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jeudi 16 décembre 2004

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A Dominique Meens, Lauréate de quarante prix littéraires, mais issue du milieu ouvrier le plus pauvre, donc dépourvue d'influence, j'édite moi-même mes livres, et donc je les diffuse comme je peux. Ma situation est d'autant plus précaire que je suis handicapée et sans revenu. Un archéologue a conseillé mon roman historique celte sur la 5. J'ai choisi d'éditer mes ouvrages, car en matière de littérature générale, les éditeurs de province sont des escrocs. A ce motif que j'édite mes livres et rien que mes livres, on refuse d'examiner mon cas pour m'accorder quelque aide que ce soit au niveau de la CNL. Je me demande à quoi servent les prix littéraires ! Quarante prix, ce sont autant de comités de lecture qui ont élu mes oeuvres. Vous avez bien de la chance d'avoir à deux reprises obtenu des aides substantielles de la CNL. Je me résigne à ne jamais rien obtenir. Je me bats pour les auteurs, je fais créér des salons du livre d'auteur. Je trouve une certaine compensation au fait d'éditer mes oeuvres : elles ne sortent pas des rayons des libraires pour aller au pilon au bout de quatre mois, aux frais du contribuable ! Certes, j'ai un référencement FNAC, mais à part cela, mes livres ne sont pas vendus par les libraires, mais par quelques buralistes, et aussi par internet. Bref, cher Dominique, mesurez-vous votre chance, cette chance qu'on me refuse par principe ? Sur l'article de "Lire", il est dit que vous devriez avoir un travail salarié; hélas, du fait de mon handicap visuel m'empêchant de conduire, je ne puis trouver de travail à hauteur de mon niveau d'études en l'occurence, Sciences-Politiques. Mes dossiers médicaux et chirurgicaux (je fus aveugle)remontant à l'enfance, déclarés perdus, je ne puis faire reconnaître la part neurologique résultant de l'opération qui n'existe plus depuis les greffes de cornée, et que personne ne connaît plus, qui me permit de récupérer un peu de vue, et de ce fait, je ne perçois aucune pension. J'ai 50 ans, deux enfants à la maison, le travail ménager... Ne suis-je pas traitée par ce système, d'une manière plus injuste que celle que vous déplorez ? Vous avez deux fois perçu une aide; moi, je ne puis même pas déposer un dossier ! Pour ces instances, si un auteur s'édite, c'est qu'il est mauvais, mais mon cas atteste du contraire ! Il en est de même pour les instances régionales : l'ARALD (en Rhône-Alpes) ! J'ai la satisfaction d'avoir des lecteurs tellement conquis par mes oeuvres, qu'ils me rachètent des quantités de livres pour offrir. La littérature française est perdue depuis longtemps. Seuls les (petits) salons du livre nous permettent de lutter contre la pensée unique : celle du fric, justement. Le livre est un produit ; quid de l'oeuvre ? Quid de la carrière de l'auteur ? Je présente mon dernier roman historique au Prix du Roman Historique des Rencontres de l'Histoire de blois. Cela m'oblige à participer aux quatre jours du salon. Entre la location du stand et les droits d'inscription, je dois verser 470 Euros, auxquels il convient d'ajouter frais de déplacement, de restauration et d'hébergement, pour deux personnes, puisque du fait de mon handicap, mon époux doit m'accompagner. Je cherche en vain un mécène, car actuellement il me faut payer mon imprimeur. Si dans une semaine je n'ai pas trouvé environ 1000 Euros, mon ouvrage n'aura sera d'office rejeté de la sélection, au motif de ma non-inscription. Voilà où j'en suis ! Un peu bêtement, je me dis que si tous les signataires de votre pétition m'offrait un Euro, j'aurais une partie de cette somme. Vous avez plus de chance que moi, cher confrère. Mon mail ne fonctionnant pas très bien, vous pouvez m'écrire : Marie Juge/Ormhael Publication 15 rue de la Contamine, lot 4 bis / 38120 Saint-Egrève. Ou par Fax : 04 76 75 57 56 Bien cordialement, Marie.

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