Cette rubrique suit l’actualité
éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes
critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par
les éditeurs. Certains points de vue ou remarques sont toutefois le fait de la
rédaction et sont alors précédés de la mention ndlr.
Parmi les livres et revues
récemment reçus par Poezibao :
•Revue Le préau des collines, n° 9,
Lettres à M.B (Mathieu Bénézet)
•Françoise Rétif, Ingeborg Bachmann, Belin
•Mary-Laure Zoss, Entre chien et loup jetés, Cheyne
Editeur
•Adorno/Celan, correspondance, Nous
•revue Passages à l’Act 5/6, Pascal Quignard
•revue CCP, n° 16, Claude Royet-Journoud
•Anne Parian, Une Ligne, Eric Pesty Editeur
•Pascal Boulanger, Jamais ne dors, Le Corridor bleu
•revue Rehauts, n° 22
•Anthologie Le Poème palestinien contemporain, Le Taillis Pré
•Suzanne Doppelt, Le Monde est beau, il est rond,
Inventaire/Invention
•Sylvie Durbec, Territoires de la folie, Éditions Cousu Main
Poezibao a décidé de soutenir l’initiative de Place des Libraires et donne donc aussi souvent que possible, pour chaque livre, un lien vers le site de ce réseau de libraires indépendants qui tentent d’exister en face des géants de la distribution de livres en ligne.
Revue Le Préau des collines
n° 9
Lettres à M.B.[Mathieu Bénézet]
18 €
« Ce numéro n’est pas un
numéro d’hommage. Selon le vœu de Mathieu
Bénézet, il s’agit de lettres librement adressées et de connivences.
L’Amitié y est présente. Quand un cœur bat pour la littérature, cela signifie
qu’il bat pour ses contemporains, passés, présents et à venir.
« Oubliez-moi » a-t-il écrit.
Avec des contributions de Claude Adelen / Ali / Hervé Baudat / Mathieu Bénézet
/ Jean-Michel Binsse / Philippe Blanchon / François Boddaert / François Bon /
Jean-Paul Bota / Yves Boudier / Isabelle Cavalleri / Bernard Chambaz /
Jean-Pierre Chevais / Francis Cohen / Marcel Cohen / Pascal Commère / Fabienne
Courtade / Seyhmus Dagtekin / Robert Davreu / Michel Deguy / Dominique Delpirou
/ Roger Dextre / Christian Doumet / Hélène Durdilly / Marie Etienne / Gérard
Farasse / Jean Frémon / Antoine Gallien / Olivier Gallon / Joël Galvaing /
Christian Ganachaud / Liliane Giraudon / Gérard Haller / Philippe Hélénon /
Jean-Paul Héraud / Geneviève Huttin / Daniel Jacoby / Gilles Jallet / Hédi
Kaddour / Patrick Laupin / Jacques Lèbre / Yves Mabin Chennevière / Yves di
Manno / Christophe Marchand Kiss /Denis Martin / Xavier Maurel / Patrick Maury
/ Jean-Paul Michel / Jacques Munier / Jean-Luc Nancy / Bernard Noël / Gérard
Noiret / Laurent Pinon / Lionel Ray / Christian Rist / Paul Louis Rossi /
Valérie Rouzeau / Claude Royet-Journoud / Caroline Sagot-Duvauroux / Yalla
Seddiki / Jacques Sojcher / Michel Surya / Esther Tellermann / Franck Venaille
/ Christiane Veschambre / Jean-Jacques Viton
Site
du Préau des Collines
Françoise Rétif
Ingeborg Bachmann
Belin, 2008
17 €
sur le site de Belin
Place des Libraires
« L’œuvre de l’autrichienne
Ingeborg Bachmann (1926-1973)
constitue l’une des productions essentielles des littératures germanophones de
la seconde moitié du xxe
siècle. Toute sa vie et à chaque page de son œuvre, Ingeborg Bachmann a
combattu les images figées que l’on plaque sur la réalité, tous les schémas et conformismes
en général et en particulier ceux auxquels on a cherché à la réduire pour
tenter de la définir, de la saisir, de la pétrifier dans une représentation. Sa
personne déroutait : esprit brillant, grande intellectuelle, philosophe,
elle était aussi poète, d’une grande beauté et féministe à sa manière, par sa
tentative de rénovation de la langue « au féminin ». Aussi radicale
qu’un Thomas Bernhard ou une Elfriede Jelinek dans sa critique de l’Autriche et
de son passé nazi, son désespoir en face des hommes et de la société est tout
aussi grand, quand bien même elle essaie toujours de sauver un espoir, de
trouver une issue, une ouverture. Elle mourut tragiquement en 1973, lors de l’incendie
de son appartement à Rome. « (Prière d’insérer »
Françoise Rétif, professeur de littérature allemande et autrichienne donne ici
un éclairage sur cet écrivain inclassable et sur les enjeux de sa poésie.
