Syndications pour Poezibao

mardi 15 avril 2008

Boudoir & autres

 

 

Boudoir3 À l’enseigne des éditions Ragage, la revue Boudoir & autres mérite tout d’abord la mention « très honorable » pour la qualité de sa présentation. Mais ce « bel objet » s’accompagne d’un projet éditorial tout aussi exigeant, même si Mathieu Nuss, son pilote attitré, le formule de manière assez laconique : ne nous trompons pas, il faut à travers Boudoir & autres voir et lire ce que l’on doit y voir et y lire, c’est-à-dire une revue de poésie. « Place à la poésie », cela pourrait constituer l’unique mot d’ordre de Boudoir, qui consacre la totalité de ses pages – 132 pour ce numéro – à des chantiers poétiques, en cours ou autres. Une manière somme toute respectable de valoriser le travail d’écriture de quelques auteurs singuliers – ils ne sont ici que sept – dont l’œuvre se trouve plus qu’amorcée. On regrettera que ces auteurs ne soient pas présentés, mais ne boudons pas ce boudoir riche de créations poétiques bénéficiant d’un large espace d’expression. On y lira en avant-première des extraits de Pré-journal, ouvrage de Philippe Beck à paraître chez Flammarion en 2008. Un bond en Corée nous fait découvrir le poète Ki Hyong-do : Sur l’eau passent des phrases illisibles. / Moi non plus je ne donne pas signe de présence humaine. Les béements de Christian Hubin interrogent le langage humain : gargarismes, glossolalies. En toute exténuation : l’inflatoire, le branle de zombies. » Vient Bruno Fern, que j’ai eu le plaisir d’accueillir dans ma collection Vents Contraires (111 points de contrôle, VOIX éditions, 2007). Ses extraits de Jours confirment la singularité d’une écriture fragmentée : l’issue paraît inévitable mais bon / en attendant les mots couvrent le ressac la tension artérielle / alimentent même le silence / est bombé. » On découvrira encore de larges extraits du journal de Gérard Pesson, musicien de son état. Et c’est Jean-René Lassalle, poète par trop discret et excellent traducteur de poètes allemands, qui ferme le boudoir. Mais il suffit de pousser la porte…

 

Contribution d'Alain Helissen

 

Boudoir & autres, N°3 ; 90 av. Charles de Gaulle 92200 Neuilly
site

 

 

mercredi 09 avril 2008

La revue LGO, n° 2

 

 

Couvlgo2 Malgré un lectorat qui diminue comme peau de chagrin quand il ne se rabat pas sur la poésie en ligne, d’un accès moins coûteux, de nouvelles revues-papier apparaissent toujours – tandis que d’autres, il est vrai, disparaissent –, affichant même un certain luxe de présentation. C’est le cas de Lgo, publiée par les éditions Le Grand Os. Joli format carré, reliure spirale, quelques dessins couleurs, la nouvelle venue a belle allure. Son sommaire n’est pas en reste. Il faut remarquer, tout d’abord, que Lgo n’a rien de ces périodiques qui ressemblent davantage à une anthologie qu’à une revue, en accumulant à la suite une ribambelle d’auteurs, chacun bénéficiant d’un espace limité. Ici, ils ne sont que cinq à se partager les 80 pages de texte de ce second opus. On n’y trouvera aucun nom inconnu mais le choix des contributeurs révèle une réelle exigence de qualité littéraire. D’emblée, surprise de découvrir l’étonnant Jean Monod, à la personnalité multiple – ethnologue, cinéaste, acteur, éditeur de poésie expérimentale, « aventurier des signes », « chercheur au laboratoire de la vie quotidienne ». On pourra lire ici des textes inédits et des travaux graphiques s’y rapportant. Découvrir à la suite, le poète italien Andrea D’Urso, qu’on a pu lire déjà dans une quinzaine de revues françaises. Puis un petit hommage à Alain Degange, retrouvé mort chez lui en mars 2003, la tête fracassée. Cosima Weiter, membre du collectif BOXON, publie 2 textes : Limbes suivi de Se taire. On la retrouve aussi sur le CD joint à ce numéro et qui donne à entendre quelques unes de ses lectures publiques ainsi que des entretiens. Pour clore cette deuxième livraison, Lgo ouvre une trentaine de pages à Onuma Nemon, auteur d’une œuvre d’envergure dont l’intitulé général, la cosmologie, recouvre cinq continents. Les éditions Verticales ont publié, en 2004, Quartiers de ON ! épais volume proposant une traversée de ces cinq continents. On lira ici le premier chapitre de Maison Lulu, ouvrage à paraître en 2009 chez Verticales ainsi que Présentation de CON (Cosmologie Onuma Nemon), visible également sur le site Publie.net Bonne route à Lgo.

