine nigerienne) , Edward
Hirsch entre autres. Il y a même un poète américain, James Cummins , qui a
construit un polar entièrement de sextines!
Marilyn Hacker
Sestina
September rain falls on the
house.
In the failing light, the old grandmother
sits in the kitchen with the child
beside the Little Marvel Stove,
reading the jokes from the almanac,
laughing and talking to hide her tears.
She thinks that her equinoctial tears
and the rain that beats on the roof of the house
were both foretold by the almanac,
but only known to a grandmother.
The iron kettle sings on the stove.
She cuts some bread and says to the child,
It's time for tea now; but the child
is watching the teakettle's small hard tears
dance like mad on the hot black stove,
the way the rain must dance on the house.
Tidying up, the old grandmother
hangs up the clever almanac
hovers half open above the child,
hovers above the old grandmother
and her teacup full of dark brown tears.
She shivers and says she thinks the house
feels chilly, and puts more wood in the stove.
It was to be, says the Marvel Stove.
I know what I know, says the almanac.
With crayons the child draws a rigid house
and a winding pathway. Then the child
puts in a man with buttons like tears
and shows it proudly to the grandmother.
But secretly, while the grandmother
busies herself about the stove,
the little moons fall down like tears
from between the pages of the almanac
into the flower bed the child
has carefully placed in the front of the house.
Time to plant tears, says the almanac.
The grandmother sings to the marvelous stove
and the child draws another inscrutable house.
Elizabeth Bishop
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 12 mai 2005 à 08h47 dans Poétique | Lien permanent | Commentaires (3)
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La sextine est une forme poétique fixe, complexe, dont
l’invention est attribuée au troubadour Arnaut Daniel (1180-1210). La technique
en a également été développée en Italie (Pétrarque).
C’est un poème sur deux rimes seulement, composé de 6
sizains (coblas) suivis d’un envoi (ou tornada) de trois vers, avec reprise des
mêmes mots à la rime dans toutes les strophes, mais dans un ordre différent, la
dernière rime étant reprise comme première de la strophe suivante. L’envoi de
trois vers reprend deux rimes dans chaque vers (les six rimes sont répétées à
la fin de chaque hémistiche, dans l’ordre où elles se présentent à la première
strophe).
Il y a donc une triple construction, par rimes, par mots et
par hémistiches dans le tercet conclusif.
Jacques Réda a écrit une très belle Sextine du fleuve
dans La Course, page 86 (mais il ne suit pas toutes les règles très
contraignantes, notamment en ce qui concerne la rime)
Raymond Queneau a généralisé la sextine, et défini la n-ine
ou quenine de n.
Je pensais que jamais dans les branchages morts
Ne s'éteindrait le soir en hiver cette lampe
Qui semblait allumée aussi dans le cœur noir
Et bousculé. J'étais assis au bord du fleuve
imposant au silence un silence plus fort
Et dans l'air en cristal son haleine de vase.
Mais pourquoi remuer de nouveau cette vase
Au fond de la mémoire où les souvenirs morts
Remontent, vieux noyés dont les dents serrent fort
Un secret misérable ? Ils flottent sous ma lampe
Un instant et s'en vont au fil du même fleuve
En route maintenant vers l'estuaire noir.
[...]
Sextine du fleuve , La Course : nouvelles poésies itinérantes et familières (1993-1998).
Gallimard, 1999., page 86.
Notice composée à partir du Dictionnaire de rhétorique et de
poétique de Michèle Aquien et Georges Molinié, La Pochothèque et du Vocabulaire
de la stylistique de Jean Mazaleyrat et Georges Molinié, PUF.
On pourra aussi consulter ce petit traité de la
versification
©florence trocmé
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 22 avril 2005 à 15h57 dans Poétique | Lien permanent | Commentaires (5)
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La villanelle est un poème à forme fixe, fixée à la fin du
XVIe siècle. Elle est fondée, comme le virelai, la ballade, le
rondel ou le triolet sur la reprise de certains vers en refrain.
A l'origine, chanson, danse ou poème d'inspiration pastorale
et populaire, la villanelle ne fut soumise à une règle fixe qu'après la célèbre
villanelle de Passerat :
J'ay perdu ma tourterelle.