Mary-Laure Zoss
Entre chien et loup jetés
Cheyne Editeur, 2008
14,50 €
sur le site de Cheyne éditeur
Place des Libraires
« qu’est-ce qui jettera sur
nos épaules un pli de laine, nous sauvant du désastre ? la mère aux derniers
jours laisse tomber une pensée en miettes entre les meubles, la lampe reste
introuvable au sortir de la nuit, maintenant il faut s’appliquer à mieux tasser
le temps sous les semelles, qu’on évite l’enfilade des faux-pas dans la parole
de plus en plus trouble, sachant pousser plus souvent la porte à deux battants,
laisser ce qui gît sur le bas-côté de la phrase, on retourne par saccades aux
limites de la neige dans le ciel, les rochers bleus dressent leurs tables pour
les nuages, on cesse de se précipiter sur tous les fronts, l’angoisse se
détache presque dans l’eau d’une après-midi d’avril, le long d’un quai. »
« Décrire le flux de cette écriture n’est pas chose aisée. Ce qui frappe
directement, c’est l’indéfini de son écoulement, une façon de tirer sans fin
vers l’avant le déroulé du langage, l’impression d’un ruban de mots, d’adjectifs,
de verbes, nomination insubordonnée, succession parataxique donnant à sentir
sans expliciter, modulation successivement séquencée mais apparemment sans
terme. » (extrait de la préface de Jacques Vandenschrick)
Adorno/Celan
Correspondance
Traduit de l’allemand par Christophe David & présenté par Joachim Seng
Nous, 2008
16 €
Place des Libraires
La correspondance entre Theodor W. Adorno et Paul Celan est brève et il est aisé de la saisir dans sa totalité. Si, au premier coup d’œil, ces quelques documents ne semblent pas répondre à ce qu’on pouvait attendre de la correspondance entre le poète et le philosophe, celui qui sait lire entre les lignes pourra néanmoins y découvrir bien des choses qui éclairent les relations entre ces deux immenses figures, relation restée jusqu’à présent étrangement obscure, marquée par une « rencontre manquée » et dominée par l’ombre du Dialogue dans la Montagne de Celan qu’il a lui-même décrit comme un ″bredouillement yiddish » entre Adorno et lui-même (d’après la présentation de Joachim Seng)
Revue Passages à l’Act, 5/6
Pascal Quignard
L’Act Mem,
20 €
Sur le
site de l’éditeur l’Act Mem
Ce numéro de la revue Passages à
l’Act est entièrement consacré à Pascal
Quignard et a été conçu et réalisé par Sophie Loizeau. Voici un extrait de
la lettre qu’elle a adressé à Pascal Quignard : « ce dossier se veut
atypique et s’intitule d’ores et déjà ″le bond du chevreuil″ [...] il ne s’agit
pas d’écrire sur vous ni de faire allégeance mais d’écrire avec, ce comme avec
rimbaldien, nerveux, troublé comme avec vos livres.
La revue ouvre par un important entretien de Sophie Loizeau avec Pascal
Quignard et se poursuit avec des contributions de Stéphane Bouquet, Elke de
Rijcke, Isabelle Garron, Joseph Julien Guglielmi, Christophe Lamiot-Enos,
Gérard Laplace, Hélène Sanguinetti et Catherine Millet.
Frontispice de Claude Royet-Journoud.
CCP, Cahier Critique de Poésie
n° 16
Dossier Claude Royet-Journoud
Avec un Cd
15 €
Les CCP chez Place des Libraires
La somme semestrielle du Centre international de poésie de Marseille, avec toujours un dossier substantiel sur un poète, ici Claude Royet-Journoud avec des contributions notamment d’Eric Pesty, Marie-Louise Chapelle, Pascal Quignard, Xavier Person, David Lespiau, Christian Tarting, Jean Daive, Jean-Marc Baillieu, Emmanuel Hocquard, Jean-Marie Gleize, etc. Et la section consacrée à la recension des parutions, la seule qui soit aussi exhaustive. A noter que ces recensions sont confiées pour la plupart à des écrivains.
Anne Parian
Une Ligne
Eric Pesty Editeur
9 €
sur le
site de l’éditeur
« Anne Parian est l'auteur
d'une œuvre majeure : à la fois rare et foisonnante, radicale mais ouverte à
l'expérimentation et à une remise en question continue, épurée mais
polyphonique ; on pourrait multiplier les oxymores sans réussir à cerner, dans
sa complexité, le parcours et la démarche de l'auteur. La bibliographie d'Anne
Parian dessine une cartographie où l'écriture jouxte la photographie et la
vidéo, en croisant la question de la forme du livre et la pratique de
l'édition. Chaque livre est un étonnement, un événement.
Dans ce parcours, Monospace
(P.O.L 2007) figurerait le livre de l'interrogation sur le cadre, de la mise à
plat et de la discipline énonciative, autrement dit : un art poétique a minima.
