Syndications pour Poezibao

lundi 12 mai 2008

Lucien Suel

 

 

« Ma poésie vient du vide avide vibrant dans ma tubulure corporelle. Et c'est l'enveloppe superficielle de ce tuyau qui accepte les chocs, les frictions, les agressions, les informations, les caresses, le bruit et l'odeur. Cosmos miniaturisé, un infini dans l'infini. »
Source

 

Lucien Suel, poète ordinaire, est né le 17 décembre 1948 à Guarbecque, dans les Flandres artésiennes. Il a édité la revue « The Starscrewer », consacré à la poésie de la Beat Generation, puis « La Moue de Veau », magazine dada punk. Il anime la Station Underground d'Émerveillement Littéraire et le blog Silo
Il a publié de nombreux ouvrages de poésie, dont certains en collaboration avec d'autres artistes, notamment les peintres William Brown et Jean-Pierre Thomas, les plasticiens Hélène Leflaive et Stéphane Benault, les photographes Josiane Suel, Patrick Roy et Patrick Devresse.
Ses œuvres imprimées comme ses prestations scéniques couvrent un large registre, allant de coulées verbales beat à l'expérimentation de formes arithmogrammatiques (poèmes composés de lignes à nombre de caractères typographiques égal, croissant, ou décroissant), du collage et du caviardage (poèmes express) à la performance (notamment avec le groupe de rock Potchük et au sein de Cheval23).

 

 

Bibliographie
Guess who ? Devinez qui ?Coll. Dix de Der, Michel Champendal éd., Rouen, 1984.
Les filles de papier. Coll. La Poire d'Angoisse, Didier Moulinier, éd., Périgueux, 1986.
Moteur : Epouillage (journal de voyage 1979-1986). Coll. La Duc d'Aumale, J.M. Baillieu, éd., Paris, 1986.
Rêver Suel. Coll. La Poire d'Angoisse, Didier Moulinier, éd., Périgueux, 1986.
2.3 souvenirs de lecture. Coll. Tuyau, Didier Moulinier, éd., Périgueux, 1987.
Dernière Neige. Coll. Plis n°34. Le Dépli Amoureux éd., Lompret, 1987.
Eternelle Rafale. Coll. Plis n°49. Lompret, 1987.
Sombre Ducasse. Station Underground d'Émerveillement Littéraire, Berguette,1988. Deuxième édition, Berguette,1993. réédité en 2008, voir au bas de la liste).
Memento Matamore. S.U.E.L. éd., Berguette, 1988. Deuxième édition bilingue français-néerlandais, Berguette, 1996..
Croquis Gnôlés. Deleted Ed. & S.U.E.L. éd., Lyon / Berguette, 1988. 2ème édition, Berguette, 1995.
10 textes pour 10 dessins de Piotr Aakoun. Peter Moreels éd., Tournai, Belgique, 1989.
77 poèmes express. Coll. Cordialité de la Rouille, S.­Morlighem éd., Formerie, 1990.
Tamponnages. Coll.S2L'ART?, S. Morlighem éd., Formerie, 1990. 2ème édition, Berguette, 1993.
Anthologie de la Poésie Visuelle Nord-Américaine. S.U.E.L., Berguette, 1990. 2ème édition avec préface de H. Polkinhorn & après-propos de G. Huth, Berguette, 1994.
Morceaux Choisis. Les Contemporains, Périgueux, 1991.
Prose du Ver (illustrations de D. Leblanc). Collection Histoires grotesques n°9, Lune Prod. éd, Paillart, 1991. Deuxième édition, S.U.E.L. éd., 1996.
Tout Partout. Studio Veracx, Berck-sur-Mer, 1992. Deuxième édition, Station Underground d'Émerveillement Littéraire, Berguette, 1995.
Noeuds (avec des illustrations de Sara Joyce). S.U.E.L., Berguette, 1992.
Les dérivées. S.U.E.L., Berguette, 1992. 2ème édition, Berguette, 1995. 3ème édition, La Tiremande, 2004.
Le Mastaba d'Augustin Lesage. Brandes, (extraits) Roubaix, 1992. Deuxième édition, Centre Historique Minier, Lewarde, 1995. 3ème édition, complète et définitive, S.U.E.L., Berguette, 1996.. Nouvelle édition, S.U.E.L., La Tiremande, 2005.
Propylée de glace. S.U.E.L., Berguette, 1993.
Colonnes dénudées. S.U.E.L., Berguette, 1994.
Sans espoir de retour du courrier (avec A. Michel). S.U.E.L., Berguette, 1995. Nouvelle édition, S.U.E.L., La Tiremande, 2005.
Aciérie, grange et charcuterie. Edition bilingue français-anglais avec trois gravures de William Brown, Berguette / Bridgend (Pays de Galles), 1995 (édition limitée).
10 poèmes/poems. Edition bilingue français-anglais avec des illustrations de William Brown. Station Underground d'Emerveillement Littéraire, Berguette, 1995.
Ronde. Bilingue français-anglais avec gravure de William Brown. Berguette / Bridgend, 1995 (éd. limitée).
Ruminations (avec 5 pastels de Thierry Lambert). Berguette / Saint-Hilaire du Rosier, 1996 (édition limitée)
Eurydice (avec trois gravures de William Brown). Berguette / Bridgend, 1996 (édition limitée).
Le lapin mystique. S.U.E.L. éd., Isbergues, 1996.
Chapelet. Ecbolade éditions, Béthune, 1996.
Lulu (dessins). VR/SO éditions, Chatenay, 1997.
Le nouveau bestiaire (avec des gravures de William Brown). Edition bilingue français-anglais, Station Underground d'Émerveillement Littéraire, Isbergues, 1997.
La Justification de l'abbé Lemire. Editions Mihàly, Gennevilliers, 1998.
Texte caché (avec des illustrations de Pascal Ulrich). Vincent Courtois éd., Lyon, 1998.
Théorie des orages
. Collection La Main Courante, La Souterraine, 1998.
Sous-bois standard (les idiots). Editions de l'Attente, collection Week-end, Bordeaux, 1999.
Têtes de porcs, moues de veaux (photos de P. Roy). Ed. Pierre Mainard, Bordeaux, 1999.
Visions d'un jardin ordinaire (photos de Josiane Suel). Ed. du Marais, Hazebrouck, 2000.
Semailles.
Editions Sansonnet, Coll. Récits d'ici, Lille, 2000.
L'envers du confort. Voix éditions, coll. Vents contraires, Montigny-lès-Metz, 2001..
20 poèmes express. Collection PoésiExpress. Limoges, 2001.
De dood in duplicaat voor Cosmik Galata.Ed. Leskimo de Zierikzee, Noordgouwe, Pays-Bas, 2001.
Les coups
. Editions de l'Attente, collection Week-end, Bordeaux, 2001.
Une simple formalité (avec Sylvie Granotier). Marais du Livre, Hazebrouck, 2001.
Coupe Carotte. Editions Derrière La Salle De Bains, Rouen, 2002.
L'Ankou-Loup (avec des dessins de William Brown). W. Brown éd, Llangynwyd, Pays de Galles, 2002.
Regarde un jardin. Editions du Silence, La Croix-Comtesse, 2003.
Lettre T. Editions de l'Attente, collection Vademecum, Bordeaux, 2003.
Ultime arithmogramme pour Ch'Vavar. Editions de l'Agneau, collection Poème du Jour, Saint-Quentin de Caplong, 2003.
Canal Mémoire. Marais du Livre, Hazebrouck, 2004.
Duodâne (avec Christoph Bruneel). L’âne qui butine, Mouscron, 2004.
La limace à tête de chat (dessins). Station Underground d’Émerveillement Littéraire, La Tiremande, 2004.
Poèmes marcottés des quatre saisons. Editions Contre-allées, Montluçon, 2005.
La formule (avec Stéphane Benault), Editions Berline-Hubert-Vortex, Lille, 2005.
Un trou dans le monde. Aux éditions Pierre Mainard, Nérac, 2006.
Transport visage découvert. Dernier Télégramme, collection Longs courriers, Limoges, 2006.
Haïkus d’Hannibal / Hannibal Haikus (Avec des dessins de William Brown), Édition à tirage limitée, Bridgend, Pays de Galles, novembre 2006
Zoographie. Les éditions du soir au matin, collection timbrée, Merville, 2007.
Les terrils : ombre et clarté (photos de Patrick Devresse). Centre historique minier, Lewarde, 2007.
Poèmes express. Redfoxpress, collection « C’est mon Dada », Irlande, 2007.
Sombre ducasse. Éditions Le Mort-Qui-Trompe, collection Agent Orange, N'est-ce-pas ? L'âne qui butine, collection Pamphlet, Mouscron, Belgique, 2007.
Nous ne sommes pas morts, (en collaboration avec la plasticienne Hélène Leflaive). Dernier Télégramme, collection Correspondances, Limoges, 2008.
Patismit. Dernier Télégramme, collection Echos, Limoges, 2008.
18° à Paris 18° à Marseille 36° à Parseille, (dessins), éditions de la Vachette alternative, collection 8pA6, Suisse, 2008.
• à paraître
Le sang du don.
Photoromans
(avec Patrick Devresse).
Les versets de la bière (journal 1986-2006)
Mort d’un jardinier
•Participations à des anthologies et ouvrages collectifs.
Anthologie 80. Le Castor Astral, L'Atelier de l'Agneau,1981..
Une coupe au Nord ou une incertaine anthologie.
Ecbolade Editions, Béthune, 1994.
Estracelle - Poésie d'aujourd'hui en Région Nord/Pas-de-Calais.
Maison de la Poésie Nord Pas-de-Calais éd., Beuvry, 1994.
Une Anthologie Immédiate.
Editions Fourbis, Paris,1996.
Loose Watch, a Lost & Found Times Anthology, Invisible books,
Londres, 1998.
Anthologie de la justification,
Le Jardin Ouvrier éd., Amiens, 1998
Au Fil du Temps
,
Le Castor Astral, Bordeaux-Pantin, 1999.
Poète toi-même,
Le Castor Astral, Bordeaux-Pantin, 2000.
Noir(s), (nouvelles),
Centre Historique Minier, et La Nuit Myrtide, Lewarde, Lille.
Poèmes accordés,
Marais du Livre, Hazebrouck, 2002
Cumann na amadain, anthologie du ver mesuré,
Le Jardin Ouvrier, Amiens, 2002.
L'insoutenable légéreté des contraintes,
Formules / Noesis, Saint-Quentin, 2002.
49 poètes : un collectif.
Editions Flammarion, collection Poésie/Flammarion, Paris, 2004.
Balade en Pas-de-Calais, sur les pas des écrivains.
Editions Alexandrines, Paris 2006.
Omajajari.
Ouvrage collectif, Editions Cynthia 3000, 2007.

