→ Les informations, notamment l’agenda (lectures, rencontres, festivals, marchés et salons, etc.) sont publiées en temps réel ici. Voir aussi colonne de gauche, sur cette page, le compte twitter de Poezibao.
→ Pour s’abonner à Poezibao, voir ici
→ Les informations, notamment l’agenda (lectures, rencontres, festivals, marchés et salons, etc.) sont publiées en temps réel ici. Voir aussi colonne de gauche, sur cette page, le compte twitter de Poezibao.
→ Pour s’abonner à Poezibao, voir ici
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 18 avril 2017 à 16h26 dans Evènements | Lien permanent | Commentaires (0)
Poezibao publie ici un dossier d'hommages à Antoine Emaz. Cinquante textes autour de l'homme et de l’œuvre, qui expriment tous l'importance d'Antoine Emaz, le chagrin et le manque que sa disparition suscite et un immense sentiment de gratitude. Ce dossier a été composé par Poezibao, avec Ludovic Degroote. Il est proposé ici au format PDF plus facile à imprimer et à enregistrer. On peut l'ouvrir d'un simple clic sur ce lien.
On peut rappeler par ailleurs cet autre dossier consacré à Antoine Emaz et qui regroupe tous les articles qui lui ont été consacrés dans Poezibao : extraits de ses poèmes ou de ses notes, entretiens, un grand feuilleton tiré de ses carnets, etc.
Poezibao espère pouvoir proposer un jour un troisième dossier, avec les plus de cent cinquante notes de lecture qu'Antoine Emaz a données au site. Cette réalisation toutefois demande beaucoup de temps et se fera donc ultérieurement.
photo Michel Durigneux.
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 19 mars 2019 à 11h30 dans Dossiers de Poezibao | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Antoine Emaz
Les dernières informations publiées dans le scoop.it de Poezibao :
(Disparition) Jean-Pierre Richard
(Agenda) 18 mars, Mont Saint Aignan, "Poésie et violence" avec Sophie Loizeau, Hank Lazer et Alice Notley;
(Agenda) 22 mars, Paris, Cécile Mainardi
(Agenda) 23 mars, Bordeaux, Jules Vipaldo
(Agenda) 29 mars, Salon-de-Provence, Laure Ballester, Olivier Domerg et Christophe Roque
(Prix) Création d'un Prix de Poésie Victor Segalen
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 18 mars 2019 à 15h35 dans Agenda, liens, informations | Lien permanent | Commentaires (0)
Auxeméry a proposé à Poezibao cette note de lecture de la traduction du célèbre Shijing que Pierre Vinclair vient de donner aux éditions du Corridor Bleu. Pour en respecter la mise en page, la rendre plus facile à enregistrer ou imprimer, cette note est proposée ici au format PDF à ouvrir d'un simple clic sur ce lien.
SHIJING / Le grand recueil, traduit du chinois par Pierre Vinclair, Le corridor bleu, 2019, 432 p., 24€.
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 18 mars 2019 à 11h35 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Auxeméry, Chine, Ezra Pound, Le Corridor bleu, Pierre Vinclair, Shijing
Sylvie Fabre G. propose ici une étude du livre de Françoise Clédat, Ils s'avancèrent vers les villes. Pour respecter la mise en page de cette note, pour la rendre plus facile à enregistrer ou à imprimer, Poezibao la propose ici au format PDF à ouvrir d'un simple clic sur ce lien.
Françoise Clédat, Ils s'avancèrent vers les villes, Tarabuste, 2017, 336 p., 20€.
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 18 mars 2019 à 11h08 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: destruction, Françoise Clédat, guerres, Sylvie Fabre G., Tarabuste
Claire Faucher a proposé à Poezibao un dossier autour de la poète américaine Ellen Hinsey. Ce dossier comporte une présentation d'Ellen Hinsey ainsi qu'un ensemble de traductions inédites, réalisées par Claire Faucher. Ces dernières, accompagnées des versions originales des poèmes, sont données ici dans un document PDF, pour en respecter la mise en page, en permettre l'enregistrement ou l'impression.
1. Ellen Hinsey
Ellen Hinsey est originaire de Boston, Massachussetts. Installée en France depuis 1987, elle a enseigné à l‘École Polytechnique et au Skidmore College de Paris. Ancienne chercheuse invitée de l’American Academy de Berlin puis artiste résidente à Berlin dans la cadre du programme DAAD, elle poursuit actuellement ses activités d’écriture autour des nouvelles formes de dictatures dans le monde.
Son premier recueil, Cities of Memory, a reçu en 1996 le prestigieux Yale University Series Prize. Elle a depuis publié sept recueils de poèmes, conversations, essais et traductions dont nombre d’entre eux ont été distingués de prix littéraires (voir bibliographie ci-dessous). Son œuvre porte principalement sur des sujets philosophiques et politiques.
Les audiences auxquelles elle a pu assister au Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie, à la Haye entre 2002 et 2005 lui ont inspiré le recueil Update on the Descent, méditation sur la condition humaine, les capacités de résilience face à la tyrannie et à la violence, les chemins possibles vers la réconciliation.
Son dernier opus, The Illegal Age (l’Âge de l’Illégalité), dont sont extraits deux des poèmes présentés dans ce dossier, a remporté le 1er prix, pour la sélection d’automne 2018, de la prestigieuse Poetry Book Society, UK. Il explore les dangers représentés par la résurgence et l’expansion récentes de l’autoritarisme.
Dans ces deux derniers recueils, des messages éthiques et politiques forts, sans concession, sont transmis sur un registre empathique, avec autant de lyrisme que de sobriété. L’intertextualité très riche s’y fait généralement discrète pour mettre en lumière un propos profondément humaniste, d’autant plus percutant que sa concision va parfois jusqu‘à l’ellipse, préservant toujours une part de mystère.
Plusieurs poèmes d’Ellen Hinsey ont notamment été publiés dans le New York Times, le New Yorker, l’Irish Times, Die Welt, Der Tagesspiegel, la Revue des Belles-Lettres, Poetry Review.
Ellen Hinsey est aussi auteure de nombreuses traductions, dont les poèmes du dissident lithuanien Tomas Venclova du recueil The Junction: Selected Poems of Tomas
Venclova (Bloodaxe UK, 2008).
Bibliographie sélective :
Poésie
The Illegal Age (Arc Publications, 2018)
Update on the Descent (University of Notre Dame Press, 2009 / Bloodaxe Books, 2009)
The White Fire of Time (Wesleyan University Press, 2002 / Bloodaxe Books, 2003)
Cities of Memory (Yale University Press, 1996)
Essais et conversations :
Mastering the Past: Contemporary Central and Eastern Europe and the Rise of Illiberalism (essais, Telos Press, 2017)
Magnetic North: Conversations with Tomas Venclova (Rochester University Press, 2017 / Boydell & Brewer, 2017)
Traductions :
The Junction: Selected Poems of Tomas Venclova, (Bloodaxe Books, 2009)
The Secret Piano: From Mao's Labor Camps to Bach's Goldberg Variations, de Zhu Xiao-Mei, (titre original: La rivière et son secret: des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach, Robert Laffont, 2007) traduit vers l’anglais par Ellen Hinsey (AmazonCrossing, 2012)
Wild Harmonies, Hélène Grimaud, (titre original: Variations sauvages, Robert Laffont, 2003) traduit vers l’anglais par Ellen Hinsey (Riverhead Press, 2006)
Sitographie :
le site d’Ellen Hinsey
2. Le dossier de poèmes d'Ellen Hinsey en traductions inédites de Claire Faucher. Il est proposé au format PDF, plus facile à enregistrer ou imprimer, respecteux de la mise en page des poèmes, à ouvrir d'un d'un simple clic sur ce lien.
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 18 mars 2019 à 10h43 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Claire Faucher, Ellen Hinsey, poésie américaine
Michel Collot en a informé Poezibao dès ce dimanche matin : Jean-Pierre Richard n’est plus.
Voici les mots de Michel Collot :
« J’apprends avec une profonde tristesse la mort de Jean-Pierre Richard, qui nous a quittés le 15 mars, comme s’il n’avait pu survivre plus longtemps à son ami Starobinski.
Il a été pour moi un maître et un ami, qui a guidé mes premiers pas dans la recherche et m’a fait découvrir, entre autres, la poésie moderne.
Il m’a appris à lire et à voir en toute page un paysage
Il m’accompagne depuis un demi-siècle sur les terrains de la lecture et sur les chemins de la terre, où il m’a ouvert les yeux sur la beauté du monde.
Le prochain numéro de la revue Europe lui rendra hommage en même temps qu’à Jean Starobinski. »
***
Et ce poème de Michel Collot dans Le Parti pris des lieux (p. 43) :
Pour Jean-Pierre Richard
Le ciel n’est plus qu’un volume d’air translucide, un seul azur. Diapason diaphane qui vibre, déployant la gamme infinie des couleurs : l’œil écoute.
Relief changeant de la lumière : la paroi rocheuse en révèle les plis et les replis, ourlés d’ombres profondes, qui en recèlent les ramifications secrètes. Les arbres passent sa chevelure au peigne fin de leurs ramures. Dans les feuillages, la brise fait trembler ses facettes mobiles. Aux ressauts de la pente, le torrent la disperse en mille éclats de verre. Chaque brin d’herbe en détaille les nuances chatoyantes.