 

Contribution Alain Helissen

 

 

Lgo n°2 ; c/o éd. Le Grand Os, 7 rue Charles Baudelaire 31200 Toulouse.

 

mardi 01 avril 2008

La revue Inculte : dossier spécial poésie contemporaine

 

 

Inculte_15_2 Inculte n’est pas une revue de poésie, mais honore son intitulé, « revue littéraire et philosophique » en se posant en son numéro 15 la question de la poésie contemporaine et de la lecture de la poésie contemporaine. Selon une approche très intelligente et dont on va voir qu’elle est étonnamment féconde : proposer à des auteurs contemporains non familiers de l’univers de la poésie de lire un titre de poésie contemporaine[1]
Le paradoxe, très productif, est que cette lecture est à la fois naïve et informée. Neuve plutôt que naïve, chaque écrivain abordant sans a priori sa lecture et faisant souvent part des difficultés rencontrées, de la déstabilisation de ses habitudes de lecture mais aussi recevant de plein fouet la force, la beauté des textes, leur nouveauté (intrinsèque mais aussi nouveauté pour lui, lecteur non régulier de poésie)
Informée puisque le fait d’écrivains, qui ont leur pratique et leurs idées sur la création littéraire, qui vivent de l’intérieur le processus créatif dans leur propre travail et l’on sait à quel point cette position-là est souvent déterminante pour la façon dont on lit.
Impossible ici de détailler chacune des huit rencontres. Je propose de suivre par exemple Arno Bertina lisant Basse Continue de Jean-Christophe Bailly et faisant part, honnêtement, de ses difficultés et bonheurs de lecture. Je cite Bertina citant Bailly : « l’araignée quand elle n’est pas au centre de sa toile, est reliée à elle par un fil d’alerte – D’où cette incroyable conclusion "le fil d’alerte de l’homme, c’est le langage" ». Dans cette contribution, Bertina ressasse : « Bailly m’apprend », « Bailly m’apprend » et que lui apprend Bailly ? « À ne pas avoir peur » ou « la souplesse, l’art du décentrement, du débordement ».
Où l’on constate que la poésie peut être lieu d’apprentissage pour les écrivains mêmes qui ne la pratiquent pas.
Suit une contribution de Joy Sorman sur Bernard Heidsieck, véritable petit roman de sa découverte de Le Carrefour de la Chaussée d’Antin, avec ses aléas de lecture, ses emballements, ses questions. On se voit (ou se revoit) aux prises avec ces livres de poésie qui résistent (et dieu sait !).
Voici encore Oliver Rohe sur Jean Louis Giovannoni (L’Élection). Il y est question d’une lecture qui « guérit le lecteur de cette maladie du recouvrement d’un texte par le sens. Que veut me dire ce texte ? Que me dit l’auteur ? Quelle est la signification de ces phrases. Voilà le genre de plis que le livre nous force à suspendre au profit d’une expérience nouvelle, autre, de la lecture » (49)
Très intéressante contribution aussi de Maylis de Kerangal à propos d’ Outrance Utterance de Dominique Fourcade.
Je note chez tous ces auteurs qui sont (ou se disent) peu familiers de la poésie contemporaine une belle pertinence dans l’analyse comme si d’aborder ces livres d’un œil neuf, de considérer des écritures qui travaillent différemment de la leur, leur permettaient de détecter bien des choses. Avec cette sensibilité particulière de ceux qui écrivent donc qui savent (un peu) mais qui ne sont pas accoutumés au langage poétique et en découvrent les ressources, la force.