 

sites
le site de Lucien Suel
La Station Underground d’Emerveillement Littéraire
sur le site La Poésie Élémentaire de Didier Moulinier
sur le site fluctuat
Une note de lecture de Lucien Suel sur La littérature à contre-nuit de Juan Asensio (blog Stalker)
travail à partir d’un texte de Lucien Suel chez Marelle
Un article de Lucien Suel sur remue.net paru à l’occasion de la publication de l’anthologie Le Jardin Ouvrier (voir note de lecture de Poezibao)
Lucien Suel lisant son poème "Patismit" à la soirée "Pierre Garnier et ses amis picards" du festival picard Ches Wèpes du Grand Beauvaisis à la Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais le samedi 29 septembre 2007 (texte du poème en picard et en français, ici)

 

 

jeudi 08 mai 2008

Paul Gadenne

 

 

Toutes les heures où l'on attend ce qui ne doit pas venir, les chemins sans issue, les voyages sans but, les routes désertes, les jours de pluie, les petites rues de province où personne ne passe, les heures de panne, les journées de maladie, en un mot toutes les circonstances où il n'y a rien à faire, où il faut nécessairement s'arrêter et se croiser les bras, toutes les journées de notre vie que le sort a marquées de grands disques rouges, ces journées-là peuvent être pour nous les plus fécondes ; et je ne craindrai pas de dire que le monde appartient à qui sait se tenir immobile. (extrait d’un discours de Paul Gadenne à lire ici)

 

Paul Gadenne est né le 4 avril 1907 à Armentières, dans le Nord.
Il quitte sa ville natale en 1914. Il séjourne alors à Paris où il fait ses études au Lycée Louis-le-Grand et commence à écrire dès 1924. Il passe l’agrégation de Lettres classiques et enseigne quelque temps mais les soins liés à sa tuberculose l’obligent à s’arrêter pour un traitement en sanatorium. Il ne cesse d’écrire, des nouvelles, des romans, des poèmes, des essais et tient régulièrement ses Carnets dont deux sont publiés : “Le rescapé” et “La rupture”. Il s’installe ensuite, à partir de 1940, dans le Sud-Ouest, entre Bayonne et Cambo.
Paul Gadenne meurt le 1er mai 1956.