Effleurant le duvet de la peau, la main amoureuse ranime l’arborescence intime des sensations. Sous l’écorce transparaît le palimpseste inscrit dans la chair et le grain de la voix. Texture de la terre. Un regard aiguisé démêle lentement les lignes de la page, démultiplie leur sens et les recueille dans l’unité d’un paysage.
***
« Toute la bibliographie de Jean-Pierre Richard, mort le 15 mars, à Paris, à l’âge de 96 ans, le démontre magnifiquement : une œuvre critique peut devenir, à part entière, une œuvre littéraire d’envergure. Car pour lui, écrire, c’était d’abord savoir lire, entrer dans les raisons, les manières et la sensibilité d’un auteur, hors de toute idée d’appropriation. »
Lire la suite de cet article de Patrick Kéchichian dans Le Monde.
On peut aussi lire cette fiche sur le site Wikipédia avec bibliographie.
Photo reprise sur le site des éditions Verdier
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 17 mars 2019 à 18h08 dans Evènements | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Jean-Pierre Richard, Michel Collot
Les 14 articles publiés dans Poezibao cette semaine :
Une Carte blanche à Claude Minière :
(Carte blanche) à Claude Minière : Le Trou de ver
Sept notes de lecture de livres d’Edith Azam & Bernard Noël, John Steinbeck, Ivar Ch'Vavar, Olivier Rachet, Abdelmajid Benjelloun, Thomas Vinau, François de Cornière par Laurent Mourey, Isabelle Baladine Howald, Mathieu Jung, Pascal Boulanger, Laurent Albarracin, Antoine Bertot et Jacques Morin
(Note de lecture), Edith Azam et Bernard Noël, Retours de langue, par Laurent Mourey
(Note de lecture), John Steinbeck, Jours de travail, par Isabelle Baladine Howald
(Note de lecture), Ivar Ch'Vavar, La Vache d'entropie, par Mathieu Jung
(Note de lecture), Olivier Rachet, Sollers en peinture, une contre-histoire de l’art, par Pascal Boulanger
(Note de lecture), Abdelmajid Benjelloun, Un ruisseau de paradis,, par Laurent Albarracin
(Note de lecture), Thomas Vinau, Comme un lundi, par Antoine Bertot
(Note de lecture), François de Cornière, Ça tient à quoi ?, par Jacques Morin
Un dossier signé Jean-René Lassalle, présentation et traductions inédites du poète américain James Schuyler :
(Poètes) James Schuyler
(Anthologie permanente) James Schuyler, Le cristal de lithium, traductions inédites de Jean-René Lassalle
Dans l’anthologie permanente, des textes de Michèle Métail et François de Cornière
(Anthologie permanente) Michèle Métail, Portraits Robots
(Anthologie permanente) François de Cornière, Ça tient à quoi
Les dernières informations :
(Agenda, liens, informations) du 15 mars 2019
Et les 17 livres et revues reçus par Poezibao cette semaine
(Poezibao a reçu) du samedi 16 mars 2019
Rédigé par Florence Trocmé le samedi 16 mars 2019 à 10h34 dans Poezibao Hebdo | Lien permanent | Commentaires (0)
Les dix-sept livres et revues reçus par Poezibao cette semaine :
Poésie
Sophie Loizeau, Les Loups, Editions Corti, 2019, 16€
Jean-Paul Michel, "Défends-toi, Beauté violente" précédé de Le plus réel est ce hasard, et ce feu, Poésie/Gallimard, 2019, 10€
Julien Blaine, Petit précis à l'aide d'un exemple sur l'écriture originelle, Dernier Télégramme, 2019, 25€
Jean-Pierre Bobillot, Prose des Rats, textes pour la lecture/axion, 2ème édition revue et augmentée, Atelier de l'Agneau, 2019, 17€
James Sacré, Dans la parole de l'autre, livret 2, Lorand Gaspar, Edmond Aram El Maleh, petites peintures de Philippe Hélénon, Rougier V. éd., 2019, 13€
Christophe Langlois, Seconde innocence, Gallimard, 2019, 15€
Nicholas-Don Giancarli, Jusqu'au silence, Aencrages & co, 2019, 18€
Olivia Elias, Chaos, traversée, La Feuille de thé, 2019, 20€
Simone Molina, Magie d'Olinda, Brésil des temps épars, Editions Musimot, 2019, 8€
Etienne Parize, Miroirs à facettes, Editions Joseph Ouaknine, 2019,
Traduction :
Peter Gizzi, Archéophonies, traduit par Stéphane Bouquet, Editions Corti, 2019, 16€
Et aussi :
Arthur Rimbaud, Les manuscrits d'Arthur Rimbaud, édition limitée numérotée de 1 à 1000, fac similé accompagné d'un texte d'André Guyaux, Les Saints-Pères, 2019, 180€
Prose :
Yannick Torlini, somme des silences, Editions Centrifuges, 2019, 12€
Anne Houdy, Fable pour l'hiver (théâtre), Editions Tituli, 2019, 15€
Estelle Gapp, Je t'aime affreusement, avec des lettres inédites de Marina Tsvetaeva à sa fille et Le Fil d'Ariane d'Irina Emélinova, Editions des Syrtes, 2019, 13€
Revues :
L'intranquille, n°16, Atelier de l'Agneau, 2019, 17€
Décharge, n° 181, 2019, 8€
Rédigé par Florence Trocmé le samedi 16 mars 2019 à 10h11 dans Poezibao a reçu | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Anne Houdy., James Sacré, Jean-Paul Michel, Jean-Pierre Bobillot, Julien Blaine, manuscrits de Rimbaud, Peter Gizzi, Sophie Loizeau, Yannick Torlini
Le trou de ver
« Chaque porte est une perle », Apocalypse de Jean.
Une famille syrienne a quitté sa maison détruite sous les bombardements. Le père n’a emporté qu’une seule chose, qu’un seul bien, la porte. De camp de réfugiés en camp de réfugiés, il va avec sa porte. Un jour, si Dieu le veut, il pourra construire une maison autour de sa porte.
La porte est ce qui reste quand on a tout oublié.
Porter, emporter. Etre mis à la porte.
« Voici, j’ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer », Apocalypse.
Dans le rêve, je revois, à Venise, l’église isolée, dans le ghetto, où se trouvait La Vierge de l’orto. Orto : le jardin, le verger… L’église est fermée pour travaux. Je frappe à la porte, un maçon vient m’ouvrir.
L’enfant à la porte des parents de son amie, le cœur battant.
J’aime la peinture écaillée des portes.
Cette porte devient un poisson arc-en-ciel qui nage, vertical, vers l’angle droit du cadre. L’immeuble est sa nasse.
Las architectes contemporains ne soignent pas suffisamment les portes.
Rodin, La Porte de l’Enfer : celle-là est évidemment fermée. Celle-là est forcée.
« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée », pauvre Musset !
Certains tableaux du peintre Barnett Newman peuvent être vus comme des portes dont le « zip » dit l’ouverture interne. Day one est une perle.
Les morts passent par la porte-de-secours.
« Après quoi j’ai vu, et voici une porte ouverte dans le ciel », Apocalypse.
Les pensées les plus profondes, les plus légères : celles qui enfoncent une porte ouverte.
Le paradis toujours. Toujours il nous faudra un nom qui soit en dessous de la réalité (Heidegger a eu raison de ne point le compter parmi les concepts fondamentaux de la métaphysique, ou le penseur n’a-t-il, qui sait, jamais éprouvé la tonalité de paradis).
Un nom pour dire dans quoi on entre, par un déclic…un autre air, une autre lumière, une autre sensation, le corps avec la pensée,…ouvert et clos.
Le règne, le royaume. En anglais realm. La petite clef dorée est dans ma poche. Je la donne sur la page : royaume rime avec alpha et oméga.
Vous franchissez une porte sans portes. C’est LE TEMPS. Vous ne donnez plus les perles qui décevaient les cochons.
Les villageois aux jours d’été s’asseyaient devant leur porte. On parlait de porte en porte, jusque tard dans la nuit, dans le noir, parmi les étoiles.
De fait, en ce qui touche au temps et à l’espace, vous passez par un trou de ver. L’espace-temps est courbe, si vous entrez par un trou noir, vous suivez le trajet du trou de ver, vous sortez par le trou blanc, vous êtes allé plus vite que la lumière.
