TOMBE, COEUR
Tombe, coeur de l’arbre du temps, tombez, feuilles,
des branches saisies par le froid
que jadis le soleil entoura de ses bras,
tombez comme des yeux agrandis tombent les larmes !
[...]
tant pis si le dos tendre des nuages
une fois encore se penche vers toi,
qu’importe si les rayons de miel de l’Hymette
une fois encore t’emplissent.
[...]
Et qu’est-ce qui déjà témoigne de ton cœur ?
Entre hier et demain il oscille,
silencieux, étranger,
et l’heure qu’il sonne
est celle, déjà, de sa chute hors du temps
Ingeborg Bachmann, Poèmes, traduits de l’allemand par
François-René Daillie, Actes Sud, 1989, p. 28
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