 

 

Bibliographie (extraits) de Paul Gadenne
Romans
Siloé, (1941) éd. du Seuil, coll. "Points roman", 1983
Le Vent noir, (1947) éd. du Seuil, 1983
La Rue profonde , (1948) , suivi de Poème à trois personnages (première version du roman), Le Dilettante, 1995
L'Avenue, (1949), Gallimard, 1984
La Plage de Scheveningen, (1952), Gallimard, coll. "L'imaginaire", 1983
L'Invitation chez les Stirl, (1955), Gallimard, coll."Folio", 1983
Les Hauts-Quartiers, (1973), éd. du Seuil, coll. "Points roman", 1991
Nouvelles, récits, théâtre et poèmes
Baleine, Actes Sud, 1982
Bal à Espelette, Lettres trouvées, Actes Sud, 1986
Scènes dans le château, intégrale des nouvelles, Actes Sud, 1986
Le jour que voici, Séquences, 1987
Le guide du voyageur, Séquences, 1986
Michel Kohlaas, in La Rue profonde, Carnets Paul Gadenne, n°6, mai 1987, p.21-128
La petite ourse, poésies complètes, Carnets La Rue profonde, n°3, septembre 1985

 

Contribution de Sophie Balso

 

un site dédié à Paul Gadenne
la notice de Wikipédia
Paul Gadenne l’oublié, sur le site Stalker (où l’on peut lire cet autre article sur Gadenne)

 

 

 

mercredi 07 mai 2008

Charles Pennequin

 

 

Charles Pennequin né en 1965 à Cambrai, Nord de la France. Il vit à Lille. Et il a un site qui dit qui il est ou n’est pas, donc il faut visiter le site, ici, ne serait-ce que pour le beau dessin de Charles avec son papa au Mont Ventoux.
Il a publié dans les revues Action Poétique, Java, Nioques, Poézi Prolétèr, Quaderno, Fusées, TTC, La Parole Vaine, TIJA, Il Particolare, Prospectus, Boxon, 4/5, Jardin Ouvrier, Moue de Veau, Les Améthystes, La Revista, Ouste, Facial, Complex-Tri, Doc(k)s, poésie express, Derrière la salle de bain, Avis de Passage, La Grappe, ffwl ...

 

La revue Fusées a consacré un gros dossier à Charles Pennequin en son numéro 10

 

Bibliographie
Le Père ce matin, éditions Carte Blanche, 1997
Ça va chauffer, Derrière la Salle de Bains, 1998
Moins ça va, plus ça vient, Le Jardin Ouvrier, 1999
Dedans, Al Dante, 1999
Je crache, Poésie Express, 2000
Patate, album avec un CD intitulé 1 jour, 2000
1 jour , livre, Derrière la Salle de Bains, 2001
Bobines, CD de poèmes, Studio Croix des Landes, La Bazoge (72), 2001
Lettre à J.S., Al Dante, 2001
Ecrans, Editions Voix/Richard Meïer, 2002
Bibi, P.O.L., 2002
Bine, Editions Le Corridor, 2003
Bibine, Editions de l'Attente, 2003
Merci de votre visite, Editions Mix, 2003
Je me Jette, avec le DVD intitulé Jemejette, Al Dante, 2004
Mon binôme, P.O.L., 2004
Les Doigts, Ragage, 2006
Entravés, L'Instant T, 2006
Lambiner, Dernier Télégramme, 2006
La ville est un trou, P.O.L., 2007
Pas de tombeau pour Mesrine, Al Dante, 2008

 

 

En plus des sites et blogs de Charles Pennequin, on peut le retrouver sur le site de l’un de ses éditeurs, P.O.L., dans Wikipedia, en vidéo sur Libr-Critique, sur Sitaudis ou au centre international de poésie de Marseille

 

 

mardi 06 mai 2008

Clayton Eshleman

 

 

Eshleman_ph_nina_subin_copie Le poète Clayton Eshleman est né en 1935 dans l’Indiana.
Son œuvre est abondante. Il a traduit de nombreux poètes : M. Deguy, A. Césaire, A. Artaud, V. Holan…, et en particulier Cesar Vallejo, auquel il a consacré près de 50 ans. Sa traduction de La Poésie Complète de Vallejo a été publiée par l’University of California Press en 2007.
Eshleman s’est passionné également pendant 25 ans à la recherche de l’origine de la formation de l’image, en étudiant les grottes ornées de l’Âge de Glace du sud-ouest de la France. Le résultat de ses explorations a été rassemblé en 2003, sous le titre Juniper Fuse, avec le sous-titre : Imagination du Paléolithique Supérieur & Construction du Monde Infernal ; le livre a été publié par la Wesleyan University Press.
Une sélection de poèmes est parue en France en 1998, sous le titre Hadès en manganèse, qui reprend celui d’un de ses recueils majeurs (traduction d’Auxeméry, Belin, collection L’Extrême Contemporain). Ces textes s’appliquent à démêler les relations qu’entretiennent, dans l’être humain, animalité et rationalité, imagination et idéologie, amour et sexualité. La méditation est centrée sur les lieux favoris du poète (les cavernes peintes) et ses figures tutélaires (le totem de l’araignée, les parents morts, le peintre face à la paroi de pierre…)
Eshleman_aux Correspondant au États-Unis de la revue Po&sie, certains de ses poèmes ont été maintes fois publiés dans cette revue, ainsi que dans Banana Split, entre autres. Il est inclus dans l’anthologie de Roubaud & Deguy, Vingt poètes américains (Gallimard, 1980). Un texte d’Auxeméry, À la source boit le Minotaure, suivi de poèmes, a été publié par Le courrier du centre d’études international d’études poétiques (Bruxelles, 1994, n° 202-203, « Regards sur la poésie américaine récente »).
Récentes publications : An Alchemist with One Eyes on Fire, 2006  & Archaic Design, 2007, chez Widow Press, Boston. Le même éditeur publiera en 2008 : The Grindstone of Rapport, qui comportera 600 pages de poèmes, proses & traductions.
Eshleman a fondé et édité deux des revues littéraires les plus importantes du demi-siècle : Caterpillar (1967-1973) et Sulfur (1981-2000.
Ayant reçu le National Book Award, un Guggenheim Fellowship de poésie, et de multiples bourses, il poursuit sa carrière de Professeur Émérite à la Eastern Michigan University, et vit à Ypsilanti, avec son épouse, Caryl.

 

Contribution d’Auxeméry / Photos ©Nina Subin, 1988 (en haut) et Auxeméry pour la photo de Clayton & Caryl Eshleman

 

 

lundi 28 avril 2008

Werner Dürrson (in memoriam)

Alain Lance m’a proposé cette note biographique et un choix de poèmes traduits par lui en mémoire de son ami le poète allemand Werner Dürrson, disparu le 17 avril 2008.