Claude Minière
photo ©florence trocmé, maison de Goethe à Weimar
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 15 mars 2019 à 17h33 dans Cartes Blanches | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Apocalypse, Claude Minière, espace-temps, porte, Porte de l'Enfer, royaume, temps
Les dernières informations du scoop.it de Poezibao
(Agenda) 15 mars, Manosque, Olivier Domerg, Laure Ballester et Christophe Roque
(Agenda) 16 mars, Barbaira, Jean Gabriel Cosculluela & Anne Slacik
(Agenda) 14 au 16 mars, Grand Est, Festival Poema
(Agenda) 16 au 23 mars, Clermont-Ferrand, 32ème semaine de la poésie
(Agenda) 21 mars, Bordeaux Olivier Domerg
(Agenda) 21 mars, Paris, la revue "Les écrits"
(agenda) 22 mars 2019, Montpellier, Amir OR
(Agenda) 22 mars, Libourne, Olivier Domerg
(Agenda) 23 mars, Paris, Patrick Beurard-Valdoye
(Agenda) 25 mars, Maisons-Alfort, Jean-Louis Giovannoni par Daniel Mesguich
(Agenda) 21 au 30 mars, Festival des Dionysie et "marathon homérique"
(agenda) 3 avril 2019, Paris, Sándor Weröes
(Agenda) 3 avril, Lyon, Julien Blaine, A.C. Hello, Stéphane Nowak Papantoniou + motif_r
(Agenda) 4 avril, Bruxelles, Dominique Quélin, Jacques Vilet avec Yves di Manno
(Agenda) du 2 au 8 avril 2019, tournée française de Volker Braun
(Agenda) 10 avril, Paris, Hommage à Aimé Césaire
(Souscription) Correspondance croisée Richard Weiner et les membres du Grand Jeu
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 15 mars 2019 à 15h48 dans Agenda, liens, informations | Lien permanent | Commentaires (0)
Ce qui fait la singularité de la poésie de François de Cornière, depuis longtemps considéré comme chef de file de « la poésie du quotidien », c’est certainement le sens du détail. Ce que tout un chacun dans le flux des jours, considère en continu comme quantité négligeable, banal, sans intérêt, François le note, au moins dans un coin de sa tête, ou sur un pense-bête, parce que, s’il y a ressenti quelque chose, en creusant ce rien, fût-il infime, l’émotion, le trouble, peut déboucher sur un poème, et que son écriture est sans cesse à l’affût de ces très brefs moments où sa sensibilité détecte ce tout petit chavirement de la conscience. Sa page au début se rapproche souvent du récit et ses vers de la prose, avec l’impression d’avoir affaire à une mini-nouvelle. L’instant décisif est toujours décrit avec précision, le détail retenu doit être livré dans son contexte, dans son ordinaire, et cette banalité, une fois que le poète a su en tirer tout son jus de poésie, lui assure soudainement un caractère extraordinaire. Et peut-être doit-on avoir d’abord une impression de récit pour bien saisir les circonstances communes et habituelles, afin de mieux envisager l’aspect inattendu de la fable poétique. Ce qui pouvait sembler anecdotique devient merveille. Quand on lit François de Cornière, on ne s’ennuie pas une seconde, tout ce qu’il raconte, tout ce qui lui arrive, arrive à tout le monde. Mais son regard, et son oreille, perçoivent les choses différemment. Son sens romanesque a mis en place dans ce recueil, et c’est une première, un personnage : l’homme, qui apparait une bonne douzaine de fois tout au long du livre. Ce dédoublement permet de prendre une distance et de renouveler l’approche, mais il ne fait pas de doute que l’homme et l’auteur ne font qu’un. Cependant, à sa toute première apparition, voilà ce qui est écrit à la chute du poème : Mon voisin se demande si l’homme / de l’autre côté de la rue / n’a pas quelque chose de moi. Certes, la solution est suggérée sans hésitation possible, mais quel est ce troisième personnage qui dédouble à nouveau le héros de l’histoire ? Mise en abyme personnelle… Tous les lieux qu’il fréquente sont matière à poèmes. Le bord de mer où il habite, (la plage, le port…) ou la Crète où il est parti en vacances (l’aéroport, une terrasse de café…) forment les cadres principaux de ses aventures quotidiennes. Mais le rappel et les nombreux souvenirs ouvrent d’autres possibilités. D’autant qu’un des ressorts de ses poèmes demeure dans ce rapport coulissant au temps, entre hier et aujourd’hui, tous les traits d’union, les rapprochements, les aimantations, les comparaisons, et la réserve d’émotions stockée dans la mémoire. « Est-ce que c’est le souvenir / qui fabrique le poème / Ou le poème qui fabrique le souvenir ? » Question générale à rapprocher de cette autre plus pointue : « Est-ce qu’on aura le temps / de devenir des souvenirs oubliés ? ». Le poème part parfois de l’oreille : un morceau de musique, souvent du jazz, qui accompagne ou rappelle. D’une phrase chipée dans le déroulé des jours et des gens croisés au hasard. Ou bien d’une référence littéraire et personnelle, et les amitiés passées ou présentes qui affleurent avec des noms comme ceux de Jean Rivet, Georges Haldas, Jean Rousselot, Jean-Pierre Georges, Jean-Claude Martin, Pierre Présumey ou Roland Tixier. Le présent est un filtre qui capte les émotions qui viennent, il relie au temps les éclats de mémoire. François de Cornière est un orpailleur hors pair qui trie les pépites au milieu de la bouillie des jours, il est l’un des seuls à savoir le faire.
Jacques Morin
François de Cornière, Ça tient à quoi ?, Le Castor Astral, 2019, 200 p., 13€
Lire ces extraits du livre.
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 15 mars 2019 à 15h10 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: "Ça tient à quoi ?", Crète, François de Cornière, Jacques Morin, Le Castor Astral, poésie du quotidien, quotidien
Le titre du recueil de Thomas Vinau, Comme un lundi, désigne le retour sans fin de la semaine et l'usure qu'il entraîne au-delà du simple lundi, dans la suite des jours. Les textes de ce livre rendent compte de cette sensation, de cette fatigue : « Le temps nous marche dessus. Sous ses semelles une nouvelle semaine. » (p.25). Cependant, le sous-titre permet de nuancer cette première idée : Carnet de bord assis tout au bord du temps. Tout en situant son écriture en plein dans l'écrasement du temps qui ressemble au « courant qui ramasse tout, qui écrase tout, qui disperse tout. » (p.13), Thomas Vinau cherche à faire un écart vis-à-vis du passage inflexible des jours. Il peut ainsi se comparer aux « insectes qui regardent ce qui se passe au fond de leurs buissons » (p.33). L'enjeu est complexe car essentiel : le poète ne cherche pas à écrire à distance de la vie et de ses « courbatures » (p.69), mais ses textes sont un pas de côté afin de ne pas subir, dans la conscience malgré tout du risque de perte qu'entraîne à un tel écart : « Ce décalage me sauve. Me condamne. » (p.33). Un livre alors, et ce livre en particulier, doit pouvoir à la fois nous faire tenir face à la vie et nous y ramener, nous y ancrer. Ainsi, il faudrait, pour reprendre les mots de l'auteur, non pas écrire un livre mais allumer un livre (p.34) comme un feu nous éclaire et nous réchauffe.
Chaque prose du livre note alors ce qui, du quotidien modeste, éveille et fait respirer. Il n'y a rien de monotone à cela, tout au contraire puisqu'il est question d'exprimer, de partager ce qui prend et donne vie fragilement : « Chaque petite lumière. Chaque matin, à l'aube, refaire les premiers pas. Les petits. Les meilleurs. Dans l'eau fraîche des commencements. Mi-titubant, mi-dansant. » (p.53). Pour revenir au titre : entendons aussi, à travers le retour de l'identique, cette voix vive des « commencements ». Celle-ci se trouve autant dans une lumière (p.21, 46), une odeur (p.22, 63), une musique (p.36, 53), un sentiment de tendresse amoureuse (p.39) ou paternelle (p.40) que dans la présence anodine de deux pigeons (p.47) ou encore dans le geste banal d'ouvrir un vieux pot de confiture et un regard sur son passé (p.105)... Tout et rien, comme peuvent bien le dire les listes rassemblant les « miettes » qui font notre regard quotidien et auxquelles on s'attache, desquelles on fait notre vie :
« Il faut y aller mollo, en s'accrochant aux choses simples, en nommant la proximité. Grincement du volet vert. Froid par les chevilles. Jour sur lequel on ne peut pas compter. Chien louvoyant. Miettes sur la table. Pot de confiture vide. Café très noir, très chaud. » (p.14)
Mais avant tout, ainsi nommer ce qui nous anime, si petit que cela puisse être, c'est, selon Thomas Vinau, faire acte moins d'écriture que d'amour : « Je voudrais juste en garder quelque chose. Quelque chose de vivant. Autre chose que la conscience que j'en ai. Autre chose que la peur de le perdre. C'est la raison pour laquelle j'écris ces mots. Ce n'est pas de la littérature. C'est de l'amour. J'écris comme on ferme les yeux en embrassant quelqu'un. » (p.16). En cela, ce carnet de bord assis tout au bord du temps est aussi un carnet de résistance, au cœur de l'absurde et de la violence de notre temps (p.26), en vue de garder nos sens vifs en chacun de nos gestes et de notre prose, et ainsi ne pas se perdre : « C'est le petit radeau du jour. Il faut ramer avec ses mains. Tremper son pied dans le grand rien. Familiariser la lumière. C'est une bataille sans prestige. La seule qui vaille. Le véritable goût de l'eau. » (p. 65).
Antoine Bertot
Thomas Vinau, Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps, La fosse aux ours, 2018, 128p., 15€.
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 15 mars 2019 à 14h56 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: "Comme un lundi", Antoine Bertot, La Fosse aux ours, quotidien, routine, Thomas Vinau
François de Cornière publie Ça tient à quoi aux éditions du Castor Astral.
LES AIGRETTES
Tout était gris au fond de la baie.
Rien ne bougeait.
Nous marchions
j'avais accroché à ma ceinture
le podomètre qu'elle m'avait offert.
À mi-chemin avant de faire demi-tour
je lui avais demandé :
« À ton avis on a fait combien de kilomètres ? »
Elle avait marqué un temps d'arrêt
m'avait répondu : « 4,5 kilomètres. »
Le cadran marquait 4,850 kilomètres.