Est-ce point elle que j'oy?
Je veux aller après elle.
[...] Lire la
suite
Dans sa forme stricte, elle est construite en tercets d’heptasyllabes sur deux rimes. Les premier et troisième vers du premier tercet sont repris comme refrain des tercets suivants et ensemble à la fin de la dernière strophe qui a ainsi quatre vers.
J’emprunte l’exemple contemporain qui suit au tout récent
recueil de Valérie Rouzeau, Récipients d’air
(Villanelle d’un vieux papa)
L’écuelle sous l’ampoule grillée
J’attendais de vivre bientôt
Mes ancêtres dans leurs sabots
Trépignaient depuis le passé
J’avais fini mes haricots
Et je buvais un noir pinot
A leur mémoire à ma santé
Espérant de vivre bientôt
J’étais le dernier des idiots
Ou le premier si vous voulez
J’avais fini mes haricots
Le front collé sur le carreau
enfin de ma nuit relevé
J’attendais de vivre bientôt
Ou les enfants vont me siffler
J’avais fini mes haricots
J’attendais de vivre bientôt
Valérie Rouzeau, Récipients d’air, Le temps qu’il
fait, 2005, p. 11.
A savoir : Max Jacob a écrit une Villonelle dont le titre fait allusion à la fois à Villon et à la villanelle. On peut en retrouver le texte sur ce blog
Cette fiche a été établie à l’aide notamment du Vocabulaire
de la stylistique de Jean Malazeyrat et de Georges Molinié et du Dictionnaire
de poétique de Michèle Aquien.
©Florence Trocmé
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 17 avril 2005 à 15h38 dans Poétique | Lien permanent | Commentaires (0)
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J'ouvre ici une nouvelle rubrique de Poezibao. Ce petit lexique de poétique tentera de donner quelques définitions. Idéalement j'aimerais que ceux qui fréquentent ce site enrichissent les notions présentées d'autres exemples.
Le pantoum
Pour écrire cet article, je me suis inspirée de
différentes sources, le Dictionnaire de poétique de Michèle Aquien, (Livre
de poche, LGF, 1995), Le Larousse du XIXe siècle, le dictionnaire de poétique
et de rhétorique de Michèle Aquien
et de Geroges Molinié (La pochothèque, LGF 1996), ainsi que du site Poésie sur la
toile, qui propose une excellente synthèse sur le sujet et donne plusieurs
exemples
Le pantoum est un poème originaire de Malaisie, à forme
fixe, composé de quatrains.
Le principe de base est un système d’alternances et de
reprises aussi bien formelles que thématiques : le deuxième et le
quatrième vers du premier quatrain sont repris comme premier et troisième vers
du deuxième quatrain et ainsi de suite. Et le dernier vers du poème doit
reprendre le premier. Dans le vrai pantoum, les vers sont en octosyllabes ou en
décasyllabes, à rimes croisées. De plus, en principe, deux sens doivent se
tresser, le premier exposé dans le premier et le deuxième vers de chaque
quatrain, le second dans les deux vers suivants.
Ce qui est le plus intéressant dans cette forme, acclimatée
par les romantiques mais que des contemporains, telle l’américaine Marilyn
Hacker reprennent volontiers, est l’impression de piétinement, de ressassement.
En fait on pense qu’à l’origine il s’agissait d’un poème érotique.
Historiquement le pantoum aurait été introduit en France par
Victor Hugo (avec une coquille non corrigée qui a transformé pantoun en
pantoum) qui n’en a toutefois pas écrit.
Théodore de Banville et Leconte de Lisle l’ont adopté, mais
le plus célèbre des pantoums est sans aucun doute Harmonie du soir,
le poème de Baudelaire. On évoque aussi souvent le Pantoum négligé
de Verlaine.
Ecouter
Marilyn Hacker dire Iva’s pantoum (pour sa fille). Elle dit le poème
en anglais mais transcription et traduction sont disponibles sur cette page.
©florence trocmé
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 10 avril 2005 à 15h14 dans Poétique | Lien permanent | Commentaires (3)
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