 

 

 

Nous avons appris avec tristesse la mort, le 17 avril dernier, du poète allemand Werner Dürrson. Né en 1932 en Forêt-Noire, il habitait en Souabe depuis plusieurs décennies. Pendant une vingtaine d’années, il avait assuré une chronique littéraire à la radio de Stuttgart. Dans les années soixante, il avait vécu en France, notamment à Poitiers, où il avait été lecteur d’allemand à l’université. Après des années d’apprentissage où il étudia et pratiqua la musique, il continua d’entretenir une longue correspondance avec Hermann Hesse, qui l’avait encouragé dans son projet d’écriture. Il a publié, à partir des années soixante, plusieurs dizaines de livres, poèmes, essais, nouvelles et traductions. On lui doit notamment des traductions en allemand de Marguerite de Navarre, Rimbaud, Henri Michaux et René Char. Il avait d’ailleurs été invité à Paris pour le centenaire de ce poète et, quelques années auparavant, il fut l’un des participants de la Biennale internationale des poètes en Val de Marne. À l’automne 2007 il avait publié, aux éditions Klöpfer & Meyer, son livre Lohmann oder die Kunst sich das Leben zu nehmen, une biographie romanesque. De 2004 à 2006 il fut l’un des animateurs de l’atelier de traduction collective de poésie créé au Luxembourg par Jean Portante et auquel participa l’auteur de ces lignes, en compagnie d’autres poètes comme Lionel Ray, Magda Carneci, Linda Maria Baros et Richard Pietrass. Nous y avons traduit en français et en allemand le slovaque Milan Richter, la turque Bejan Matur et la roumaine Simona Popescu. Des poèmes de Werner Dürrson sont parus en traduction française dans les revues Argile, Europe et action poétique.

 

 

Contribution d'Alain Lance

 

 

Une page très complète sur le wikipedia allemand
en français, une autre note sur le travail de traducteur

 

 

 

mardi 22 avril 2008

Jean-Claude Pirotte, une bio-bibliographie par les textes

 

 

Jean-Claude Pirotte,  une bio-bibliographie par les textes

 

Benoît Moreau a proposé à Poezibao deux biobibliographies de Jean-Claude Pirotte, une bio-bibliographie classique et celle-ci, qui propose pour quelques étapes marquantes de la vie du poète, de larges extraits de ses textes. Les chiffres entre crochets renvoient aux livres ou aux sites dont sont extraites ces citations.

 

 

 

Démodé ? Je veux demeurer à jamais passionnément démodé. Ce sera ma façon d'être résolument moderne. Et je n'écris que pour voir de très loin les pluies à venir en robes longues, et m'envelopper de parfums d'herbes, de tourbe, et de musc féminin [W1]

 

Je n'écris pas comme cestuy-
là qui triture le langage
et le désosse et le réduit
et le conchie  plaisant outrage
([7], p. 21)

 

n'ayez donc pas peur des rimes
qui n'ont jamais mordu personne
l'enfant crie l'angélus sonne
au loin le tonnerre tonne
à chaque heure suffit sa rime
(art poétique, in [42], p. 132)

Ecrire, est-ce bien la peine ? Sinon pour toucher du doigt cette maxime: toute vie est imaginaire [W1]

 

L'écriture est la quête d'un vin qui n'existe pas. [W2]

 

Je sais vraiment peu de choses. On croirait même que je ne sais rien. Il convient parfois de tromper son monde. J'écoute parler le vent qui vient de la mer avec son goût salin, et le terroir qui recueille la lumière du ciel et porte la vigne, j'écoute le feu qui brûle et accorde ses fibres, et je recueille aussi la parole silencieuse du temps. ([25], p. 117)

 

(…) nous qui vivons dans les livres élus, nous finissons par nous persuader qu'ils sont un peu notre ouvrage et l'écume de notre propre expérience. ([22], p. 148)

 

Il s'agit de toujours réapprendre l'ignorance. C'est ce qu'enseignent Jaccottet, Dhôtel ou Perros. ([22], p. 66)

 

Jean-Claude Pirotte est ce qu'il est convenu d'appeler un auteur pour écrivains, en tout cas pour amoureux de la langue française. D'un classicisme militant, son œuvre est d'une originalité rare. Peu ont à ce point atténué la distinction entre poésie, roman, récit, journal et essai. Pirotte, peintre, a réussi à introduire l'aquarelle dans l'écriture. Une écriture dont les ingrédients semblent être d'éviter certains ingrédients. Peu d'évènements, pas de temps, ou plutôt un temps immobile. Peu de couleurs, mais toutes les teintes de gris. Beaucoup de pluie. Un refus des outrances. Parfois des comptines, des chansons, de lourdes fanfares, des plaisanteries grinçantes … puis un chant tout simple qui vous touche au plus profond.

 

Coupable d'user des mots à tort et à travers, d'en fausser le sens au profit de leur seule musique (…) j'ai contracté l'habitude de taire l'essentiel. Je me suis peu à peu privé de l'usage des mots destinés à l'exprimer, l'essentiel (…) J'ai bricolé des livres avec les instruments en creux du mutisme. (…) La couleur n'est que rapportée, un chiffon de brume l'efface.

 

L'essentiel, en effet, qu'est-ce que c'est que ça ? Le banal, l'anodin, la déroute quotidienne, voilà l'essentiel. ([19], pp. 28-29)

 

*

 

Jean-Claude Pirotte naît à Namur, en Belgique, le 20 octobre 1939, dans un milieu socialement conformiste mais où il peut accéder aux arts.

 

Etre né en Belgique (…) voilà bien une plaisante malédiction. Car ce pays n'existe pas. (…) Quand on est belge tôt ou tard on s'empresse de cesser de l'être. Généralement la métamorphose dure une vie entière. ([18], p. 73)

 

dans la vallée où je suis né
le ciel est bas la terre est lourde
et le silence des années
coule avec le fleuve, la sourde

 

opulence des ciels du Nord
rencontre ici les vents de l'est
et les longs automnes où l'or
des ormes malades s'épuise
([37], p. 65)

 

le temps infini de l'enfance
prenait les teintes du velours
qui dans les peintures flamandes
exaltent le déclin du jour
([37], p. 90)

 

Enfant sensible et fantasque, Jean-Claude est bien plus proche de sa grand-mère que de ses parents, en particulier d'une mère décidément peu poète.

 

aussi selle-t-il son cheval
de bois et le voilà fougueux
il cavalcade sous le lustre
ensoleillé du salon
en l'absence des ascendants
et dans sa tenue d'apparat

 

nous allons voir ce que nous
allons voir mon ami dit la mère
au poète désarçonné
qu'elle enferme dans l'écurie
avec les ânes en carton
([33], p. 26)

 

Quand j'étais gosse, je restais des après-midi entiers à rêvasser dans un coin, jusqu'à ce que mon silence et ma vacuité provoquent (…) des crises de nerf dans mon entourage. (…) On n'a pas idée d'être aussi nouille, grinçait ma mère.(…) Fais quelque chose ! Bon, bon, mais quoi ? (…) Je rêvais, c'est quelque chose, non ? ([10], p. 21)

 

C'est par les livres, et dans les livres, que j'aurai vécu. On me l'a bien reproché. A commencer par ma mère, qu'en conséquence j'ai de bonne heure renoncé à fréquenter. ([9], p. 15.)