Je l'avais félicitée.
C'est à ce moment-là
que des dizaines d'aigrettes
nous avaient survolés.
Elles dessinaient des cercles
qui ondulaient s'évanouissaient
et revenaient sur nous
mystérieusement.
Les aigrettes avaient effacé
les chiffres du cadran.
Nous avions peu parlé
sur la plage du retour.
Dans la voiture les aigrettes
avaient continué de frôler
les cordes d’une harpe invisible
qui faisait vibrer
entre hier et demain
leur pointillé blanc.
/
SILENCIEUX
Nous flânions sur le port.
C'était un très beau dimanche de mars
il y avait beaucoup de monde
aux terrasses des restaurants.
Je ne prêtais pas attention
à ceux qui marchaient derrière nous
mais je les entendais
qui parlaient qui riaient.
À un moment l'un d'eux avait dit :
« Moi je n'ai pas la mémoire
de mes émotions. »
J'avais ralenti.
Deux grands gaillards
à la carrure de rugbymen
nous avaient dépassés.
Trois mois plus tard
la phrase est venue me rattraper
un peu comme un coup de revolver
tiré avec un silencieux
dans un polar au cinéma.
On entend un petit pop étouffé
on voit sur l'écran un regard perdu
qui demande ce qui se passe
comment on a pu être touché
pourquoi ce petit trou dans la poitrine
alors que tout allait si bien.
Et je me dis aujourd’hui
qu’écrire des poèmes-émotions
c’est un peu se servir aussi
d’un silencieux.
/
LA PHOTO S'EFFACE
Je la vois s'effacer
la photo que j'avais punaisée
sur l'étagère près du téléphone.
Nous sommes sur une plage
en octobre
je me souviens qu'il faisait très beau
et chaud pour la saison.
J'avais demandé à un homme
de nous prendre tous les quatre
je lui avais tendu mon appareil photo.
À gauche tu poses ta main
sur le bras de ton fils.
Il avait pris l'avion de très loin
pour être là
avec sa sœur
entre nous deux.
À droite du cadre
j'ai gardé mes lunettes de soleil
je crois savoir pourquoi.
Aujourd'hui la photo
que j'avais imprimée à l'époque
perd toutes ses couleurs
et je nous vois qui nous enfonçons
vers une nouvelle disparition.
Cela me trouble de penser
que notre dernière photo ensemble
avec la mer derrière
ne sera bientôt plus
qu’un rectangle blanc
sur l’étagère près du téléphone.
François de Cornière, Ça tient à quoi ?, Le Castor Astral, 2019, 200 p. 13€, pp. 73, 93, 115.
Dans Poezibao :
bio-bibliographie, ext. 1, Ces moments-là (Matthieu Gosztola), Ces moments-là (Cécile Glasman)
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 15 mars 2019 à 09h51 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: aigrette, deuil, disparition, François de Cornière, Le Castor Astral, mort, photo, émotion
On le sait, il y a en gros deux tendances dans l’aphorisme, deux pentes qui l’entraînent dans des directions diamétralement opposées, encore qu’elles puissent se rencontrer, parfois, au bout de leur exténuation. La première a à voir avec le scepticisme, avec l’humour dévastateur, avec l’à quoi bon. Cette veine-là réduit tout à rien, mène à la vanité de tout et aux vertiges de la raison. C’est la veine des moralistes et de Lichtenberg, qui débarrasse toute chose de son évidence et le couteau de sa lame et de son manche. La deuxième fait d’un rien un tout inclusif, rapporte la moindre chose à un sacré, c’est la veine des mystiques. L’une prend le pli amer de la désillusion, l’autre affiche le sourire de la béatitude. L’une fait de l’esprit et l’autre fait de l’âme. L’une cherche le trait et la pointe, l’autre se contente d’un ruisseau.
Les aphorismes du marocain Abdelmajid Benjelloun appartiennent résolument à la deuxième catégorie. Quelques thèmes, très peu (le ruisseau, la pierre, le ciel, la lumière, la femme, Dieu), lui suffisent pour donner du fil à retordre à son sentiment poétique. Il y revient comme à un mystère que son approche reconduit. L’aphorisme n’est pas alors la quête d’une formule définitoire et définitive, mais une clef confiée au hasard, à la rencontre, à la beauté soudaine et vive. La formule ne cherche une concision que pour se lover dans le moindre interstice. La brièveté ne réduit pas une chose à rien mais la rapporte à un tout, à une totalité englobante. Le lapidaire ne prône pas l’aridité mais se coule dans un silence énigmatique. Le lapidaire, chez Benjelloun en tout cas, c’est quand une chose se livre corps et âme à son énigme :
Par l’immobilité, la pierre a tout simplement l’orgasme de l’oubli d’elle-même.
J’aime la pierre car elle fait autorité dans l’oubli.
L’on y pense jamais, mais une pierre s’étend dans le monde au moins par son silence.
Immobilité comme communication supérieure, silence comme nappe qui relie tous les reliefs, qui replonge les saillies dans leur profonde unité, la poésie aphoristique et la spiritualité de Benjelloun, nourrie de soufisme (Rûmî) et de panthéisme, visent à une sorte de sainteté naturelle, ordinaire. Elle fait vœu de simplicité. Quand elle est moralisante, ça n’est jamais que pour se rappeler la plus saine et simple des attitudes :
M’inscrire en vrai dans un monde faux et sournois.
Mystique, certes, cette parole, mais sans se targuer d’une expérience hors du commun. Ce qui transcende les choses et le monde est tout de suite là, « à bâbord », dit-il. Il ne s’agit pas de faire part d’une connaissance singulière ni même d’une espérance particulière à l’endroit du paradis. L’ascension suffit, le détachement, le voyage, non le but :
Monter à ma mort. Sans plus.
Laurent Albarracin
Abdelmajid Benjelloun, Un ruisseau de paradis, Aphorismes, Préface de Christian Ducos, éd. Le Pauvre songe, 2019, 11 €
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 14 mars 2019 à 11h44 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Nous sommes peu nombreux, parmi ceux que l’on qualifie de poètes, à considérer que Philippe Sollers, en publiant notamment Paradis, s’est inscrit dans une totalité… poétique. De décasyllabes en rimes internes, toute la palette d’une langue qui résonne poétiquement joue ensemble et simultanément dans cette œuvre. Car la poésie, n’en déplaise aux sectateurs du vers, peut très bien passer par la prose. Ceux qui ont lu les Illuminations rimbaldiennes, les Poésies de Lautréamont ou encore Salammbô de Flaubert devraient le savoir.
La peinture qui, depuis ses premiers écrits, intéresse Sollers est inséparable d’une poétique et d’une érotique. Elle est, avant tout, une lecture et un hommage à la voix de la lumière et du corps, à son entrelacs de visions et de mouvements. Le charnel agit par vibrations et par rayonnements et c’est bien entendu le catholicisme celui, notamment, de la Contre-Réforme – qui a su prendre très au sérieux le défi de l’incarnation.
Que dans la tradition catholique le Verbe se fasse chair reste sans doute un mystère auquel seule la peinture dite figurative n’aura eu de cesse de s’affronter, écrit Olivier Rachet. La peinture s’envisage alors comme paradis perdu de la jouissance. Et s’il existe une légende tenace qui nous dit que Sollers serait dans une jouissance narcissique, l’essai médité de Rachet prouve l’inverse : Sollers a toujours été porté par-delà lui-même, ouvert à lui au-delà de lui-même. L’expérience sensible du temps (qui est l’essence même du poétique) ne peut que rencontrer la Bibliothèque, la musique, la peinture ; ces espaces infinis où l’on respire enfin. Tous les écrits – les partis-pris - de Sollers, ses goûts, engagent une poéticité qui contredit les maladies du ressentiment, les images lisses du monde ou encore la gratuité esthétisante.
Une contre-histoire de l’art peut alors s’écrire, et elle s’écrit par Sollers, en effet, à travers la vision des œuvres de Giorgione, Titien, Tintoret, Poussin, Watteau, Fragonard, Manet, Picasso, de Kooning… autant de singularités en pleine démesure, autant de jouisseurs de formes qui se sont dégagés des voix encombrées et puritaines, des négativités qui font société et du bric-à-brac de la postmodernité. Loin du vertige iconoclaste (qui conçoit l’art comme absence radicale, libéré des pièges de la représentation) Sollers est passé maître dans l’art de faire parler la peinture : Sollers n’écrit pas sur la peinture. Il peint en écrivant, il écrit en peinture. Il tourne autour des couleurs, esquisse des traits qui partent de tous les points de convergence et de divergence, s’offrant au regard soucieux de l’instant.
La puissance épiphanique de la peinture a une multitude de noms qui laisse chanter la matière, l’élève en torsade. Que serait l’art s’il se soumettait au temps et au rire lugubre des damnés ? C’est l’histoire monumentale des œuvres, vivantes et verticales, violemment anti-linéaires, qu’il s’agit de dévoiler pour atteindre et pour jouir d’un temps historial, retrouvé et retourné, dilaté et concentré.
Il y a eu, en 1983, la publication de La peinture et le mal par Jacques Henric. Il y a aujourd’hui cet essai tout aussi déterminant et central d’Olivier Rachet qui prouve que l’on peut encore entendre la vérité du temps tel qu’il est traversé par ceux qui le dévoilent et entrent dans une gravitation légère, abondance, glorieuse.