 

 

Inculte, revue littéraire et philosophique bimestrielle, 8,50 €, abonnement (tous les deux mois, 160 p. une affiche détachable, un an, 5 numéros, 40 €. Dans chaque numéro, un large panorama sur la littérature, la philosophie et la pensée contemporaine à travers un long entretien, des interventions et fictions d’écrivains et un dossier complet. Site

 

 


[1] Arno Bertina, Basse continue de JC Bailly ; Joy Sorman, Sur le Carrefour de la Chaussée d’Antin de B. Heidsieck ; Camille de Toledo, Définitif Bob de A. Portugal ; Oliver Rohe, Sur l’élection de JL Giovannoni ; Hélène Gaudy, Modèle habitacle de P. Parlant ; François Bégaudeau, Les Elégies d’E. Hocquard ; Maylis de Kerangal, Outrance Utterance de D. Fourcade ; Mathieu Larnaudie, Le Signe = de C. Tarkos.

samedi 05 janvier 2008

La revue Passage d'encres, n° 29

Couverture_scenes_75 Passage d’encres entre en « scènes » en consacrant sa 29ème livraison au théâtre. Que cherche-t-on au théâtre ? s’interrogent Marion et Yves Boudier, coordinateurs de ce dossier qui propose surtout des réflexions de praticiens et de chercheurs, en laissant peu de place à l’écriture théâtrale proprement dite. On retiendra, parmi d’autres, l’intervention de Guillermo Pisani, insistant sur les « matériaux du théâtre » ainsi que l’entretien avec Noëlle Renaude, auteur d’une quinzaine de pièces. Elle remet en question l’idée préconçue selon laquelle c’est le dialogue qui fonderait le théâtre. Elle évoque encore ses réserves quant à l’intrusion de poètes sur scène et de leurs « performances » plutôt douteuses même si elle reconnaît, pour certains, comme Charles Pennequin, une mise en voix redonnant au texte une énergie qui n’apparaît pas à sa seule lecture sur la page. Patrick Suter affirme la nécessité d’une nouvelle poétique président à l’écriture théâtrale fondée désormais non plus sur la logique de l’action mais sur une logique que j’appelle « chorale » donnant naissance à des entrelacs de voix organisés selon un principe musical. À relever encore, le très beau texte « à mettre en bouche » de Barbara M. Chastanier : Moi, dans mes bottes. Si cette jeune étudiante en théâtre n’a pas écrit sa première pièce à douze ans, le monologue déchirant d’une carotte défigurée par un chien devenu végétarien, ni publié « les quelques textes qui traînent sur son bureau », gageons que son talent ne devrait pas tarder à l’extraire de cette présente discrétion. Passage d’encres, comme à l’accoutumée, invite un artiste. Il s’agit cette fois de Luc-François Granier. Il n’est pas seulement peintre mais également écrivain, notamment pour le théâtre. On a pu lire récemment Je suis un bonobo (conférence avec projection) et Lovni, BD, tous deux publiés chez Passage d’encres. On découvrira ici d’excellentes reproductions de ses œuvres peintes, dont plusieurs en couleurs. Je ne saurai trop insister sur la nécessité de soutenir Passage d’encres, revue d’une exceptionnelle qualité dont l’activisme, au bout du 29ème numéro, ne se dément nullement. Bonne année 2008.

Passage d’encres, N°29 ; site de la revue

une contribution d'Alain Helissen

mardi 04 décembre 2007

Revues de poésie en danger (suite) : un appel de N4728

Poezibao a reçu cet appel de N4728, l’excellente revue de poésie d’Angers (qui compte notamment parmi ses animateurs Antoine Émaz). Les nouvelles conditions d’attribution de subvention aux revues posées par le CNL (un minimum de 250 exemplaires de diffusion payée) risquent de mettre son existence en jeu.