 

J'ai consumé mon enfance (…) en lisant Dickens et Sans famille. ([19], p. 27)

 

Un jour j'ai dit à ma mère:
« Les petits ruisseaux roses
Vont faire pipi derrière les framboisiers ».
Je n'ai pas été battu mais c'est tout comme. (…) J'ai été grondé, voilà, grondé sévèrement. Cela m'a donné la plus juste idée de la poésie.
([13], p. 112)

 

Je me suis endormi longtemps, chez ma grand-mère, au son aigrelet et miraculeux des menuets essoufflés qui s'élevaient du coeur de sa boîte à musique, ce coffret familièrement mystérieux. (Notice pour [33]).

 

Pour le dessin, la lecture, l'écriture, j'étais un enfant précoce [W4].

 

Pour le vagabondage également : Jean-Claude est persuadé que sa place n'est pas chez ses parents, qu'il est une sorte d'enfant trouvé, et dès lors multiplie les fugues.

 

ce n'est pas Jean-Sébastien
qui m'apprit l'art de la fugue
 ([7], p. 64)

 

Vers douze ans, en 1951, ses fugues le mènent au Danemark, puis aux Pays-Bas; il est recueilli par la famille Prins, de Ede, où il vit un certain temps, et où il recevra un vrai soutien.

 

Je me souviens de la bibliothèque de Monsieur Prins. C'était la maison tout entière tapissée de livres (…) Ma bibliothèque est toujours là-bas, enfouie dans le sable et la bruyère mauve d'un automne interminable. ([22], pp. 119-121)

 

J'ai connu la Bourgogne en respirant les arômes d'un verre, comme si j'étais en train de naître (…) Monsieur Prins, mon vieux maître, avait débouché la bouteille de chardonnay qui scintillait doucement à la lumière des bougies. (…) « Tu sais, murmurait Monsieur Prins, nous sommes bourguignons sans le savoir. Notre duc, c'est encore et toujours Charles le Téméraire, (…) la vielle Lotharingie demeure notre royaume.» ([25], pp. 25-26)

 

Son adolescence est partagée entre la Wallonie, les Pays-Bas, la Bourgogne et Florence.

 

dans Florence la blanche
où je n'irai plus jamais
j'ai perdu mes dimanches
et mes vives années
(…)
collines mes belles années
cyprès mes tendres journées
qu'ai-je fait à mon phono vieux ?
il se tait je l'entends mieux
(Air de Florence, in [7], p. 112)

 

J'avais pas mal lu, tout ce qui me tombait sous la main, le pire et le meilleur j'imagine, pendant mon adolescence, (…)

 

Adolescent je me rêvais mort sous un mausolée de volumes imprimés. Je m'exclamais en toute innocence : « Livres, ô mes tombeaux ! » ([19], p. 26)

 

Privilège de l'adolescent : écrire dans la grâce de l'imparfait. On est seul, tout entier lové dans la solitude lumineuse et déchirante, et le malheur c'est « du bonheur si tu veux ». ([25], p. 13)

 

 


 

Lire la suite "Jean-Claude Pirotte, une bio-bibliographie par les textes" »

Jean-Claude Pirotte

 

 

« Démodé ? Je veux demeurer à jamais passionnément démodé. Ce sera ma façon d'être résolument moderne. Et je n'écris que pour voir de très loin les pluies à venir en robes longues, et m'envelopper de parfums d'herbes, de tourbe, et de musc féminin. » [W1]

 

n'ayez donc pas peur des rimes
qui n'ont jamais mordu personne
l'enfant crie l'angélus sonne
au loin le tonnerre tonne
à chaque heure suffit sa rime (in [42], p. 132)

 

 

Il s'agit de toujours réapprendre l'ignorance. C'est ce qu'enseignent Jaccottet, Dhôtel ou Perros. ([22], p. 66)

 

 

Jean-Claude Pirotte est ce qu'il est convenu d'appeler un auteur pour écrivains, en tout cas pour amoureux de la langue française. D'un classicisme militant, son œuvre est d'une originalité rare. Peu ont à ce point atténué la distinction entre poésie, roman, récit, journal et essai. Pirotte, peintre, a réussi à introduire l'aquarelle dans l'écriture. Une écriture dont les ingrédients semblent être d'éviter certains ingrédients. Peu d'évènements, pas de temps, ou plutôt un temps immobile. Peu de couleurs, mais toutes les teintes de gris. Beaucoup de pluie. Un refus des outrances. Parfois des comptines, des chansons, de lourdes fanfares, des plaisanteries grinçantes … puis un chant tout simple qui vous touche au plus profond.

 

Contribution de Benoît Moreau (cette fiche, une bibliographie commentée publiée séparément sur le site et le choix de textes pour l’anthologie permanente publiés ce mardi 22 avril 2008)

voir aussi cette bio-bibliographie longue, enrichie de multiples citations.

 

 

Jean-Claude Pirotte naît à Namur, en Belgique, le 20 octobre 1939, dans un milieu socialement conformiste mais où il peut accéder aux arts. Enfant sensible et fantasque, Jean-Claude est bien plus proche de sa grand-mère que de ses parents, en particulier d'une mère décidément peu poète. «Pour le dessin, la lecture, l'écriture, j'étais un enfant précoce» [W4]. Pour le vagabondage également : Jean-Claude est persuadé que sa place n'est pas chez ses parents, qu'il est une sorte d'enfant trouvé. Vers douze ans, en 1951, ses fugues le mènent au Danemark, puis aux Pays-Bas; il est recueilli par la famille Prins, de Ede, où il vit un certain temps et où il recevra un vrai soutien.
Son adolescence est partagée entre la Wallonie, les Pays-Bas, la Bourgogne et Florence. Il entame des études de lettres puis se tourne vers le droit à l'Université Libre de Bruxelles. Il publie un premier recueil de poèmes.
De 1964 à 1975 il est avocat au barreau de Namur et publie à nouveau deux recueils de poèmes. En 1975, Pirotte est accusé d'avoir favorisé la tentative d'évasion d'un de ses clients ; il est condamné à dix-huit mois de prison et rayé du barreau. Pirotte nie farouchement et se soustrait à l'exécution de la peine, se lançant dans une cavale de cinq ans, en France, en Catalogne et dans le Val d'Aoste, vivant de petits métiers et menant une vie vagabonde et clandestine.