Pascal Boulanger
Olivier Rachet, Sollers en peinture, une contre-histoire de l’art, Tinbad, 2019, 224 p., 21€
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 14 mars 2019 à 11h06 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Olivier Rachet, Pascal Boulanger, Philippe Sollers, éditions Tinbad
Poezibao publie ici une longue note de lecture, presqu'un petit essai, signé Mathieu Jung. A propos de La Vache d'entropie d'Ivar Ch'Vavar récemment paru aux éditions Lurlure.
Pour en respecter la mise en page, pour le rendre plus facilement imprimable ou enregistrable, ce texte est ici proposé au format PDF à ouvrir d'un simple clic sur ce lien.
Ivar Ch'Vavar, La Vache d'entropie, éditions Lurlure, 2019, 136 p., 16€
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 13 mars 2019 à 15h47 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: "La grande Picardie mentale", "La vache d'entropie", Ivar Ch'Vavar, Mathieu Jung, vers justifié
Poezibao propose ces traductions inédites d’un long poème de James Schuyler, par Jean René Lassalle qui a composé simultanément la note biographie et bibliographique du poète américain (1923-1991).
Le cristal de lithium (1)
L’odeur de la neige, piquant les narines quand le vent la soulève depuis la plage
Obturant les yeux, mêlée de sable, ou quand la neige s’étend sous les lampadaires et sur tout
Et que l’air s’évacue dans un gazeux revigorant
Qui change les poumons en flotteurs d’hiver, vivifiant, et la blanche nuit chatoyante
Géle au regard un creusement de vagues, balsamique, salé, inattendu :
Des heures après la nage, assis pensant mordillant une envie à l’ongle
Et le goût des cristaux – à tes yeux – invisibles irradie le monde
“La mer est sel”
“Et moi aussi”
“Ronge pas tes ongles pointus”
et le parfum métallique d’une pointe – ou ce sont des clous ? –
Éjecté par un léger souffle d’entre les dents et buté au bon endroit
(Panneaux et sciure) la boîte à clous est sillonnée de froid
En permanence comme du marbre, toujours quelques degrés plus froide que les espaces d’air où elle se trouve,
Ressenti quand on met sa joue sur le comptoir où est posée une tasse blanche à liseré bleu
Un comptoir à exhalaisons hivernales en dépôt luisant infinitésimalement
La promesse, vers la fin d’un jour brasillant à la fin de septembre, d’un froid baiser
De draps de marbre pour celui qui avance vite pieds nus dans la neige et tôt
Mais seulement jusqu’à la poubelle – cogne, jette – et retour claque la porte :
Trop froid pour se lever cependant aux extrémités des stores le ciel
Se présente bleu de flammes qui éclatent sur une mer rouge où flottent des charbons noirs :
Des galets dans une poche incrustent la couture de grains de sable
Qui, comme ils le devaient, réalisent enfin un motif entre pied et pied de lit
“Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place” quel gâchis quelle erreur
Cela semble, quand la neige en gras flacons fourrés main tombe lentement et régulièrement sur la mer
“Vous la voyez, vous ne la voyez plus” grondent les vagues qui griffent la rive et roulent
À tes pieds (bottés) un sapin de Noël dépouillé d’aiguilles
Encore entortillé d’une floppée de guirlandes ternies, légèrement alarmant comme la pensée
D’une électricité mouillée ou d’une foudre engourdie et pour tes maux avides de santé
Le vent te décerne : des Lèvres Gercées : sur lesquelles frotter la dernière acquisition du Temps
Une graisse à laine de mouton mal parfumée, en conserve sous forme de bâtonnets
Extrait de : James Schuyler : The Crystal Lithium, Random House 1972. Traduit de l’anglais (américain) par Jean-René Lassalle.
The Crystal Lithium (1)
The smell of snow, stinging in nostrils as the wind lifts it from a beach
Eye-shuttering, mixed with sand, or when snow lies under the street lamps and on all
And the air is emptied to an uplifting gassiness
That turns lungs to winter waterwings, buoying, and the bright white night
Freezes in sight a lapse of waves, balsamic, salty, unexpected:
Hours after swimming, sitting thinking biting at a hangnail
And the taste of the—to your eyes—invisible crystals irradiates the world
“The sea is salt”
“And so am I”
“Don’t bite your nails”
and the metal flavor of a nail—are these brads?—
Taken with a slight spitting motion from between teeth and whanged into place
(Boards and sawdust) and the nail set is ridged with cold
Permanently as marble, always degrees cooler than the rooms of air it lies in
Felt as you lay your cheek upon the counter on which sits a blue-banded cup
A counter of condensed wintry exhalations glittering infinitesimally
A promise, late on a broiling day in late September, of the cold kiss
Of marble sheets to one who goes barefoot quickly in the snow and early
Only so far as the ashcan—bang, dump—and back and slams the door:
Too cold to get up though at the edges of the blinds the sky
Shows blue as flames that break on a red sea in which black coals float:
Pebbles in a pocket embed the seam with grains of sand
Which, as they will, have found their way into a pattern between foot and bedfoot
“A place for everything and everything in its place” how wasteful, how wrong
It seems when snow in fat, hand-stuffed flakes falls slow and steady in the sea
“Now you see it, now you don’t” the waves growl as they grind ashore and roll out
At your feet (in boots) a Christmas tree naked of needles
Still wound with swags of tarnishing tinsel, faintly alarming as the thought
Of damp electricity or sluggish lightning and for your health-desiring pains
The wind awards: Chapped Lips: on which to rub Time’s latest acquisition
Tinned, dowel shaped and inappropriately flavored sheep wool fat
Extrait de : James Schuyler : The Crystal Lithium, Random House 1972.
------------------------------
Le cristal de lithium (2) “”
Un brouillard poisseux éclipsant les sens “Je ne vois rien
Sans mes lunettes” “effectivement tu ne peux pas voir quand elles sont embuées
Ainsi. Déboîte, gare-toi, essuie-les.” Le tonnerre d’un jour d’été
Déboule sur l’asphalte noir scintillant et un jus d’herbe coupée épaissit l’air
Façon “Remue jusqu’à ce qu’il nappe la cuiller, enlève du feu, laisse refroidir et congèle”
Tout à fait, à grisailler vers davantage de neige peut-être, dans laquelle une petite bande
De – moineaux ? – petits oiseaux en tout cas couleur de matou poussiéreux s’envole
En diagonale ponctuée, et ah voici la réponse :
Des étourneaux, lourdauds du pays des oiseaux, se disputant
La hiérarchie du picorage, respectueux d’aucun droit (coutumier d’oiseau) mal-aimés (oh?)
Pas aussi aimables que certains : et c’est tempéré, en plus la température
Dévisse pour atteindre une neigeosité d’un tel moelleux au parfum de rose
Faite d’un incolore onguent givrant : Bonne Fête Patronymique, Geai Bleu, chancelant
Sur des ailes ralenties vers un soi recroquevillé depuis un froid enchevêtrement de forsythias
Et par-dessus ces pensées s’agite un autre imbroglio cramé, plutôt par une ardeur
Que par le froid, quoiqu’on va se faire griller avec ce froid qui envahit
Tout, comme si nageant sous l’eau dans une eau clairement poissonneuse tu
Inspirais et découvrais que c’était possible, même vivre, mais trouvais aussi qu’en fait
Tu n’aimais pas ça, janvier, étendu sur un lit de glace, le dégorgeant
Février en forme de flet, et mars avec son livre de poche à bille d’acier,
Avril dingo mal habillé au grand rire, et mai
Qu’on élira évidemment Miss Bien Aimée (elle s’y attend),
Juin au sourire dentifrice, frais sorti de son bain de puces, et l’énorme juillet
Qui bande ses muscles, août en étuve aux cuisses et yeux accordés, puis septembre
Planant vers l’octobre bleu, novembre austère et décembre monotone à mourir, qui de temps
En temps d’un regard vierge étonné sort de sa main un as d’atout
Ou à la racine des cheveux blanc glace de la nouvelle lune applique le reste gibbeux :
Global et bleu, colombien, fade bleu fin délinéé comme le premier jour
De février quand, dans un capital financier flambé puis gelé s’amassant
Sans plan pour devenir son propre meilleur monument les gratte-ciels s’entassent
Comme des jetons de poker (signé : “Autodidacte”), au centre du panorama traverse
Un wagon plat empilé de cinq très modestes canots, bâchés,
Plus un adolescent en pantalon violet, une femme de chambre dans son uniforme et un “c’est pas réel
Tout cela” de manteau et chapeau cosaques, un bus au quart plein d’étrangers et
Autres accessoires familiers des jours courts qui rallongent : “Il les a dépassés en taille
Avant qu’on puisse se retourner” et voir derrière soi le paysage du passé
Où des barques échouées lézardent et des falaises en terrasses s’ornent d‘oranges
Parmi de sombres feuilles aux reflets d‘étoiles, descendant les rudes marches vertigineuses
Souillées de perles excrémentielles de chèvres – quel emballage – tu – il – elle –
L’un – quelqu’un – s’arrête pour détacher une tige de myrte et réciter toutes les lignes
De Goethe qui lui reviennent ainsi que celles en français, “Connais-tu …?“ l’air
S’emplit d’une rognure crayeuse de gommes tapotées, derrière les dunes de février
Extrait de : James Schuyler : The Crystal Lithium, Random House 1972. Traduit de l’anglais (américain) par Jean-René Lassalle.