La lettre de N4728 :
Chers amis lecteurs, poètes, collaborateurs, anciens, actuels, futurs abonnés à N4728, revue de poésie
Il n’y a plus guère de place, aujourd’hui, en France, pour la création désintéressée.
Il y a encore moins de place pour la création en poésie contemporaine, abandonnée des médias. Aujourd’hui, petits et moyens éditeurs et rédacteurs de revues de poésie, courageux et talentueux pourtant, se maintiennent très difficilement et, de plus en plus, hélas, mettent la clé sous la porte ; dernier en date : Le Nouveau Recueil, chez Champ Vallon, animé par Jean-Michel Maulpoix.
À N4728, nous avons commencé avec 30 abonnés en 2001, progressé d’année en année pour, en 2007, atteindre 130 abonnés ; la courbe (mathématiciens à vos calculettes !) indique une prévision de 150 abonnés en 2008. Mais il en faut 250 ! Soit un déficit de 100 pour être subventionnés par le CNL (1000 € cette année, soit 1,7 € par exemplaire). Bon an mal an, nous vendons jusqu’à 50 exemplaires (librairies amies, séances des Dits de la poésie, commandes…) Il en manque encore au moins cinquante…
Et si nous perdons la subvention du CNL ? D’abord, nous perdons un soutien moral… nos lecteurs ne seront pas insensibles à cette considération. Nous devenons surtout fortement déficitaires. Et le Chant des Mots, direz-vous ? L’association, fondée en 1998, a prioritairement pour but de proposer une saison littéraire de lectures publiques en Anjou et, elle-même, peu subventionnée, ne peut nous renflouer à cette hauteur. Il n’y a d’ailleurs que des bénévoles à l’association, de même, la revue est entièrement faite de manière bénévole (hormis son impression).
Nous avons donc absolument besoin de nos abonnés car nous voulons continuer !
Plus précisément, nous avons besoin d’au moins cent abonnés de plus. Où donc aller les chercher ?

 

Voici quelques pistes, auxquelles vous avez sûrement pensé comme nous :
1. Se réabonner ou s’abonner pour 2008, ce mois-ci ou en janvier (avant communication de nos chiffres),
2. Offrir un abonnement à un ami, un proche, en famille (le temps des cadeaux de fin d’année approche),
3. S’abonner à 2 exemplaires ou plus dont un qu’on offre, comme une bouteille ou des fleurs, à ses hôtes,
4. En parler avec conviction autour de soi et faire de nouveaux abonnés,
5. Répercuter cet appel à ses propres réseaux de relations (professionnelles, associatives, amicales…),
6. Promouvoir la revue aux manifestations littéraires, artistiques auxquelles on participe (ex. sur demande),
7. Se procurer la revue, amis poètes, qui lui adressez des textes pour publication (c’est déjà souvent le cas)

 

Il faut sauver les revues de poésie, l’un des lieux possibles de la création contemporaine…
Merci de soumettre toute autre idée de promotion à la revue qui, à son tour, les répercutera.
Pour l’équipe de N4728, Paul Badin.

 

N4728, revue de poésie (semestrielle)
est née, en septembre 2001, des rencontres de poésie, les Dits de la poésie, organisées à Angers (lat. 47° 28’ Nord) par Le Chant des Mots, depuis 1992.
Parvenue au n°13 (200 poètes et graphistes déjà publiés), N4728, soutenue par le Centre National du Livre, est grandement appréciée par ses lecteurs et auteurs.
Pour vivre, les revues, surtout les revues de poésie, ont besoin du plus large soutien possible…

 

Abonnez-vous aux deux n° de l’année 2008 (n°13, janvier ; n°14, juin), 20€, port compris ; étudiants, chômeurs : 10€ ; vente au n° : 10 € (+ port : France 1,50€ ; autres pays 3€) – tarifs inchangés - et, pour nous aider, faîtes des abonnés autour de vous. Merci.


NOM, prénom :
Adresse :

Tél, courriel :
Date, signature

Joindre le chèque de 20 €, à l’ordre du Chant des Mots, et l’adresser à Paul Badin, directeur de la publication, 6 Quai de Port-Boulet, F 49080-Bouchemaine.

PS. Compléter votre collection : n° 1-5 : 5€ (n° 3 épuisé), n°6-12 : 10€, franco de port pour les abonnés.

dimanche 11 novembre 2007

Un bel exemple de revue en ligne, Fili d'Aquilone (en italien)

A l'heure où il est beaucoup question du passage à Internet de nombreuses revues littéraires, parmi les plus importantes parce qu'elles n'arrivent plus à faire face au poids matériel de l'impression et plus encore des frais de routage de leurs différentes livraisons, je signale aux italianisants la belle revue en ligne animée par Viviane Ciampi et j'invite tout particulièrement à parcourir le sommaire du numéro 8, exemplaire d'une ouverture sur l'Europe. De quoi regretter amèrement de ne pas lire couramment l'italien !