« Ma condamnation ce fut une chance miraculeuse. (…) De nouveau je me trouvais dans l'obligation de conquérir et de protéger ma liberté. (…) Dans la misère et l'insécurité de la cavale, la littérature, la peinture, la musique, et la vigilante tendresse de Claire, qui de si loin m'apportait, où que je sois, sa présence furtive mais éblouissante, m'ont rendu à la vérité. À la paresse. Au vagabondage. Active, la paresse. (…) Productif, le vagabondage... » ([22], p. 75)

Années actives littérairement mais non sans angoisses. Toujours exilé, il fait exposer par sa femme 80 aquarelles à la maison de la culture de Namur. Les tableaux seront confisqués par le fisc pour récupérer les frais de justice de son procès.
Enfin, en 1981 est prononcée la péremption de sa peine. « Ce n'est pas vrai que tout recommence. On veut le croire, mais la force est perdue. On se retrouve définitivement ruiné. » [6]. Les thèmes de la cavale, des amours en déroute, de la culpabilité, de l'enfance aussi, et du manque d'amour, reviendront de manière lancinante, ainsi que les noms de nombreux personnages, dans ses romans, poèmes et chroniques, qui mêleront toujours inextricablement autobiographie et imaginaire.
De 1985 à 1989, Pirotte est chroniqueur à la RTBF (Radio et télévision belge francophone), à La Liberté du Morbihan et collaborateur à France-Culture. Il poursuit son œuvre, souvent en dialogue avec ses auteurs fétiches: André Dhôtel, Henri Thomas, Chardonne, Follain, Georges Perros, Marcel Thiry, William Cliff, Pierre Mac Orlan, Philippe Jaccottet, Georges Bernanos, Montaigne, Châteaubriand, Jammes, Rodenbach, Armand Robin, et aussi Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Rutebeuf, Villon. Pirotte, plus que tout autre a instauré dans son œuvre le culte des écrivains de son panthéon personnel. Il faudrait consacrer de nombreuses pages à la manière dont ses poèmes sont infusés, illuminés, par cette dévotion, soit de manière allusive, soit sous la forme du pastiche, soit par un hommage assorti de citations.
En juin 2004, le Centre d'Études Pluridisciplinaires Des Imaginaires du Vin – cepdivin organise le premier colloque international :  "Jean-Claude Pirotte, le Vin des rêves, avec la participation de Jean-Claude Pirotte" (sic). Voir [W2]. Jean-Claude Pirotte est à l'origine de la création du prix littéraire Cabardès, et directeur de collection des Lettres du Cabardès aux éditions Le Temps qu'il fait.
En 2008, au sommet de son art, il publie Passage des ombres, un recueil de poèmes qui offre une synthèse de sa recherche de « poète passionnément démodé et résolument moderne ».

 

 

Bibliographie
[1] Goût de cendre, G. Thone, Liège, 1963
[2] Contrée, G. Thone, Liège, 1965
[3] D'un mourant paysage, G. Thone, Liège, 1969
[4] Journal moche (essai), Luneau-Ascot, Paris, 1981 Prix anticonformiste décerné par l'hebdomadaire français Arts.
[5] La Pluie à Rethel (roman), Luneau-Ascot, Paris, 1982. .Réédité : Labor, Bruxelles, 1991 - La Table Ronde, Paris, 2002: Il pleut à Rethel .
[6] Fond de cale (roman), Le Sycomore, Paris, 1984. Réédité : Le Temps qu'il fait, Cognac, 1991.
[7] La vallée de Misère (poèmes), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1987
[8] Les Contes bleus du vin (chroniques), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1988, 1993
[9] Rue des Remberges (« chronique en errance »), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1989
[10] Un été dans la combe (roman), La Longue Vue, Paris/Bruxelles, 1986. Réédité : La Table Ronde, Paris, 1993. Prix Victor Rossel.
[11] La Légende des petits matins (roman), Manya, Le Vallois-Perret, 1990 . Réédité : La Table Ronde, Paris, 1997
[12]Sarah, feuille morte (roman), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1989
[13] L'Epreuve du jour (roman), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1991
[14]Tio Pepe (nouvelle), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1992
[15]Récits incertains (onze récits en prose et en vers), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1992
[16] Il est minuit depuis toujours (poèmes en prose), La Table Ronde, Paris, 1993
[17] Sainte-Croix du Mont, album illustré de photographies de Jean-Luc Chapin, Bordeaux, L'Escampette 1993
[18] Plis perdus (mélanges), La Table Ronde, Paris, 1994
[19] Un voyage en automne (récit), La Table Ronde, Paris, 1996
[20] Le Noël du cheval de bois (conte illustré par des dessins de l'auteur.), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1997
[21] Faubourg (poèmes), Le Temps qu'il fait, Cognac, 1997
[22] Cavale (roman), La Table Ronde, Paris, 1997.
[23] Boléro (roman), La Table Ronde, Paris, 1998.
[24] Mont Afrique (roman), Le Cherche midi, Paris, 1999. Réédité : Gallimard, Paris, collection Folio, 2001.
[25] Autres arpents (chroniques), La Table Ronde, Paris, 2000.
[26] Enjoués monostiches, avec des linogravures de J. M. Queneau, La Goulotte, Vézelay, 2000.
[27] Les contes noirs du vin, (contes et légendes), La Table Ronde, Paris, 2000.
[28] Ange Vincent (roman), La Table Ronde, Paris, 2001.
[29] Les chiens du vent, poèmes de P. Silvain, encres et pastels originaux de J-C. Pirotte, Cadex Editions, 2002.
[30]Bourgogne, Franche-Comté, texte de Jean-Claude Pirotte, photographies de Stuart Franklin, National Geographic, Paris, 2002.
[31] Un rêve en Lotharingie (récit), National Geographic Society, Paris, 2002.
[32] Dame et dentiste (poème), Inventaire/Invention, Paris, 2003.
[33] La boîte à musique (poèmes), La Table ronde, Paris, 2004.
[34] Chemin de croix (textes de Sylvie Doizelet, 15 encres aquarellées de Jean-Claude Pirotte) La Table Ronde, Paris, 2004.
[35] Fougerolles (poèmes), Virgile - Daniel Legrand, Fontaine-lès-Dijon, 2004
[36] Une adolescence en Gueldre (roman), La Table Ronde, Paris, 2005. Prix des Deux Magots et le Prix Marcel Aymé, décerné par l'Association du livre et des auteurs comtois (ALAC).
[37] Un bruit ordinaire (roman-poème), suivi de blues de la racaille (poèmes), La Table Ronde, Paris, 2006.
[38] Expédition nocturne autour de ma cave (récit), Paris, Collection "Ecrivins", Editions Stock, 2006.
[39] Absent de Bagdad (roman), La Table Ronde, Paris, 2007.
[40] Hollande (poèmes et peintures), Paris, Le Cherche Midi, 2007, 65 p.
[41] avoir été (poème), Le Taillis Pré, Châtelineau, 2008
[42] Passage des ombres (poèmes), La Table Ronde, Paris, 2008

 

 

Le web est riche au sujet de Jean-Claude Pirotte, et l'on est tout de suite frappé par la reconnaissance unanime de sa maîtrise impeccable de la langue française. Retenons particulièrement les liens suivants:

 