The Crystal Lithium (2)
A greasy sense-eclipsing fog “I can’t see
Without my glasses” “You certainly can’t see with them all steamed up
Like that. Pull over, park and wipe them off.” The thunder of a summer’s day
Rolls down the shimmering blacktop and mowed grass juice thickens the air
Like “Stir until it coats the spoon, remove from heat, let cool and chill”
Like this, graying up for more snow, maybe, in which a small flock
Of—sparrows?—small, anyway, dust kitty-colored birds fly up
On a dotted diagonal and there, ah, is the answer:
Starlings, bullies of birdland, lousing up
The pecking order, respecters of no rights (what bird is) unloved (oh?)
Not so likeable as some: that’s temperate enough and the temperature
Drops to rise to snowability of a softness even in its scent of roses
Made of untinted butter frosting: Happy Name Day, Blue Jay, staggering
On slow-up wings into the shrunk into itself from cold forsythia snarl
And above these thoughts there waves another tangle but one parched with heat
And not with cold although the heat is on because of cold settled all
About as though, swimming under water, in clearly fishy water, you
Inhaled and found one could and live and also found you altogether
Did not like it, January, laid out on a bed of ice, disgorging
February, shaped like a flounder, and March with her steel bead pocketbook,
And April, goofy and under-dressed and with a loud laugh, and May
Who will of course be voted Miss Best Liked (she expects it),
And June, with a toothpaste smile, fresh from her flea bath, and gross July,
Flexing itself, and steamy August, with thighs and eyes to match, and September
Diving into blue October, dour November, and deadly dull December which now
And then with a surprised blank look produces from its hand the ace of trumps
Or sets within the ice white hairline of a new moon the gibbous rest:
Global, blue, Columbian, a blue dull definite and thin as the first day
Of February when, in the steamed and freezing capital cash built
Without a plan to be its own best monument its skyline set in stacks
Like poker chips (signed, “Autodidact”), at the crux of a view there crosses
A flatcar-trailer piled with five of the cheaper sort of yachts, tarpaulined,
Plus one youth in purple pants, a maid in her uniform and an “It’s not real
Anything” Cossack hat and coat, a bus one-quarter full of strangers and
The other familiar fixings of lengthening short days: “He’s outgrown them
Before you can turn around” and see behind you the landscape of the past
Where beached boats bask and terraced cliffs are hung with oranges
Among dark star-gleaming leaves, and, descending the dizzying rough stairs
Littered with goat-turd beads—such packaging—you—he—she—
One—someone—stops to break off a bit of myrtle and recite all the lines
Of Goethe that come back, and those in French, “Connais-tu ... ?” the air
Fills with chalk dust from banged erasers, behind the February dunes
Extrait de : James Schuyler : The Crystal Lithium, Random House 1972.
-------------------------------
Le cristal de lithium (3)
Des chars à glace filent et parmi les roseaux serpente un petit courant gelé
Où des gosses en kapok patinent et jouent à Ville Secrète tandis que le soleil
Se couche avant le dîner, la neige sur les champs rosit et sous la glace incubée
L’eau coule obscure avec au-dessus une liquéfaction jamais vue de soleil
Dans un jaune chimique plus vert que soufre un miroitement de dérivé pétrolier
Incroyable, non-désiré, aussi agréable que si quelqu’un qu’on avait connu toute sa vie
Disait la chose la plus inconcevable puis continuait à laver la vaisselle : le ciel
Ruisselle d’une passion impersonelle en trainées d’avions qui s’effacent (les yeux s’écartèlent de froid)
Et sur la plage, au milieu de l’écume transie en dense bordure dentelée comme
Une bizarre broderie d’oreiller gaufrant la joue, sur le sable assombri par l’eau les vagues
Se dégagent du gel, une mouette s’étrangle sur le long fil nylon d’une canne à pêche et le chien
Part trotter fièrement, la queue haut dressée, pour enterrer un futur dîner dans l’herbe coupée sur une dune :
Les chars à voile replient leur voilure et tout le monde s’engouffre dans des voitures pour aller au supermarché,
Ses aliments et nettoyants séduisants vendus sous mélodies avec parfum de souvenir gravé
“Rhubarbe de serre”, “Soda Lolita”, “Futurs citrus”, “Haricots amers budget” et
Dans son parking immense comme le baiser auquel on cède le plus intensément
Dans un décor de feuilles, une arrière-boutique, une maison sur la colline admirée pour être
Un peu plus ancienne que d’autres (et plus jolie?), un homme en tablier blanc embrasse une voiture
Du regard brièvement dans le froid comme quelqu’un s’étreignant lui-même pour trouver chaleur ou amour
- Quel travail de peinture, lisse comme une aubergine ; quelle carcasse riche en viande , lisse comme une aubergine
- Est-ce trop demander à notre voiture qu’elle nous comprenne ? L’inverse ne l‘est pas et le ciel
Cartographie de nouvelles routes, si bien qu’en conduisant perpendiculairement au vent, les rangées de nuages
Parviennent à diminuer la perspective, partie d’une carte postale représentant une peinture
Au-dessus des broussailles d’un chêne où une station-service possède : essence, toilettes verrouillées (pour conserver la saleté)
Un distributeur de boissons gazeuses bouzillé, aucune carte et “Je pourrais pas vous dire où c’est” ainsi
Le ciel se réduit à une couleur, là où la flaque d’hier
Offre son hospitalité aux détritus humains et naturels, dans leurs bronzages et argentés
Et ces gravillons noirs dans les coins d’une pièce dans tel ou tel tas de déchets
Où la lampe du plafond brûle nuit et jour et nous regardons chacun vers ou dans
Les yeux de l’autre avec l’espoir que l’autre y lira bien ce qu’il lit là : la neige, un vent
Soulevé ; l’eau noire, cisaillée de blanc ; et ce qui est, ce qui est au delà
Du bonheur ou de l’amour ou mêlé à eux ou plus qu’eux ou moins, l’inchangeant changement
“Regarde” disait l’océan (il était secoué, comme nos draps) “regarde dans mes yeux”
Extrait de : James Schuyler : The Crystal Lithium, Random House 1972. Traduit de l’anglais (américain) par Jean-René Lassalle.
The Crystal Lithium (3)
Ice boats speed and among the reeds there winds a little frozen stream
Where kids in kapok ice-skate and play at Secret City as the sun
Sets before dinner, the snow on fields turns pink and under the hatched ice
The water slides darkly and over it a never before seen liquefaction of the sun
In a chemical yellow greener than sulphur a flash of petroleum by-product
Unbelievable, unwanted and as lovely as though someone you knew all your life
Said the one inconceivable thing and then went on washing dishes: the sky
Flows with impersonal passion and loosening jet trails (eyes tearing from the cold)
And on the beach, between foam frozen in a thick scalloped edging so like
Weird cheek-mottling pillowcase embroidery, on the water-darkened sand the waves
Keep free of frost, a gull strangles on a length of nylon fishline and the dog
Trots proudly off, tail held high, to bury a future dinner among cut grass on a dune:
The ice boats furl their sails and all pile into cars and go off to the super market
Its inviting foods and cleansers sold under tunes with sealed-in memory-flavor
“Hot House Rhubarb” “White Rock Girl” “Citrus Futures” “Cheap Bitter Beans” and
In its parking lot vast as the kiss to which is made the most complete surrender
In a setting of leaves, backs of stores, a house on a rise admired for being
Somewhat older than some others (prettier, too?) a man in a white apron embraces a car
Briefly in the cold with his eyes as one might hug oneself for warmth for love
—What a paint job, smooth as an eggplant; what a meaty chest, smooth as an eggplant
—Is it too much to ask your car to understand you? the converse isn’t and the sky
Maps out new roads so that, driving at right angles to the wind, clouds in ranks
Contrive in diminishing perspective a part of a picture postcard of a painting
Over oak scrub where a filling station has: gas, a locked toilet (to keep dirt in)
A busted soda pop machine, no maps and “I couldn’t tell you thet” so
The sky empties itself to a color, there, where yesterday’s puddle
Offers its hospitality to people-trash and nature-trash in tans and silvers
And black grit like that in corners of a room in this or that cheap dump
Where the ceiling light burns night and day and we stare at or into each
Other’s eyes in hope the other reads there what he reads: snow, wind
Lifted; black water, slashed with white; and that which is, which is beyond
Happiness or love or mixed with them or more than they or less, unchanging change,
“Look,” the ocean said (it was tumbled, like our sheets), “look in my eyes”
Extrait de : James Schuyler : The Crystal Lithium, Random House 1972.