Je le signale aussi pour tous ceux qui réfléchissent à la question de la forme et du contenu d'une revue en ligne.
FT

lundi 05 novembre 2007

Diérèse, n° 38

Dirse_copie C’est le poème qui fait ce que font les mots, pas les mots qui font le poème, prévient Henri Meschonnic dans l’éditorial que lui a confié Daniel Martinez sans pour autant, loin s’en faut, abandonner les rênes de sa revue, riche comme à l’accoutumée d’innombrables stations poétiques. En conservant une même structure composée d’un parcours parmi les poésies du monde, puis de 3 cahiers donnant à lire des poètes français, suivis de libres propos, notes de lectures et de récits, Diérèse installe chaque trimestre son « manège enchanté », prouvant, s’il en était besoin, que l’activité poétique bat son plein. Stop. Retour sur Dieter M. Gräf, poète allemand aux vers brefs et incisifs. Henri Meschonnic réapparaît sous sa casquette de praticien pour transformer le silence qui nous sépare. Un même désir de rencontre anime la poésie de Richard Rognet, devenu, qui s’en plaindrait, un habitué de Diérèse, comme du reste Pierre Dhainaut. Citons encore d’autres poètes dont la notoriété n’est plus à établir : Antoine Emaz, Bernard Noël, Jeanpyer Poëls, Françoise Hàn, Pierre Maubé… Plus loin, Gaspard Hons tient chronique à propos de la correspondance qu’entretinrent René Char et Albert Camus (publiée récemment chez Gallimard). Avant de vous connaître, je me passais de la poésie, confia Camus à Char en 1956. Diérèse trente-huitième active encore bien d’autres feux dans ses 248 pages illustrées ça et là par cinq graphistes. Mais je vous passe le relais. Vous connaissez le chemin.

©Alain Helissen

 

Diérèse,  n°38 ; c/o Daniel Martinez, 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière

dimanche 04 novembre 2007

Traction-Brabant

Tb71 Traction-Brabant (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice Maltaverne (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice Vigues (illustrations).


Traction-Brabant existe aussi et surtout sous sa version papier à une centaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

Traction-Brabant n'est pas une association, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, Traction-Brabant est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs parus dans Traction-Brabant sont environ cent dix à l'heure actuelle.
courriel
site


« La poésie est en train de sécher sur pied, comme une pute assise sur le dernier tabouret, un lundi soir. »
Charles Bukowski

C’est l’histoire d’un type dégarni sur le haut du crâne, un type qui dirige une société d’imprimerie, un type qui collectionne les premières éditions des poètes américains – Whitman, Melville, Fitzgerald.. - un type qui n’est pas éditeur pour deux sous. Son nom : John Martin. Et John Martin cherche.
C’est l’histoire d’une revue à diffusion confidentielle, « The Outsider », dirigée par un certain John Webb, 3 ans de taules au compteur, tombé pour le braquage d’une joaillerie.

C’est l’histoire d’un type avec une gueule ravagée par l’acné, un gros bide, un postier qui trie des lettres 12 heures par nuit, qui se couche, et puis qui se lève 8 heures plus loin avec le soleil de Californie du Sud qui filtre à travers les rideaux de Californie du Sud, descend une bière, et cogne comme un sourd sur les touches de sa machine à écrire. Son nom : Charles Bukowski. Aux yeux des revues littéraires pour vieux cons ou jeunes branchés – ce qui revient à peu près au même - et à large diffusion, c’est un zéro. Quelque chose de gras qui te poisse entre les doigts. Comme de la merde ? C’est ça. Exactement ça.
Par quelle opération du Saint Esprit, j’en sais rien, mais Bukowski va écrire à John Webb, lequel va lui consacrer 6 pages dans le numéro 2 de « The Outsider » Le numéro 3 du printemps 63 le verra en couverture et lui sera presque entièrement consacré. John Martin va le tenir entre ses mains ce numéro 3 de « The Outsider » Et John Martin va enfin trouver ce qu’il cherchait. Et John Martin va vendre son imprimerie, fonder la boite d’édition Black Sparrow, et publier Charles Bukowski.
Une bière, s’il vous plait.

