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jeudi 02 décembre 2004

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Pour illustrer, voici un poème de Raul Rivero MAUVAIS REVES Je suis un fauteur de tachycardie. Quelqu’un qui ne veut pas partir, Quelqu’un qui ne veut pas rester. Quelqu’un que l’on reçoit avec joie le premier soir Avec réticence le deuxième Et que l’on expulse le troisième. Je suis un personnage triste qui pleure sur le papier Ou sur une épaule de passage. Je suis un désastre comme mon passé Un mauvais rêve comme mon avenir Et une catastrophe comme mon présent. Tel que vous me voyez, je suis un poète Qui cristallise en lui la débâcle de son époque De son pays et de sa vie. Alors pardonnez-moi si mes rêves sont pleins de traques policières Et d’amis empoisonnés. Pardonnez les cauchemars où je fuis En volant avec la légèreté d’une centreale sucrière Déguisé en épouvantail à moineaux et en enfant En spadassin et en cathédrale. Admirez que pour assumer le monde où je vis J’empoigne seulement cette plume Raul Rivero, dans Anthologie de la poésie cubaine censurée, proposée par Zoé Valdés, collection interdite, éditions Gallimard, 2002, page 111

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