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 13 mars 2019 à 11h59 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
James Schuyler (1923-1991) est un poète nord-américain remarqué pour son mélange de style conversationnel et de musicalité. Dans sa jeunesse il fut deux ans secrétaire du poète anglais W.H. Auden sur une île italienne. Il était affilié au mouvement d’artistes de la “New York School” vers 1960 avec des poètes comme Ashbery et Frank O’Hara - avec qui il habita à trois dans un appartement ; et il écrira avec Ashbery le roman Un Nid de nigauds traduit aux Presses du Réel -, Barbara Guest, Ted Berrigan, Ron Padgett. Ces poétes étaient influencés par leurs contacts avec les peintres de l’expressionisme abstrait. Ainsi, le flux de conscience chez Schuyler a l’apparence spontanée et l’énergie de la peinture de Pollock et De Kooning, liant des paysages psychologiques par coulées plutôt que par découpage net, avec un sens marqué pour les associations de couleurs. Schuyler était un homme discret, travaillant pour une revue d’art et ne cachant pas son homosexualité. Dans son long poème “Le cristal de lithium” (traduit ici intégralement), la molécule régulatrice d’humeur bipolaire est reliée aux cristaux de sel marin et l’incessance des vagues semble emporter au-delà des retombées (déchets, froid, gravillon noir) vers un mouvement cyclique et progressiste : un de ses livres s’intitule “Hymne à la vie”. Il a reçu le prix Pulitzer dans le domaine de la poésie. Il est bien servi en français puisque Le Théâtre Typographique l’a édité en 2010, et que la collection américaine d’Olivier Brossard chez Joca Seria a complété par un second volume.
Bibliographie selective :
Freely Espousing , Paris Review, 1969
The Crystal Lithium , Random House, 1972
Hymn to Life , Random House, 1974
The Morning of the Poem Farrar & Giroux, 1980
A Few Days, Random House, 1985
Selected Poems , Carcanet, 1990
Traduction en français :
Le Cristal de lithium, Théâtre Typographique, 2010 (traduit par Bernard Rival)
Il est douze heures plus tard, Joca Seria, 2014 (traduit par Stéphane Bouquet)
Sitographie :
Photo, bio et 3 poèmes
Le poème “A Man in Blue” inspiré par la 2è symphonie de Brahms, avec piste audio de Schuyler le lisant
Jean-René Lassalle
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 13 mars 2019 à 09h43 dans Poètes (fiches bio-bibliographiques) | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: homosexualité, James Schuyler, Jean-René Lassalle, poésie américaine
John Steinbeck : le faire, nom de Dieu !
Quel rapport entre John Steinbeck et la poésie, me direz-vous ?
Aucun sauf que le journal de travail des Raisins de la colère (1938-1941), Jours de travail (Seghers) n’a à voir qu’avec l’écriture, encore l’écriture, toujours l’écriture. Comme le souligne son traducteur et préfacier Pierre Guglielmina, l’obsession de Steinbeck était le temps, celui qui passe, celui qu’il faut prendre, celui qui parfois semble un mur, celui pour lequel il faut se battre pour écrire (le temps des autres, le temps de la maison, du bruit, des amis qui passent), oscillant constamment entre la volonté d’écrire et l’envie de fuir les contingences : « j’aimerais m’enfuir loin de tout pour faire mon livre » et surtout celle que tout écrivain ressent certainement un jour ou l’autre : « … j’essaie de gagner du temps pour ne pas retourner au travail. »
Ce journal est souvent émouvant en raison de la sincérité de ces pages qu’il gardait pour lui, toutes les luttes intérieures et tentations extérieures y apparaissent sans que jamais Steinbeck ne s’y donne une image de lui autre que la stricte façon très humaine dont il se perçoit. Les « entrées » (date, année, heure, jour de la semaine) font rarement plus d’une demi-page, voire une page, sont parfois inachevées mais sur le futur : « Mais lundi et ce sera », « et la date sera », « et ce sera », « demain est » etc. Un lexique à la fin donne les noms des personnes et des lieux importants.
Dans ces pages sont consignés le travail à faire, ou les états d’âme, le doute (« je me demande si je vais jamais finir ce livre », la confiance, « Et je vais le finir, bien entendu », la fatigue voire la dépression, le besoin de solitude et le besoin de ses amis, l’aide de Carol sa femme ou les tensions dans le couple évoquées sans plus de détails, l’attente du courrier, les nombreux et forts maux d’estomac, la joie également et tout le plan des Raisins de la colère. Ce rythme trouvé l’aide à tous points de vue : « Plus j’y pense, plus j’aime cette idée du journal de travail »
Le trait de caractère le plus marquant peut-être, qui revient sans cesse comme une force, c’est la volonté : « l’échec de la volonté, ne serait-ce qu’un jour, a un effet dévastateur sur l’ensemble », « personne ne connaît mon absence de facilité comme je la connais. Je lutte contre elle tout le temps ». Mais c’est aussi constamment, exactement en face : « … l’effondrement intérieur. Le sentiment d’être fini, la destruction de toute forme et de tout projet. »
L’impression persistante de l’imposture (de tricher, de ne pas y être arrivé quand les autres croient l’inverse), l’habite, de même que les tiraillements que lui imposent la vie d’écrivain célèbre et ce qui se passe ailleurs : « … ces gens qui crèvent de faim – qu’est-ce qu’on peut faire ? »
La manière dont Steinbeck a tout son plan des Raisins de la colère est très impressionnante, il parle de ses personnages comme d’êtres vivants qui vont faire ceci ou cela, ont tels traits de caractère, l’ensemble du livre est déjà dans sa tête. Sa journée de travail est dévolue à tel chapitre, tel événement, telle progression, tout est précis et conduit, « on y va » revient, comme un mot d’ordre, un cri de bataille, un clairon : « … je me sens de plus en plus comme le travail », « … arrêter de travailler est ce qui fait des dégâts. … le travail lui-même me repose », ce travail est aussi une lutte constante contre l’anxiété, parfois le désespoir. Son pendant, « Comme d’habitude je fais pas mal l’imbécile avant de me mettre au travail, de telle sorte qu’il est déjà près de onze heures et que je ne suis toujours pas à la tâche ». « En fait, à la moindre excuse, personne ne va travailler. »
Il y a aussi que Steinbeck est déjà très connu, la pression sur lui est forte, prises de positions (Hitler est tout près de provoquer la guerre), demandes des éditeurs, des journaux, la sortie imminente du film Mice and Men tiré de Des souris et des hommes. Il ne la supporte pas, il s’efforce de s’en extraire, il veut juste travailler, et habiter le nouveau Ranch Biddle pour lequel sa femme Carol et lui ont eu un coup de foudre. Il aime aussi « son bon vieux stylo » qui n’est peut-être pas pour rien dans la progression du livre : « J’écris à présent facilement mais je ne pense pas facilement. » L’aveu est touchant et l’effort d’autant plus méritoire.
« Et le travail est la seule bonne chose », avec l’objectif du jour, si drôle « je peux pisser les deux mille mots », « Personne ne va le faire pour moi ».
Les choses progressent, « Voici une chose étrange – presque comme un secret. Vous commencez à poser des mots, et il y a trois choses, vous, le stylo et la page. Puis, graduellement, les trois choses fusionnent jusqu’à ce qu’elles n’en fassent plus qu’une et vous sentez la page comme vous sentez votre bras. Si ce n’est que vous l’aimez encore plus que votre bras. »
Ce livre est merveilleux dans son humanité, dans sa lutte avec soi-même, dans sa foi en la volonté, c’est un livre d’écrivain pour les écrivains, dans lequel nous pouvons puiser courage et détermination.
L’amour de la vie, l’amour pour Carol puis pour Gwyn (« je dois être sûr de choisir ce qu’est l’amour et ce qu’est le remords. Je ne suis pas quelqu’un de très bien. ») tout autant que l’envie de mourir, la certitude de ce qu’il a à faire sans être jamais prétentieux, les bonnes cuites prises avec ses amis rendent Steinbeck très attachant.
Au terme de ce contrat passé avec lui-même (« je crois que je vais laisser ce livre maintenant » dit-il de ce journal) voici la tâche qui avait été fixée : « Faire simplement la journée de travail »,
cette tâche personnelle accomplie : « L’ai fait, nom de Dieu !»,
suivie de l’universelle signature de contrat avec soi-même : « c’est fait ».
Isabelle Baladine Howald
John Steinbeck, Jours de travail, traduction et préface de Pierre Guglielmina, Seghers, 2019, 216 p., 19€
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 12 mars 2019 à 12h01 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: "Jours de travail", "Les raisins de la colère", Isabelle Baladine Howald, John Steinbeck, Pierre Guglielmina, Seghers
Faire voix à deux :
lecture de Retours de langue d’Édith Azam et Bernard Noël
Faire surgir l’autre dans le nom, jusqu’à l’autre corps par l’écriture. Par une écriture du corps. C’est déjà ce que déclarait le livre Treize Cases du jeu (P.O.L, 1998) : ce dont il était la conscience, en 1998, interrogeant un « lieu des signes » et un « envers des noms » ; c’est aussi ce dont l’écriture est la portée, consciente-inconsciente, un problème poétique dont l’œuvre de Bernard Noël est la traversée lucide. Une rencontre se fait alors avec l’écriture d’Édith Azam, tout entière envol et question (Oiseau-moi, Landskine, 2018 et On sait l’autre, 2014). Il faut aller alors à la rencontre de ce livre, Retours de langue, où chacun revient de l’autre pour résonner avec soi, se (re)trouver en somme : « C’est bon souvent / de disparaître / pour s’apparaître / un peu mieux loin / beaucoup plus juste… » (p. 38) Il y a comme une leçon de ténèbre dans cette suite très maîtrisée, mais justement au bord de l’abandon, parce que dans l’abandon total d’écrire, l’abandon d’une écriture qui s’oublie elle-même, jusqu’à inventer ses propres incertitudes qui refont une langue. Ceci encore, pour le fleuve héraclitéen : « Si une chose / reste sûre… on ne se croise / jamais deux fois / au même point. » (p. 38) Qui fait le rythme et la forme, par l’expérience, le « principe vital » créateur d’un « intérieur » (p. 9), une parole ouverte par l’autre et avec l’autre et le dépli d’une solitude : la question « comment ça s’ouvre un corps comment / le bout du cœur pointe à la langue / s’inventent alors de nouveaux gestes » se poursuit dans un corps devenu matière du temps et souffle donnant forme à l’inconnu du présent : « il suffit de le prendre aux mots / et le voilà devenu rythme ou mesure » (p. 33).