« CHIFFONS ! BOUTEILLES ! SACS ! »

Et tandis que les journalistes parisiens en sont toujours à se gratter le moignon pour essayer de comprendre pourquoi les auteurs américains écrivent de si grands livres et les auteurs français… Attends, tu me fatigues, je t’arrête tout de suite. Tu connais René Bourdet ? Il a écrit cette chose :

Un orage dévore tes cheveux
Où tes pas te portent
Ne puis passer
Il est tard pour moi
Un train fantôme t’emporte
Et le pas feutré des juments
Fatiguées me poursuit

Ou encore ce Rick Hunter :

postérieur spécial
sorte de cœur dans la fente
menstrues sous jeans blanc

Tout ça, et beaucoup plus – Il faut lire la « Nékro » déjantée de GG Allin, le dernier vrai punk, par Regis Belloeil – Tout ça, et beaucoup plus, je disais, c’est dans le Traction Brabant n°20, le numéro d’Octobre, le zine poétique de Patrice Maltaverne.
The Outsider  coûtait à l’époque 3 dollars.
Traction Brabant coûte 2 euros.

 

« La littérature française est en train de sécher sur pied, comme une pute assise sur le dernier tabouret, un lundi soir. »

 

©Sébastien Ayreault

samedi 03 novembre 2007

Le Titan, gazette de la Maison de la Poésie de Nantes, numéro 7 en ligne

La gazette Le Titan, Maison de la poésie de Nantes
septième édition, est en ligne

Le Titan contient des notes de lectures, des poèmes, des chroniques, des conseils, des articles, des entretiens, des paroles, des pensées, des titâneries, des rumeurs et divers mouvements d'humeur, le tout collecté par le gazetier en chef, Jean-Pascal Dubost, et au gré des envois faits à la rédaction, qu'ils soient de poètes, d'acteurs de la vie poétique, de lecteurs et d'amateurs de poésie.

On y trouvera-là donc en ce #7, les permanents, triés sur le volet dans la région Pays de la Loire, à savoir : la chronique planétaire de Roger Lahu (poète sis en Maine-et-Loire), une note de lecture d'Olivier Bourdelier (poète et bibliothécaire à Laval), un trip de Louis Dubost (poète, éditeur de L'Idée Bleue en Vendée) et une lettre-conseil de Bernard Bretonnière (poète, bibliothécaire et membre de la Maison de la Poésie), ainsi que des invités, Françoise Favretto, Emirali Yagan qu'on vous laisse le plaisir de découvrir, etc. Sur le site de ladite Maison, vous montez au grenier, c'est là qu'il est rangé.
www.maisondelapoesie-nantes.com

 

Maison de la Poésie de Nantes
2, rue des Carmes 44 000 Nantes
T. 02 40 69 22 32 - F. 02 40 71 99 92

jeudi 18 octobre 2007

La revue Siècle 21 a un site

11_couverture_2 La revue Siècle 21 qui publie beaucoup de poésie française et étrangère (en traduction française) vient d’ouvrir un site. Les couvertures des anciens numéros y sont déjà disponibles, en attendant la mise en ligne prochaine des sommaires complets ainsi qu’un index de tous les auteurs qui ont collaboré à la revue depuis son premier numéro en 2002.
Je rappelle que le numéro 4 de la revue (tous renseignements sur le site) comportait un important dossier sur la littérature birmane avec notamment un texte de Aung San Suu Kyi. Il sera disponible au Salon de la Revue à Paris, les 20 et 21 octobre.

La revue sera en effet présente au Salon de la revue, avec un stand et un débat, autour de la littérature libanaise, objet de son dernier dossier de littérature étrangère. Avec pour ce débat la participation de Salah Stétié, de Nohad Salameh, du traducteur et journaliste Antoine Jockey. Le débat sera animé par Marilyn Hacker.

 

Le site de Siècle 21

 
Tous renseignements sur le salon de la revue sur le site Ent'Revues