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samedi 18 mars 2006

Antonio Gamoneda, lauréat du Prix Européen de Littérature 2006 et parution de Clarté sans repos, chez Arfuyen

18_gamonedaAu point où en sont les choses, de quelle clarté perdue
venons-nous ? Qui peut se souvenir de l'inexistence ?
Il serait sans doute plus doux de revenir, mais

nous entrons indécis dans une forêt d'aubépines. Il n'y a rien
au-delà de l'ultime prophétie. Nous avons rêvé qu'un dieu
nous léchait les mains : nul ne verra son masque divin.

Au point où en sont les choses,

la folie est parfaite.
(Antonio Gamoneda, Clarté sans repos, traduction Jacques Ancet, Arfuyen, 2006, p. 109)

Le Prix Européen de Littérature 2006 a été attribué
à Antonio Gamoneda (Espagne)
et
La Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature à
Jacques Ancet

Le 4 mars 2006, dans les Salons de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, a eu lieu la remise officielle du Prix Européen de Littérature par M. Robert Grossmann, Président de la Communauté Urbaine et Maire délégué de Strasbourg.
Le Prix Européen de Littérature, parrainé par la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg, distingue, pour l’ensemble de son œuvre, un écrivain européen de stature internationale, afin de témoigner, en ce lieu hautement symbolique, de la dimension culturelle de l’Europe ainsi que de l’urgence d’une meilleure connaissance mutuelle de nos pays à travers les grandes figures littéraires qui en sont les symboles. Ce Prix distingue également un Traducteur qui contribue à la rencontre entre les grandes œuvres littéraires contemporaines.

L’œuvre d’Antonio Gamoneda est l’une des plus marquantes de l’Espagne d’aujourd’hui La quasi-totalité de ses livres a aujourd’hui été traduite, en particulier par Jacques Ancet, Jean-Yves Bériou, Martine Joulia et Amelia Gamoneda. Parmi les traductions les plus récentes, on citera : Froid des limites (Lettres Vives, 1999), Blues castillan (Corti, 2004), Description du mensonge (Corti, 2004), Passion du regard (Lettres Vives, 2004) et Clarté sans repos (Arfuyen, 2006).

Antonio Gamoneda est né à Oviedo (Galice) en 1931. Après la mort de son père, sa mère s’installe à León, en 1934. Au milieu de difficultés matérielles de toutes sortes, ils sont témoins de la sanglante répression de la guerre civile et de l’après-guerre. Sans avoir pu terminer ses études, Gamoneda entre, en 1945, comme coursier dans une banque où il va travailler pendant vingt-quatre ans. Pendant les années 50 et 60 il partage sa vie entre formation d’autodidacte et travail d’écriture, d’une part, et, de l’autre, un actif militantisme anti-franquiste. En 1969, il commence à travailler aux services culturels de la province de León : il crée et dirige la collection «Provincia » et anime un prestigieux centre d’expositions. Le prix Castilla et León des Lettres lui a été décerné pour l’ensemble de son œuvre et il a reçu le Prix National de Poésie pour Edad en 1988.

Jacques Ancet, né à Lyon en 1942, vit et travaille près d’Annecy. Il n’a jamais séparé ses activités d’écrivain et de traducteur qui représentent pour lui les deux faces d’un même travail d’écriture. Il a traduit Jean de la Croix, Ramón Gómez de la Serna, Vicente Aleixandre, Luis Cernuda, Xavier Villaurrutia, María Zambrano, José Ángel Valente, Roberto Juarroz, Antonio Gamoneda ou Juan Gelman. Il a reçu le Prix Nelly Sachs 1992 et le Prix Rhône-Alpes du Livre 1994.
Jacques Ancet est présent sur Poezibao :
Fiche bio-bibliographique,
extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4 (Diptyque avec une ombre),
un texte de JA sur La dernière phrase,
fiche lecture de la Dernière Phrase, voir aussi les Cartes blanches

18_gamoneda_1Antonio Gamoneda
Clarté sans repos, Prix Européen de Littérature 2006
traduit de l'espagnol par Jacques Ancet
Arfuyen, 2006
isbn : 2084590 087 2
18 €

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