Faire voix, c’est donc faire surgir. Le titre Retours de langue désigne, semble-t-il, une activité corporelle, incluant rythme, souffle et articulation, et une activité linguistique, par laquelle la langue, par le poème et cette écriture de la rencontre, se retourne sur elle-même, est mise en mouvement, d’abord parce qu’elle circule entre deux signatures, ensuite parce qu’elle est transformée par une voix qui s’invente à deux. La dernière page de la quatrième section est à cet égard à lire, pour sa mise en jeu consciente-inconsciente des catégories de la langue, une mise en jeu qui vient augmenter (c’est la seule acception possible maintenant de la notion d’autrice-auteur, l’acte d’augmenter, selon ce qui n’a jamais été ouï jusqu’à présent) :
je me souviens des jours
et l’insolente déchirure
et la douleur étincelante
les mots sont des crève-misère
le silence autour : crève-cœur
je me souviens des jours qui viennent
m’en veux de ne pouvoir écrire
je n’ai pas peur de l’avenir
et ne dis rien pour tout te dire :
c’est faire un choix voler la mo(u)rt
(p. 28)
Voilà qui n’a rien d’un jeu formel, (trop) conscient de ce qu’il ferait, dans lequel l’écriture à quatre mains risquerait de tomber, empiégée par ses propres calculs. C’est que la densité du « silence autour » est forte et prégnante dans tout ce livre, incitant et poussant le lecteur dans l’aventure d’une écriture en constante découverte d’elle-même, en recherche parce qu’elle s’est déjà trouvée. Au début de la cinquième section « avenir est un verbe plein », avec un présent conjugué à plein temps, la jonction de cet élan étant : « à perte de commencement / passer est un verbe banal » (p. 31). Le verbe est certainement le moyen et l’opérateur poétique de l’expérience. Aussi commencement vibre-t-il avec « graines perdues de la mémoire » (Idem). On peut revenir alors à l’extrait cité de la quatrième partie du livre : comme un avenir et une mémoire du présent : je me souviens des jours qui viennent, ainsi une mémoire en devenir dans l’expérience de vivre, écrire, penser et parler, avec l’autre, comme un dialogue incessant donc : c’est faire un choix voler la mo(u)rt ; mais aussi une diction avec le silence, qui s’entend ici depuis les dents et la langue, ce que réalise ce chiasme prosodique du rien et du tout, l’absolu d’un geste vers l’autre en une ligne : et ne dis rien pour tout te dire : alors s’entend de nouveau le mouvement initial du début de la page : et l’insolente déchirure / et la douleur étincelante.
C’est ainsi que le poème d’Édith Azam et Bernard Noël fait sa propre musique : une voix sans pourquoi parce qu’elle épouse le mouvement de vivre-écrire-aimer. Ces lignes le résument, il me semble : « On écrit pour du vent / pour faire d’étranges sculptures / qui meurent en musique » (p. 53) Parce que tout a lieu seul. Alors la question est tentante de savoir qui écrit, mais la solitude est un partage sans partage, la relation l’opposé de la communication, sa contestation même, ce que Rilke nous apprend dans ses Lettres à un jeune poète. Le livre indique typographiquement la main de qui écrit, mais, comme nous l’apprend cette fois Un Coup de dés de Mallarmé, la voix traverse la typographie par le souffle, une bouche de tout ou rien faite à plusieurs. C’est ce qui fait la force de ce livre, de tout livre de poésie : faire d’une expérience une possibilité nouvelle de vivre et de faire vivre. C’est pourquoi lire Retours de langue revient à commencer encore et toujours à perte de vue.
Laurent Mourey
Édith Azam & Bernard Noël, Retours de langue, Fai fioc, Boucq (Lorraine), 2018, 56 p., 8€
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 12 mars 2019 à 11h33 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: "retours de langue", Bernard Noël, Edith Azam, Faï Fioc, Laurent Mourey
Belle vitalité de la collection « Al Dante » aux Presses du Réel ! Michèle Métail y publie Portraits Robots.
Poezibao propose ici le texte de certains de ces portraits et donne en image une idée de la mise en page et de la présentation des poèmes. On peut aussi se rendre sur le site de l’éditeur pour lire un extrait du livre.
ENVOI
L’ÉDITEUR DE LA RIVE GAUCHE
CORPS CONSULTÉ
EN PETIT COMITÉ
LECTURE OPTIQUE
REGARD DISTRAIT
À LA PAGE
POINT DE VUE
POIDS PLUME
TIRAGE DE TÊTE
PLAQUETTES SANGUINES
AUTEUR DE SES PROPRES MAUX
VICES DES CONTRATS
AIR ÉVASIF
REFUS POLI
Dans la séquence Profil grec
L’ÉPHÈBE DU GYMNASE
YEUX PÂLES
PREMIÈRE BARBE
PEAU DOUCE
BUSTE ANTIQUE
BEAU GESTE
GOÛT DES ARMES
MAIN À L’ÉPÉE
BOUCLIER HUMAIN
MARCHE AU COMBAT
À SON CORPS DÉFENDANT.
Dans la séquence Ich bin ein Berliner
LE HUGUENOT
CONSCIENCE OPPRIMÉE
VAISSEAU DU DÉSERT
PERTE DE SANG
ESPRIT LIBRE
LANGUE FRANÇAISE
MENTON FUYANT
REGARD LOINTAIN
À BOUT DE FORCE
DEMANDE D’ASILE
GRAND ÉLECTEUR
Dans la séquence Le Tout-Paris
LE GARÇON DE CAFÉ
ŒIL DE VERRE
OREILLE D’UNE TASSE
COU D’UNE BOUTEILLE
L’EAU À LA BOUCHE
ESPRIT-DE-VIN
VENTRE D’UNE CRUCHE
PIED DE LA TABLE
PRIS EN SANDWICH
JAMBES EN PÂTÉ DE FOIE
COMPTE ROND
Michèle Métail, Portraits Robots, édité par Laurent Cauwet, coll. Al Dante, Les Presses du Réel, 2019, 80 p., 10€.
Présentation de l’éditeur :
De « L'éditeur de la Rive gauche » à « Miss Fukushima », 102 portraits-robots de personnes ou de professions en 10 expressions mises sous forme d'inventaire, regroupés en 8 chapitres (« Profil grec », « Ich bin ein Berliner », « Gens d'Edenkoben », « Viennoiserie », « Les Marseillais, peuchère ! », « Le Tout-Paris », « Helvétisme », « Estampes friponnes »).
Ces Poèmes figurés au sens propre font suite à un premier volume de Cinquante Portraits-Robots publié en 1982 à 150 exemplaires (bibliothèque oulipienne n°21). Comme eux ils composent une « imagerie mentale à la manière d'Arcimboldo et de Nicolas de Larmessin ».
De nombreuses allusions historiques et littéraires se cachent derrière ces personnages. Le lecteur reconnaîtra une citation de J.F. Kennedy et l'évocation de F. Hessel, A. Einstein, A. Döblin, R. Musil, S. Freud, B. Tapie, A. Onassis, M. Callas, A. Tsipras, Rousseau, Voltaire, Guillaume Tell, du clown Dimitri et du grand collisionneur de Hadrons (LHC), de Pierre Loti sans oublier quelques philosophes de l'Antiquité…
« Gens d'Edenkoben » fut écrit durant une résidence de cinq mois dans la Maison des artistes (Künstlerhaus) de cette petite ville de Rhénanie-Westphalie située au pied du Kesselberg. La Ludwigshöhe et le château de Hambach sont des sites historiques emblématiques de la région. Un festival de guitare se déroule chaque année à la Ludwigshöhe.
Marseille en treize portraits-robots repris ici avec quelques modifications sous le titre « Les Marseillais, peuchère ! » répondait à une commande des architectes Catherine Rouan et Stéphane Raguenet dans le cadre de « Marseille 2013, capitale européenne de la culture ». Ils conçurent un phare bleu émettant chaque nuit des textes transposés en morse lumineux. Ces treize portraits furent diffusés de juin à septembre, publiés sur le site internet du phare bleu puis dans la revue Pro Memoria n°6, 2014. Le minot et la cagole sont des personnages incontournables de la ville.
Le Tout-Paris en vingt portraits-robots publié initialement dans Poésie au cœur du monde. Anthologie 2013, Biennale internationale des poètes en Val de Marne, 2013, est repris ici avec quelques modifications.
À Genève, le sautier de la République est un fonctionnaire qui a notamment pour charge de signaler l'éclosion du premier bourgeon du marronnier officiel situé sur la Promenade de la Treille. Il déclare ainsi chaque année le début du printemps.
Des extraits de « Profil grec », « Ich bin ein Berliner » et « Viennoiserie » ont paru dans la revue L'intranquille n°12, printemps-été 2017.
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 12 mars 2019 à 11h14 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Balises: Al Dante, Michèle Métail, portraits, Presses du Réel