[W1] Élargissement du fugitif, par Jean-Baptiste Monat, Sitarmag oct. 2005,
[W2] cepdivin.org, juin 2004. Annonce du colloque "Jean-Claude Pirotte, Le vin des rêves"
[W3] Marincazaou News, Le jardin marin,
[W4] Jean-Claude Pirotte, par les Editions Le temps qu'il fait ;
[W5] Lekti-écriture, espace de l'édition indépendante,
[W6] Jean-Claude Pirotte - La cavale, c'est l'audace des timides, sur le site de cepdivin.org
[W7] Le Printemps des poètes :
[W8]
[W9] Pirotte absent de Bagdad mais résolument présent au monde. Par Jacques Josse, 10 février 2007, sur remue.net
[W10] wikipedia
[W11] On peut faire connaissance avec la peinture de Pirotte
[W12] JC Pirotte: le poids du réel et l'empreinte du rêve
[W13] Inventaire-invention,
[W14] Une note sur le recueil Hollande, sur Poezibao

voir aussi une bio-bibliographie longue, enrichie de multiples citations, composée par Benoît  Moreau

 

 

jeudi 17 avril 2008

W. B.Yeats

 

 

William Butler Yeats est né dans le comté de Dublin le 13 juin 1865. Quand il est encore enfant, son père, John Butler Yeats déménage à Londres pour la poursuite de sa carrière de peintre ; la famille retournera en Irlande dans les années 1880. Yeats termine ses études à Dublin en 1883, fréquentant les écrivains et peintres irlandais qu’il rencontre dans l’atelier de son père. Il achève ses étude à la Metropolitan School of Art (1884-1886), et il publie ses premiers poèmes, influencé par Shelley, en même temps qu’un essai sur Samuel Ferguson.
Il rencontre en 1889 Maud Gonne, héritière et militante du mouvement nationaliste irlandais. Elle refusera à plusieurs reprises d’épouser Yeats, choisissant en 1903 un nationaliste catholique. Avec d’autres écrivains irlandais, dont Sean O’Casey, Synge, Padraic Colum, Edward Martyn, et avec Lady Gregory, il fonde un mouvement, l’Irish Literary Revival, qui crée en 1904 l’Abbey Theatre à Dublin. Yeats restera attaché à ce théâtre jusqu’à sa mort. Son œuvre s’inspire largement des luttes nationalistes et met en scène les héros irlandais. Il participe d’ailleurs à la vie politique de l’Irlande, indépendante en 1921, au Sénat de 1922 à 1928. Il s’installe dans le Sud-Est de la France à partir de 1930 et y meurt le 28 janvier 1939.
Yeats a reçu le prix Nobel en 1923.

 

 

Bibliographie en français
L'oeuf de héron, trad. par Roger Giroux, couverture de Max Ernst, éditions premières, 1950.
Autobiographies. 1, Enfance et jeunesse resongées, trad. par Pierre Leyris, Mercure de France, 1965.
Le frémissement du voile,  préf. et trad. de Pierre Leyris, Mercure de France, 1970.
Explorations, textes choisis par Mrs. W.B. Yeats ; traduction du Centre de littérature, linguistique et civilisation des pays de langue anglaise de l'Université de Caen, sous la direction de Jacqueline Genet, Presses universitaires de Lille, 1981.
Le Crépuscule celtique, traduction du Centre de littérature, linguistique et civilisation des pays de langue anglaise de l'Université de Caen, sous la direction de Jacqueline Genet, Presses universitaires de Lille, 1982
Les Histoires de la rose secrète, traduction du Centre de littérature, linguistique et civilisation des pays de langue anglaise de l'Université de Caen sous la direction de Jacqueline Genet, Presses universitaires de Lille, 1984.
La Taille d'une agate et autres essais, trad. sous la dir. de Jacqueline Genet, Klincksieck, 1984.
Essais et introductions, trad. du Centre de littérature, linguistique et civilisation des pays de langue anglaise de l'Université de Caen ; sous la dir. de Jacqueline Genet, Presses universitaires de Lille, 1985.
Cinquante et un poèmes, trad. et notes par Jean Briat, William Blake and Co., 1989.
Quarante-cinq poèmes,
suivi de La Résurrection, trad. de l'anglais, avec introd. et notes par Yves Bonnefoy, Hermann, 1989.
Prose inédite. 1, Mythe, folklore, religion et occultisme,  comptes rendus et articles rassemblés et publiés par John P. Frayne et Colton Johnson ; trad. sous la dir. de Jacqueline Genet et Élisabeth Hellegouarc'h, Centre de publications de l'Université de Caen, 1989.
Prose inédite. 2, Vie publique et nationalisme, comptes rendus et articles rassemblés et publiés par John P. Frayne et Colton Johnson ; trad. sous la dir. de Jacqueline Genet et Élisabeth Hellegouarc'h, Centre de publications de l'Université de Caen, 1990.
Prose inédite. 3, Critique littéraire et artistique,  comptes rendus et articles rassemblés et publiés par John P. Frayne et Colton Johnson ; trad. sous la dir. de Jacqueline Genet et Élisabeth Hellegouarc'h, Centre de publications de l'Université de Caen, 1990.
Byzance et autres poèmes,  trad. de l'anglais par Fouad El-Etr, dessins d'Olivier O. Olivier, la Délirante, 1990.
Enfance et jeunesse resongées, trad. de Pierre Leyris, Mercure de France, 1990.
Prose inédite. 4, Critique théâtrale, glossaire, comptes rendus et articles rassemblés et publiés par John P. Frayne et Colton Johnson ; trad. sous la dir. de Jacqueline Genet et Élisabeth Hellegouarc'h, Centre de publications de l'Université de Caen, 1991.
Les Cygnes sauvages à Coole, trad. de l'anglais par Jean-Yves Masson, Verdier, 1991.
Trois Nôs irlandais, trad. par Pierre Leyris ; précédé de Yeats et le Nô, préface par Kathleen Raine, J. Corti, 1994.
Michel Robartes et la danseuse, suivi de Le Don de Haroun Al-Rachid, trad. de Jean-Yves Masson, Verdier, 1994.
Derniers poèmes, présenté, annoté et trad. de l'anglais par Jean-Yves Masson, Verdier, 1994.
Quarante-cinq poèmes, suivi de La Résurrection, trad. de l'anglais, avec introd. et notes par Yves Bonnefoy, Poésie/Gallimard, 1995.
La rose secrète, suivi de Les histoires de Hanrahan le Roux et de Rosa alchemica ; Les tables de la loi ; L'adoration des mages , trad. de l'anglais par Pierre Leyris, J. Corti, 1995
La Comtesse Cathleen ; La terre du Désir du Coeur ; Cathleen Ni Houlihan...,  sept pièces, trad. de Jacqueline Genet, l'Arche, 1997.
Au puits de l'épervier, suivi de Le songe des squelettes, trad. par François Xavier Jaujard, dessins d'Olivier O. Olivier, la Délirante, 2002.
La tour, présenté, annoté et trad. de l'anglais par Jean-Yves Masson, Verdier, 2002.
Responsabilités, précédé de La vieillesse de la reine Maeve ; Baile et Aillin ; Dans les sept bois ; Les ombres sur la mer ; Le heaume vert et autres poèmes, trad. de l'anglais et présenté par Jacqueline Genet, Verdier, 2003.

