« Anthologie permanente : André Frénaud | Accueil | Anthologie permanente : Jean-Michel Reynard »

vendredi 02 septembre 2011

Commentaires

Je termine à l'instant "les unités" de Sabine Bourgois. Plongée an apnée dans ce grand petit livre qu'on ne lâche pas. J'aime le choix des éditeurs du Comptoir français : un petit livre poids d'enfance, une couverture où s'écrit tout un drame entre les lettres rouges sur fond noir et le médaillon encadrant une petite fille innocente sur la grille verte entrouverte d'un jardin mystérieux puis j'ai vu l'ombre d'un loup sur le battant ouvert. Me revient alors la comptine à faire peur : "Loup es-tu ? M'entends-tu ?" Ainsi donc, elle a écrit après le vol d'une parole dans "une autre que moi" ! ainsi donc elle peut écrire : "j'ai entrouvert une porte. Elle ne s'est pas refermée."La porte d'un parc, composé d'une grande pelouse [...] où "vivaient et chantaient des tourterelles turques"... Ainsi donc "les dents du haut... soudées aux dents du bas" ont libéré les paroles brûlantes emprisonnées tout au fond de sa gorge. Solitaires enfances où des peurs "anciennes" teintent de blancs "crocs étincelants du loup" les silences. Elle a écrit, et nos vieilles peurs sont drainées, avalées, moulues. Je reste endolorie par ce conte vrai où le loup est sorti du bois, aux côtés de cette enfant qui n'en finissait pas d'appeler Sabine Bourgois, l'enfance de son enfance... Mais j'écoute l'impromptu D.946 de Schubert, "C'est un courant qui remonte vers sa peine"...

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.