Sous la forme générique de l'essai, une
Ligne constitue une tangente à Monospace
qui interroge, dans son dénuement, le rapport à l'autre comme objet/sujet du
désir. Moteur de la parole et de l'écriture, voire d'une interrogation
grammaticale, il est ici, de surcroît, le prétexte à un dépassement de l'intimité. »
(site de l’éditeur)
Pascal Boulanger
Jamais ne dors
le corridor bleu, 2008
13 €
« Jamais ne dors marque une rupture formelle
dans l’œuvre de Pascal Boulanger. Si ses précédents recueils (notamment Martingale,
Tacite, L’Émotion l’émeute et Jongleur) travaillaient le vers libre
et le poème en prose, Jamais ne dors, en refusant la rétention du sens
et des sensations, prend appui sur le vers ample et le verset claudélien.
Faut-il rappeler que le verset tire son origine de la Bible et… de la
correspondance amoureuse ? Puisqu’il s’agit, avant tout, dans Jamais ne dors
de faire dialoguer les passions humaines et de désigner – sans emphase mais
dans la revendication d’un « haut-lyrisme » - l’amour sous toutes ses formes, eros,
philia et agapè doivent se mêler dans le poème.
Jamais ne dors ne décèle par ailleurs aucune recherche de transcendance,
aucun éloge d’un ailleurs ou d’un hors-temps plus vrai que nos contingences.
Les versets s’enchaînent et génèrent leur conséquence, sans jugement préalable
ou remords extérieur. Il s’agit d’examiner le lieu (notre théâtre) où s’interpénètrent
les sphères de l’intime et de l’Histoire. » (prière d’insérer)
Revue Rehauts
(sans destination)
n° 22
13 €
Avec des textes notamment d’Esther Tellermann, Jean-Claude Schneider, Jean-Paul Bota, Bruno Fern, Joseph J. Guglielmi, Nicolas Pesquès.
Le poème palestinien
contemporain
édition bilingue arabe-français
Choix des textes et présentation de Ghassan Zaqtan
Traduction d’Antoine Jockey
Avant-propos d’Eric Brogniet
Le Taillis Pré, 2008
17 €
Place des Libraires
Lorsque Ghassan Zaqtan parle de secouer les pesanteurs, ce que font les poètes de sa génération, il parle d’une contestation des idéaux parfois écrasants des générations précédentes à l’intérieur même de l’histoire de la poésie et de la société palestinienne ainsi que des différents courants qui ont modifié la poésie arabe, notamment en Irak et au Liban. Ce qui a changé, ce n’est pas la détermination des poètes palestiniens à défendre leur terre, c’est la manière de le dire à partir de leurs histoires personnelles, individuelles, et c’est l’angle de vue réaliste qui est le leur comme celui de nombreuses autres jeunes générations poétiques actuelles de par le monde, et qui provient du constat de la fin des idéologies, de la globalisation galopante et d’un sentiment aigu du réel, sinon du désenchantement du monde. La dénonciation de l’oppression se fait aujourd’hui à voix blanche. En témoignent les poètes repris dans ce présent recueil, dont l’ambition est celui d’un coup de sonde dans le poème palestinien le plus contemporain.
Suzanne Doppelt
le Monde est beau, il est rond
inventaire/Invention, 2008
12 €
sur le site d’Inventaire/Invention où l’on peut également lire
ce texte (cliquer sur Doppelt dans la liste des auteurs, à gauche de l’écran)
Place des Libraires
[Le monde est beau et rond, il tourne comme le décor d’un
théâtre équipé d’une bonne mécanique, à gauche entrent les dieux des bois et
des campagnes, à droite les divinités de la mer, au-dessus en dessous les
ombres et les furies. Dans l’eau et ses tourbillons, les manchots distinguent
l’ultraviolet et les poissons l’infrarouge, pourvus de 1, 2, 3, 4 yeux ou plus
- la mouche en a des centaines de chaque côté. L’œil est un appareil à capter,
comme la chambre noire où les rayons traversent, se croisent et impriment sur
le mur opposé une image renversée du monde. Connexion, variation, routes
secrètes et liens cachés,
l’encyclopédie est bien plus que la somme de ses parties, elle est une super
carte démontable avec des entrées et des sorties multiples et aussi une machine
à rêver. ]
A travers 12 tableaux, où textes et photographies sont étroitement liés,
Suzanne Doppelt livre un inventaire halluciné de ce qui est. Un écho au livre Le monde est beau , d’Albert
Renger-Patzch, photographe de la Nouvelle Objectivité (Dos du livre)
Sylvie Durbec
Territoires de la folie
dessins et gravures de Valérie Crausaz
Cousu Main, 2008
12 €
« Sylvie Durbec inscrit ses pas dans ceux de deux personnages suisses aux destins si proches mais dont les routes ne se sont pourtant jamais croisées, l’écrivain Robert Walser et l’artiste Louis Soutter. Ayant connu l’un et l’autre dans la deuxième partie de leur vie un long enfermement dans des asiles d’aliénés, ce sont ces territoires que l’auteur explore en les faisant revivre dans leur quotidien de la folie. » (Dos du livre)