Les errances d'Oisin, suivi de La croisée des chemins ; La rose ; Le vent dans les roseaux, trad. de l'anglais par Jacqueline Genet, François Xavier Jaujard et Jean-Yves Masson ; préf. de Jacqueline Genet ; notes de Jacqueline Genet et Jean-Yves Masson, Verdier, 2003.
L’escalier en spirale et autres poèmes
, présenté, annoté et traduit par Jean-Yves Masson, Verdier, 2008.

 

A noter :
Un cahier de l’Herne a été consacré à Yeats, sous la direction de Jacqueline Genet qui a aussi écrit William Butler Yeats : biographie, éditions Aden, 2003

 

 

Un bel ensemble sur le site des éditions Verdier
Sur le site de la librairie Compagnie, avec une très belle bibliographie
un article sur le théâtre de Yeats par Anthony Dufraisse
Une biographie détaillée, en anglais, avec de nombreuses et très belles photographies

 

contribution Tristan Hordé

 

 

mardi 15 avril 2008

Pierre Silvain

 

 

Pierre Silvain est né en 1927 au Maroc. Il fait ses études secondaires à Casablanca, puis suit les cours de l’école des Beaux-Arts de Rabat avant d’entreprendre des études de droit. Il entre ensuite dans l’administration des Finances. Avant l’indépendance du Maroc (1956), il est nommé en Allemagne, puis à Paris. Parallèlement, à partir de 1960, il publie des romans, des essais, des poèmes. Grand voyageur, il a parcouru la Chine, le Japon, l’Europe Centrale, la Russie (quand on l’appelait l’URSS), les États-Unis, etc.

 

Bibliographie
La Part de l’ombre, roman, Plon, 1960
La Chair et l’ombre, roman, Plon, 1963
L’Air et la chanson, roman, Plon, 1964
La Dame d’Elche, roman, Mercure de France, 1965
La Fenêtre, roman, Mercure de France, 1966
Zacharie Blue, roman, Mercure de France, 1968. 
La Promenade en barque, roman, Mercure de France, 1969
Les Eoliennes, roman, Mercure de France, 1971
Mélodrame, théâtre, Gallimard, 1971
Le Grand Théâtre, roman, Mercure de France, 1973
Les Espaces brûlés, récit, Mercure de France, 1977
Une douleur d’amour, roman, Fayard, 1983
Le Regard du serpent, roman, Mazarine, 1985
L’Empire fortuné, roman, Manya, 1985
Le Guetteur invisible, récit, avec des photographies de P. Schwartz, Noésis, 1990
Les Chemins de la terre, proses, Rougerie, 1992
Détours, proses, Rougerie, 1994
La Gloire éphémère de Joao Matos, roman, Julliard, 1995
Dans la nuit de Médée, roman, Hors Commerce, 1998
Petites proses voyageuses, avec des illustrations de Colette Deblé, Cadex, 1998
Le Brasier, le fleuve, essai [Büchner], « L’un et l’autre », Gallimard, 2000
Les Chiens du vent, poésie, sur des encres de Jean-Claude Pirotte, Cadex, 2002
Le Côté de Balbec, essai [Proust], L’Escampette, 2005
Le Jardin des retours, essai [Loti],Verdier, 2002
Passage de la morte, essai [Jouve], L’Escampette, 2007
Julien Letrouvé, colporteur, récit, Verdier, 2007

 

Contribution de Tristan Hordé

 

 

sur le site des éditions Verdier (biographie) et toujours sur le site de l’éditeur la fiche de Julien Letrouvé, colporteur
"Nul ne sait d’où vient il vient, Julien Letrouvé, et nul ne sait non plus où il va. Colporteur de livres, il cherche peut-être la femme qui saura les lui lire"... Pierre Silvain lit la fin de Julien Letrouvé, colporteur
Una rticle de Jacques Josse sur remue.net à propose de Le Côté de Balbec et une autre sur Julien Letrouvé, colporteur
Dans Poezibao, note de lecture par Tristan Hordé de Julien Letrouvé, colporteur

 

 

jeudi 10 avril 2008

Denis Roche

 

 

Écrivain, poète et photographe, Denis Roche est né à Paris le 21 novembre1937.
Après avoir été directeur littéraire aux éditions Tchou, il participe au comité directeur de la revue Tel Quel et c'est dans la collection Tel Quel qu'il publiera ses quatre premiers livres. En 1971, il entre aux éditions du Seuil. Membre du comité éditorial, il y dirige, notamment, les collections de littérature contemporaine "Fiction & Cie" et "Les Contemporains".

 

 

bibliographie
Forestière Amazonide, Seuil, 1962
Récits complets, Tel Quel, 1963
Les Idées centésimales de Miss Elanize, Tel Quel, 1964
Éros énergumène, Tel Quel, 1968
Carnac, ou les mésaventures de la narration, Tchou 1969
La liberté ou la mort, réfléchissez et choisissez, Tchou, 1969
Le Mécrit, Tel Quel, 1972
Trois Pourrissements poétiques, l'Herne, 1972
Louve basse, Tel Quel,1972
Notre antéfixe, Flammarion, 1978
Antéfixe de Françoise Peyrot, Orange Export, 1978
A quoi sert le lynx ? A rien, comme Mozart, Muro Torto, 1980
Dépôts de savoir & de technique, "Fiction & Cie", Seuil, 1980
Légendes de Denis Roche, Gris banal éditeur, 1981
Essais de littérature arrêtée, Ecbolade, 1981
La disparition des lucioles, L'Étoile, 1982
Douze photographies publiées comme du texte, Orange Export Ltd, 1984
Conversations avec le temps, Le Castor Astral, 1985
A Varèse, Fiction & Cie, 1986
Écrits momentanés chroniques photo du magazine City 1984-87, Paris Audiovisuel, 1988
Photolalies, Argraphie, 1988
Prose au devant d'une femme, Fourbis, 1988
Lettre ouverte à quelques amis et à un certain nombre de jean-foutres, Fourbis, 1988
L'Hexaméron (en collaboration), "Fiction & Cie", Seuil, 1990
Ellipse et laps, Maeght, 1991
Dans la Maison du Sphinx, "La Librairie du XXIe siècle", Seuil, 1992
La Poésie est inadmissible, "Fiction & Cie", Seuil, 1995
L'embarquement pour Mercure, Le Point du Jour, 1996
Le Boîtier de mélancolie, Hazan, 1999
La Photographie est interminable, "Fiction & Cie", Seuil, 2007

 

Sur Denis Roche, photographe & écrivain
Un entretien de Denis Roche avec Stéphane Baquey dans la revue en ligne Prétexte
Un intéressant article dans l’Humanité (1999)
Dans un article de Jean-Michel Maulpoix
Un article de Pascal Boulanger